Une guerre dans la tête

Une guerre dans la tête

À tous les randonneurs, randonneuses et autres clubs de marche, ainsi qu’aux amoureux du grand air et des sentiers escarpés de nos chères Pyrénées, je recommande vivement un livre à lire absolument : « Une guerre dans la tête ».

« Marcher. Marcher. Un pied devant l’autre, marcher. Marcher comme une obsession. Rarement à plusieurs. Marcher comme une thérapie. »

L’auteur, Doug Peacock, est un naturaliste et écrivain américain, né en 1942 dans le Michigan. Après son retour de la guerre du Vietnam, c’est un homme brisé, hanté par les horreurs vécues en tant que Béret Vert, et socialement désorienté. Pour lui, il n’y plus de distinctions entre la vie et la mort. C’est alors que la marche est devenue sa bouée de sauvetage, le moyen de renouer avec son propre corps.

Il nous invite à travers un « recueil de textes-souvenirs » à cheminer dans son passé, dans les déserts ou dans les montagnes… Là où ses pas le mènent, on le suit. Il entamera une marche solitaire, une quête spirituelle, des déserts de l’Ouest américain aux plus hauts sommets de l’Himalaya sur des pistes à plus de 5000 mètres d’altitude, alors que sa santé est défaillante et qu’il voit poindre le bout du chemin.

Ami personnel de Jim Harrison et surtout d’Edward Abbey, l’homme qui a inspiré le personnage de Hayduke dans le « Gang de la clé à molette », Doug Peacock est également un expert mondial en matière d’ours grizzly. Il a prodigué ses conseils à Jean-Jacques Annaud lors du tournage de « L’Ours » en octobre 1988.

La randonnée dans des territoires vastes et préservés permet non seulement de renouer avec une forme de pureté, mais aussi d’ordonner ses pensées au rythme apaisant de la marche. Elle offre la possibilité de retrouver une paix intérieure que personne ne vient perturber, tout en s’imprégnant de la force inébranlable de la nature.

PS : Le livre de Doug Peacock est publié sous le titre « Une guerre dans la tête » aux Éditions Gallmeister, et sous le titre « Marcher vers l’horizon » aux Éditions Totem, dans la collection Poche Éditions Gallmeister.

La grammaire est une douce chanson !

   Hier, le fils de ma voisine s’est fait gronder. Il est rentré de l’école avec une très mauvaise note en dictée. Il avait écrit «mais amis» en lieu et place de «mes amis».

«Ce n’est pas une faute d’orthographe, mais une faute d’inattention !» s’est-elle écriée.

Ah, la bonne orthographe ! 

Gage de respectabilité, d’intelligence (?), et souvent d’emploi, nous sommes tous passés par là. Car c’est un fait, la langue française n’est pas simple, avec ses conventions grammaticales alambiquées (accords du participe passé, les exceptions qui confirment la règle et les verbes irréguliers [les anglais ne font pas mieux sur ce registre.]

Une étude récente indique que 19,4 est le nombre moyen de fautes commises par les élèves de CM2 dans une dictée type. Sur le même exercice, on en comptait 10,7 en 1988. Il semblerait que les filles réussissent mieux dans cet exercice puisqu’elles ne feraient que 17,7 fautes alors que les garçons en commettraient 21,1 !

Alors, comment faire pour que nos bambins écrivent sans faute d’orthographe ?

 Je pense à la lecture bien sûr !

La tribu des verbes, adjectifs et adverbes

Et j’ai retrouvé dans ma bibliothèque un livre d’Érik Orsenna [de l’Académie française], paru en aout 2018, intitulé « La grammaire est une douce chanson» (édition le livre de poche) que je conseille fortement. Orsenna nous raconte une merveilleuse histoire qui se déroule dans une île imaginaire. Les habitants de cette île sont des mots regroupés en tribus. Il y a le groupe des verbes, «qui n’arrêtent pas de travailler» et leurs amis qui passent leur temps à aider leur prochain : ce sont les auxiliaires [du latin auxilium : secours], l’ethnie des adjectifs, celle des noms et des adverbes. Tout ce petit monde vit en bonne entente et se rassemble au gré de leur fantaisie pour former des phrases rythmées par de grandes horloges : celle du présent et celle du passé.

C’est Jeanne la narratrice, qui pourrait être la sœur d’Alice, l’héroïne de Lewis Carroll, précipitée dans un univers où les repères familiers sont bouleverser qui déambule sur cette île magique à la recherche de l’amour. L’amour universel et pas celui que l’on évoque tout le temps, par les « Je t’aime ». 

« Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Autrement les mots s’usent. Et parfois il est trop tard pour les sauver.» (E.Orsenna)

Agréable à lire, « La grammaire est une douce chanson» nous surprend et nous enseigne par l’imagination débordante d’Orsenna, que la grammaire est un jeu d’enfants !

Alors, n’hésitez pas à lire à haute voix ce magnifique texte à vos enfants, petits-enfants, le soir avant de les coucher.