Littérature aux toilettes : un cycle infini

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Certains intellectuels aiment se vanter de n’acheter des livres qu’auprès d’éditeurs physiques bien établis, tandis qu’ils ne portent que peu d’attention aux éditeurs en ligne. Pourtant, il semble que ces derniers soient plus écologiques que leurs homologues traditionnels. Pourquoi ? Parce qu’ils produisent des livres uniquement sur demande, évitant ainsi le gaspillage.( bien que cette méthode ait un inconvénient majeur : les livres en ligne ne sont pas visibles en librairie). En revanche, la pression économique pousse les éditeurs traditionnels à être présents en librairie, a produire beaucoup de livres pour que ceux-ci soient exposés.D’ou une quantité plus ou moins importante d’invendus.

Une étude du Syndicat national de l’édition d’octobre 2021 indique que 13,2 % des livres, soit l’équivalent de 26 300 tonnes de papier, sont destinés à être détruits pour être recyclés en papier. Même si certains éditeurs affirment que la totalité de leurs ouvrages sont recyclés, cela ne change rien au fait qu’ils ont été produits et, puisqu’ils n’ont pas été vendus, se retrouvent transformés en déchets.

Pour des raisons purement esthétiques, on n’utilise pas le papier recyclé pour produire de nouveaux ouvrages, car les consommateurs n’apprécieraient pas ces pages moins blanches et moins lisses ! Alors que faire des livres invendus, et non lus ?

Eh bien, de la pâte à papier recyclée! Elle est réutilisée pour fabriquer des essuie-tout, du carton d’emballage ou, comme on pouvait s’y attendre, du papier toilette.

Et voilà comment on a trouvé la solution ultime pour vendre des livres invendus : les transformer en best-sellers du papier toilette ! Désormais, chaque passage au petit coin est une expérience littéraire inoubliable, et les lecteurs sont prêts à tout pour obtenir une suite captivante. Qui aurait pensé que les romans finiraient par prendre un tel chemin ?

La prochaine fois que vous utiliserez du papier toilette, n’oubliez pas de remercier un écrivain malheureux pour ce moment de lecture inoubliable !

Lovecfaft

Pour amorcer cette incursion dans « les mots et les nouvelles », je délaisse momentanément le maître incontesté, Guy de Maupassant, pour explorer la vie et l’œuvre de l’écrivain américain de renom, H.P. Lovecraft.

Cet auteur a su mettre en lumière, tout au long de sa carrière, l’insignifiance de l’humanité face aux puissances surnaturelles. Ne sommes-nous pas les témoins de ce drame à l’été récent, entre feux destructeurs, canicules étouffantes, sécheresse implacable et conflits apocalyptiques ?

Né en 1890 à Providence, Rhode Island, Lovecraft fascine autant par sa vie mystérieuse que par ses récits captivants. Enfermé en lui-même, il fut marqué par des deuils familiaux et des problèmes de santé qui nourrirent son imagination sombre. Luttant constamment contre la pauvreté, il trouva finalement son chemin en créant des mondes terrifiants.

H.P. Lovecraft, synonyme de terreur et de mystère, a laissé une empreinte littéraire inimitable dans le monde de l’horreur. Son mythe de Cthulhu, en particulier, dévoile des créatures inimaginables et des contrées inexplorées, envoûtant les lecteurs par leur atmosphère angoissante et leurs descriptions saisissantes.

Son décès en 1937 à l’âge de 46 ans n’a pas entravé la croissance de son héritage au fil des années. Il a influencé des auteurs, cinéastes et artistes du genre horrifique, transformant l’horreur en une expérience existentielle qui sonde les limites de la psyché humaine face à l’inconnu. Aujourd’hui encore, son influence persiste, faisant de lui un maître de l’horreur d’une fascination éternelle.

Alors, que vous découvriez ou redécouvriez son œuvre, je vous invite à plonger dans « L’Appel de Cthulhu », une porte vers l’incommensurable horreur!

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Une guerre dans la tête

Une guerre dans la tête

À tous les randonneurs, randonneuses et autres clubs de marche, ainsi qu’aux amoureux du grand air et des sentiers escarpés de nos chères Pyrénées, je recommande vivement un livre à lire absolument : « Une guerre dans la tête ».

« Marcher. Marcher. Un pied devant l’autre, marcher. Marcher comme une obsession. Rarement à plusieurs. Marcher comme une thérapie. »

L’auteur, Doug Peacock, est un naturaliste et écrivain américain, né en 1942 dans le Michigan. Après son retour de la guerre du Vietnam, c’est un homme brisé, hanté par les horreurs vécues en tant que Béret Vert, et socialement désorienté. Pour lui, il n’y plus de distinctions entre la vie et la mort. C’est alors que la marche est devenue sa bouée de sauvetage, le moyen de renouer avec son propre corps.

Il nous invite à travers un « recueil de textes-souvenirs » à cheminer dans son passé, dans les déserts ou dans les montagnes… Là où ses pas le mènent, on le suit. Il entamera une marche solitaire, une quête spirituelle, des déserts de l’Ouest américain aux plus hauts sommets de l’Himalaya sur des pistes à plus de 5000 mètres d’altitude, alors que sa santé est défaillante et qu’il voit poindre le bout du chemin.

Ami personnel de Jim Harrison et surtout d’Edward Abbey, l’homme qui a inspiré le personnage de Hayduke dans le « Gang de la clé à molette », Doug Peacock est également un expert mondial en matière d’ours grizzly. Il a prodigué ses conseils à Jean-Jacques Annaud lors du tournage de « L’Ours » en octobre 1988.

La randonnée dans des territoires vastes et préservés permet non seulement de renouer avec une forme de pureté, mais aussi d’ordonner ses pensées au rythme apaisant de la marche. Elle offre la possibilité de retrouver une paix intérieure que personne ne vient perturber, tout en s’imprégnant de la force inébranlable de la nature.

PS : Le livre de Doug Peacock est publié sous le titre « Une guerre dans la tête » aux Éditions Gallmeister, et sous le titre « Marcher vers l’horizon » aux Éditions Totem, dans la collection Poche Éditions Gallmeister.

Les Fantômes d’Istanbul

Les fantômes d’Istanbul » est le nouveau film de la réalisatrice turque Azra Deniz Okyay, connue mondialement pour le magnifique film « Mustang ». C’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis précipité à la première séance de ce long métrage, tant Mustang m’avait impressionné, ému et bouleversé. L’autre raison se trouve dans le résumé de l’histoire : « Istanbul, dans un futur proche. Alors que la ville est en proie à des troubles politiques et sous la menace d’un black-out, Didem, une jeune danseuse activiste, croise le destin d’une mère dont le fils est en prison, d’une artiste féministe et d’un trafiquant rusé au cœur d’un réseau d’arnaques immobilières. Leurs histoires s’entremêlent, offrant un portrait saisissant de la Turquie contemporaine. »

Tout un programme. Je me suis dit que j’allais découvrir une autre facette de la vie en Turquie, traitée de manière originale par le biais de Didem( Dilayda Günes), cette jeune femme artiste et féministe ; que j’allais retrouver cette énergie de la jeunesse – et surtout des jeunes filles – Turques – (qui m’avait tant touché dans Mustang) pour répondre par la danse et les rires à un régime policier oppressant.

Eh bien malheureusement, rien de tout cela n’est arrivé ! Pendant une heure et demie, je me suis retrouvé en compagnie de quatre personnages qui s’agitent au milieu des bas-fonds de la ville, filmés par une caméra nerveuse et convulsive. Tourné en très gros plan (on perd la complicité des personnages), j’ai subi une succession d’images, je dirais presque un collage, enregistrées bien souvent dans le noir, avec une bande-son apocalyptique. Trop de sujets importants (Drogue, attaque terroriste, démolitions d’immeubles, jeunesse révoltée contre l’homophobie, violences faites aux femmes) sont abordés trop brièvement. « L’œuvre possède une étrange légèreté qui n’ébranle pas le système, ni ne remet en cause ouvertement la politique. Alors que le cinéma iranien ose et s’oppose, ce film est bien trop gentil pour provoquer quoi que ce soit. » (Sylvain Jaufry – MovieRama) NB: GRAND PRIX semaine de la critique Mostra de Venise-sortie Aout 2023.

Et vous? L’avez-vous vu? L’avez-vous aimé?

Urgence Climatique

Alors que l’été s’achève, je ne peux m’empêcher de réfléchir aux événements dramatiques qui ont marqué l’actualité de ces derniers mois. Les canicules implacables et les incendies dévastateurs qui ont ravagé certaines régions du monde ne m’ont pas, ne nous ont pas laissé indifférents. En tant qu’habitant de cette planète (où pourrions nous vivre ailleurs?), et amoureux de notre terre, je pense que Le réchauffement climatique est bien plus qu’un sujet à la mode : c’est un défi pressant qui nécessite l’attention de chacun d’entre nous…

Les émissions de gaz à effet de serre résultant de la combustion des ressources énergétiques d’origine fossile sont le principal coupable de l’augmentation des températures. Les conséquences sont déjà visibles : fonte des glaciers, montée du niveau de la mer, événements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents.

Pourtant, il y a de l’espoir dans cette situation. En comprenant les enjeux, nous pouvons agir pour inverser la tendance. Des petits gestes quotidiens, comme réduire notre consommation d’énergie, utiliser les transports en commun ou adopter une alimentation à faible empreinte carbone, contribuent à l’effort global de réduction des émissions. La sensibilisation joue également un rôle clé : en parlant du réchauffement climatique avec notre entourage, nous encourageons un dialogue constructif et inspirons des actions positives.

Un de mes amis a récemment dit que si les glaciers fondent trop rapidement, nos générations futures risquent d’avoir des smoothies un peu trop liquides ! Blague à part, il est crucial que nous prenions le réchauffement climatique au sérieux et que nous agissions rapidement pour limiter ses effets dévastateurs.

Chaque petit pas compte. En comprenant les enjeux et en agissant collectivement, nous pouvons contribuer à créer un avenir plus sain et plus vert pour nous-mêmes, pour les générations futures et pour toutes les créatures qui partagent notre planète.

Alors, imaginer simplement, comme Bob la Belette(1), « une application sur votre téléphone où vous pourriez choisir la taille et la forme de votre nuage rafraîchissant » reste une idée farfelue, tout comme l’idée de contrôler la météo !

 Mais Bob nous rappelle que l’heure est venue de refroidir notre planète avec des actions durables !

B.Le Cun

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(1) Voir la lettre d’information NL 23-23 du 21/06/23

Réinventer l’ordinaire

Pendant les vacances, l’esprit se libère, le temps se dilate et les corps se rapprochent de la nature. C’est le moment de ralentir son activité pour se poser la grande question : comment réduire notre empreinte environnementale ?

La réponse est infiniment complexe, vous vous en doutez, mais, modestement et à mon petit niveau, je me suis intéressé à une nouvelle tendance, celle qui laisse libre cours à votre créativité, j’ai nommé : l’upcycling.

Alors, que se cache-t-il derrière ce nouvel anglicisme ?

L’upcycling, que l’on pourrait traduire par surcyclage, est bien plus qu’une simple tendance. C’est un mouvement créatif et écologique qui consiste à transformer des objets et des vêtements usagés en de nouvelles créations originales, bref en œuvres d’art uniques et fonctionnelles !

Le surcyclage, oui mais, pour quoi faire ?

Eh bien, contrairement au recyclage traditionnel, qui implique la décomposition des matériaux pour en créer de nouveaux, l’upcycling permet de conserver la valeur intrinsèque des objets tout en leur donnant une nouvelle utilité. Cela réduit la demande de nouvelles matières premières et diminue la quantité de déchets envoyée dans les décharges.

Imaginez une vieille étagère en bois délaissée dans un coin obscur, une pile de jeans démodés que vous ne portez plus, ou même une collection de bouteilles vides attendant leur destinée habituelle. Maintenant, ajoutez une pincée de créativité, un soupçon d’ingéniosité et une bonne dose de passion, et observez la magie opérer.

C’est ainsi que le soir, sur les plages du littoral basque, en famille ou seul, vous ramasserez des morceaux de bois que vous assemblerez pour créer une « œuvre d’art abstrait » ! Plus tard, vous customiserez (encore un anglicisme !) un vieux sac à dos en ajoutant des broderies uniques. Il vous sera même possible de donner une nouvelle vie à des bocaux en verre en faisant des lanternes décoratives.

Et, sans devenir une professionnelle de l’éco-warrior, comme la spécialiste de l’upcycling Marine Serre (lauréate du prix LVMH en 2017), qui créa une pièce unique à l’occasion du MET Gala en l’honneur de Karl Lagerfeld pour Vogue, il vous est tout de même possible de donner modestement une nouvelle vie à vos vieux objets.

Une manière gratifiante de joindre l’utile à l’agréable

La grammaire est une douce chanson !

   Hier, le fils de ma voisine s’est fait gronder. Il est rentré de l’école avec une très mauvaise note en dictée. Il avait écrit «mais amis» en lieu et place de «mes amis».

«Ce n’est pas une faute d’orthographe, mais une faute d’inattention !» s’est-elle écriée.

Ah, la bonne orthographe ! 

Gage de respectabilité, d’intelligence (?), et souvent d’emploi, nous sommes tous passés par là. Car c’est un fait, la langue française n’est pas simple, avec ses conventions grammaticales alambiquées (accords du participe passé, les exceptions qui confirment la règle et les verbes irréguliers [les anglais ne font pas mieux sur ce registre.]

Une étude récente indique que 19,4 est le nombre moyen de fautes commises par les élèves de CM2 dans une dictée type. Sur le même exercice, on en comptait 10,7 en 1988. Il semblerait que les filles réussissent mieux dans cet exercice puisqu’elles ne feraient que 17,7 fautes alors que les garçons en commettraient 21,1 !

Alors, comment faire pour que nos bambins écrivent sans faute d’orthographe ?

 Je pense à la lecture bien sûr !

La tribu des verbes, adjectifs et adverbes

Et j’ai retrouvé dans ma bibliothèque un livre d’Érik Orsenna [de l’Académie française], paru en aout 2018, intitulé « La grammaire est une douce chanson» (édition le livre de poche) que je conseille fortement. Orsenna nous raconte une merveilleuse histoire qui se déroule dans une île imaginaire. Les habitants de cette île sont des mots regroupés en tribus. Il y a le groupe des verbes, «qui n’arrêtent pas de travailler» et leurs amis qui passent leur temps à aider leur prochain : ce sont les auxiliaires [du latin auxilium : secours], l’ethnie des adjectifs, celle des noms et des adverbes. Tout ce petit monde vit en bonne entente et se rassemble au gré de leur fantaisie pour former des phrases rythmées par de grandes horloges : celle du présent et celle du passé.

C’est Jeanne la narratrice, qui pourrait être la sœur d’Alice, l’héroïne de Lewis Carroll, précipitée dans un univers où les repères familiers sont bouleverser qui déambule sur cette île magique à la recherche de l’amour. L’amour universel et pas celui que l’on évoque tout le temps, par les « Je t’aime ». 

« Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Autrement les mots s’usent. Et parfois il est trop tard pour les sauver.» (E.Orsenna)

Agréable à lire, « La grammaire est une douce chanson» nous surprend et nous enseigne par l’imagination débordante d’Orsenna, que la grammaire est un jeu d’enfants !

Alors, n’hésitez pas à lire à haute voix ce magnifique texte à vos enfants, petits-enfants, le soir avant de les coucher.

MEMPHIS

Face à cette barbarie , je suis resté sans voix, mais j’ai eu la force de trouver les mots pour le dire:

Memphis

En ce triste soir de Janvier

Un jeune homme s’en est allé

Sous d’excessifs coups de matraques

Lors d’une rafle ou d’une traque.

Et dans la blancheur de la nuit

Pauvre colombe, il fut surpris

Jeune noir, homme de couleur

Dont la mère retient ses pleurs

Gît candide dans une tombe

Assassins policiers immondes

Sont-ils là pour le tabasser

Ou bien juste le protéger?

Quand cesseront ces sordides assassinats?

L’ état policier pauvre sot 

Qu’importe les couleurs de peau

Étrangle ses frères de sang

Excès de zèle assourdissant

Un homme qui rentre chez lui

A tout juste perdu la vie!

(À la mémoire de Tyre Nichols)

« Blonde »

Blonde, le dernier film du metteur en scène australien A. Dominik, va défrayer la chronique et faire scandale dans les salles obscures et sur Netflix, où il est interdit aux -18 ans.

En effet, ce faux biopic sur Marylin Monroe, adaptation du best-seller de Joyce Carol Oates, le film « Blonde » est une relecture audacieuse de la vie de Marilyn Monroe, l’une des icônes hollywoodiennes les plus connues.

Malgré les critiques aussi bonnes que mauvaises, j’ai assisté à un spectacle surprenant, brillant et terriblement dérangeant.

Pendant 2 h 46 minutes, je suis traversé par une multitude d’émotions, du chagrin à l’exaltation, en passant par la colère.

Tout d’abord le chagrin, ressenti pour Normae Jean violentée à l’âge de huit ans et qui deviendra, malgré elle, la plus grande star du monde cinématographique.

Puis de l’exaltation pour une véritable œuvre d’art qui mêle, dans une sarabande à couper le souffle, illusions, fantasmes et cauchemars. 

La colère face à la maltraitance, aux violences et à l’incompréhension de son public et des hommes de sa vie. Incompréhension de ses fans qui interprètent « la prédation sexuelle à Hollywood comme une forme d’exploitation », alors qu’on peut y voir une réalisation étonnamment féministe, avant-gardiste, une dénonciation de l’abus sexuel sur les femmes, un #MeToo avant l’heure.

La réussite de ce film réside dans l’interprétation extraordinaire d’Ana de Armas, fabuleuse interprète de Marylin. Un jeu subtil tout en émotions. À la fois attachante, révoltée, soumise, terriblement sexy, moqueuse, gaie, dépressive. Un éventail somptueux de sentiments qui fait d’Ana de Armas une très grande actrice.

Mais attention, certaines scènes de ce movie peuvent être considérées comme choquantes par un public non averti !