De « Gloria » de Van Morrison à Patti Smith : aux racines du punk.

Microphone vintage en métal au premier plan, avec une guitare électrique à gauche et des feuilles manuscrites accrochées au mur en arrière-plan.

Il y a quelques jours, en réécoutant « Gloria » de Van Morrison, je me suis aperçu que cette chanson racontait une histoire bien plus longue que ses deux minutes trente.

En 1964, Van Morrison l’enregistre avec son groupe Them. Un morceau de rock brut, simple, répétitif, presque instinctif. Avec le recul, « Gloria » est devenue l’un des classiques du garage rock et l’un des titres qui annoncent le son du futur punk.

Mais ce qui m’intéresse surtout est ce qui va arriver onze ans plus tard.

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Une saison en enfer

J’ai toujours pensé que poésie et musique allaient de pair. Alors, quand une star internationale, chanteuse et guitariste punk rock américaine s’associe à notre plus grand poète français, le résultat est émouvant, sensible et inspiré.

Voilà un bel objet que cet ouvrage intitulé « Une saison en enfer » publié chez Gallimard, dans lequel les poèmes d‘Arthur Rimbaud sont illustrés par des photos de Patti Smith, égérie des années 80. ( Because the night) . Obsédée par le poète aux semelles de vent, la chanteuse américaine célèbre les 150 ans du chef-d’œuvre « Une saison en enfer » avec une édition augmentée de textes personnels, de photos, de dessins et d’une sélection de poèmes et de lettres de Rimbaud supplémentaires.

« J’avais seize ans quand je me suis sentie attirée par lui pour la première fois, – écrit-elle en introduction de son livre (page 7) – par l’image de son visage et par ses poèmes qui me déconcertaient et me séduisaient à la fois. Plongée dans leur charme enivrant, j’en ressortais tremblante, sans vraiment me souvenir de ce que je venais de lire. »

Poète, écrivaine, artiste-peintre, et photographe, Patti Smith retrace l’histoire du revolver à six coups – terrible photo en noir et blanc (page 5) –  avec lequel Verlaine blessa au poignet Rimbaud « J’ai tenu le pistolet, balayé la tombe et je me surprends aujourd’hui à être la gardienne du terrain qui appartenait autrefois à sa mère. J’ai été fidèle, toujours mes pas dans les siens, compagne invisible. »

Elle rappelle, également,  « la filiation spirituelle » et « l’affinité poétique » avec Arthur Rimbaud qu’elle partageait avec le jeune Bob Dylan. Elle détaille la vie d’errance du poète-aventurier, ses pérégrinations, de Vienne à l’Abyssinie.

« Les poèmes d’Arthur Rimbaud m’accompagnent depuis toujours », résume Patti Smith. « Ils renferment des traces de son insolence, des souvenirs virulents, des pouvoirs prophétiques, la torpeur sensuelle de la jeunesse. Je les ai lus et relus. »

Voilà un superbe ouvrage, que j’ai découvert récemment, et qui ferait un magnifique cadeau à offrir pour les fêtes de fin d’année! _____________________________________________________________________________

Sources: France-info; Gallimard; Actualitté