La Nouvelle littéraire (1)

L’origine de la nouvelle littéraire remonte à des formes narratives courtes dans la littérature ancienne, mais elle s’est distinguée comme un genre à part entière au 19e siècle1. En France, des écrivains tels que Maupassant ont contribué à sa popularité, tandis que Chekhov a introduit des nuances réalistes en Russie. Au cours du 20e siècle, la nouvelle a évolué avec les mouvements littéraires, explorant de nouvelles formes et s’ajustant aux changements sociaux. Aujourd’hui, elle continue de se moderniser grâce aux technologies numériques et aux tendances littéraires contemporaines, demeurant un terrain propice à l’innovation narrative.

Personnellement, j’affectionne la nouvelle littéraire, trouvant autant de plaisir à la lire qu’à en écrire. Cependant, bien que des auteurs renommés comme Jean-Paul Sartre ( « Le Mur » publié en 1939), Albert Camus et Marguerite Yourcenar se consacrent encore à ce format, la nouvelle est souvent reléguée au second plan en France. Souvent taxé d’amateurisme et affublé d’une image dépassée d’écrivain de moindre envergure, le nouvelliste jouit de moins de considération comparé à ses homologues étrangers, en particulier dans les pays anglo-saxons, où les auteurs sont célèbres à l’échelle mondiale.

Cette marginalisation de la nouvelle littéraire dans le paysage éditorial français soulève des questions sur les raisons de son manque de visibilité malgré une production abondante. Quelles sont les causes de ce mépris apparent envers un genre pourtant riche et diversifié? (à suivre)

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(1)Il faut attendre 1558 pour que la nouvelle acquière une certaine légitimité avec L’Heptaméron de Marguerite de Navarre, sœur du roi François Ier, recueil de nouvelles inspiré de Boccace également. Puis, les Nouvelles exemplaires écrites entre 1590 et 1612 de Miguel de Cervantes, alors auréolé du succès de Don Quichotte, contribuent à populariser le genre.

Cherchez l’inspiration!

Pendant la période des fêtes , je me suis octroyé quelques instant de repos. J’ai déposé ma plume au fond de l’encrier.

Mon inspiration, cette force intangible, source même de toute création, celle qui préside à l’acte d’écriture ( ou de peinture ou de musique) allait-t-elle, aussi, s’accorder une pose?

Allais-je perdre cette bouffée d’air frais qui emplit les voiles de la créativité? Ces moments magiques ou l’inspiration s’invite à l’improviste, n’importe où, n’importe quand, m’obligeant à consigner fiévreusement une idée, une expression ou un début de chapitre sur mon iPhone ou mon Rocketbook? Etais-je l’otage de cette connexion intime entre mon âme d’artiste et l’univers? 

Je le croyais. Je vivais ma condition d’auteur l’angoisse chevillée au corps, craignant à tout instant de perdre ma muse et que désormais ma plume s’assèche.

Alors, j’ai décidé de prendre le problème à l’envers: l’inspiration peut servir de catalyseur, mais elle doit être accueillie avec une préparation constante et un engagement envers le métier artistique. La discipline, la pratique et la routine offrent un sol fertile où l’inspiration peut prendre racine de manière plus consistante.  La discipline implique la persévérance, la maîtrise technique et la volonté de surmonter les obstacles créatifs.

Voici donc ma nouvelle résolution pour 2024 : je vais écrire tous les jours. Oui, tous les jours. Même les jours où je ne sais pas quoi écrire. Surtout ces jours-là!

Alors, cher.e  lecteur.ice , si l’envie vous prend de suivre cette épopée littéraire rendez-vous sur mon site. Je ne promets pas la lune, mais au moins quelques étoiles filantes d’humour, et peut-être même une résolution qui tiendra plus longtemps qu’une boîte de chocolats après les fêtes. On se retrouve là-bas, avec la plume à la main et le rire à portée de clic! 

Bonne Année 2024

En cette période magique où le temps se plie pour laisser place à de nouveaux chapitres, je voulais prendre un moment pour vous exprimer mes vœux les plus chaleureux pour la nouvelle année 2024.

Que cette année soit une histoire fascinante, pleine de rebondissements captivants et de pages où l’aventure et la découverte sont les héros. Que chaque jour soit une nouvelle édition, écrite avec des mots d’amour, d’espoir, et de succès.

Puissiez-vous trouver dans les lignes de ce nouveau chapitre le bonheur que vous méritez, les amitiés qui enrichissent votre vie, et les moments littéraires qui vous transportent dans des mondes extraordinaires. Que vos journées soient remplies de chapitres inoubliables et de vers inspirants.

Que le récit de cette année soit une symphonie enchanteresse, où chaque mot résonne comme une mélodie harmonieuse. Que les défis soient des intrigues palpitantes, les succès des pages triomphantes, et les rencontres des poèmes éternels.

Merci de faire partie de mon histoire, de partager ces pages avec moi. Ensemble, écrivons une nouvelle année où l’amour et la compréhension sont les protagonistes, et où chaque paragraphe est empreint de sens et de bienveillance.

Que 2024 soit un roman extraordinaire, une épopée mémorable, et une aventure littéraire dont nous nous souviendrons avec émotion.

Avec tout mon amour, bonne et heureuse année 2024.

Nos raisons d’espérer

La manifestation littéraire « Les idées mènent le monde » avait pour thème : nos raisons d’espérer. La plupart des invités possédaient déjà une longue expérience professionnelle et personnelle. Il leur était donc possible de développer leurs motifs d’espérer. Ainsi, Philippe Labro (87 ans, journaliste) évoquait « quand l’espoir passait par l’Amérique », Rachel Khan (47 ans, actrice et auteure) disait que « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », ou bien Monique Atlan et Roger-Pol Droit (58 et 74 ans) promettaient de « reprendre l’espoir au sérieux ».

Mais comment partager cet espoir avec un public plus jeune, pour qui ce monde chaotique, déstructuré, voire au bord de la folie, n’est que source d’inquiétude et d’angoisse ? 

« L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques. » Cette affirmation audacieuse de G. BERNANOS révèle la nature paradoxale de l’espérance, une émotion qui, tout en promettant un avenir radieux, expose l’individu au risque inévitable de la déception.

Il est simple de comprendre que l’espérance, en tant que force motrice de l’existence humaine, offre un élan vers l’avenir. Elle nourrit l’âme, insufflant une énergie vitale qui stimule la résilience et l’optimisme. Les technologies avancées contemporaines, telles que la recherche en intelligence artificielle et les progrès dans la médecine, sont le fruit de l’espérance en un avenir meilleur. Les scientifiques et les ingénieurs prennent des risques calculés dans la quête de l’innovation. De même que les mouvements en faveur de la protection de l’environnement témoignent de l’espérance collective en un avenir durable. Des initiatives mondiales visent à atténuer les effets du changement climatique, démontrant comment l’espérance peut mobiliser des individus pour lutter contre des problèmes complexes.

Que dire de l’exploration spatiale, des mouvements sociaux pour l’égalité et la justice, exemples palpables de l’espérance en action. Martin Luther King a incarné cette force, appelant à un avenir où la discrimination serait éradiquée. 

Cependant, l’espérance peut être un terrain glissant, un risque que l’on prend avec le futur incertain.

Les attentes démesurées peuvent conduire à la déception, créant des fractures émotionnelles et remettant en question la valeur même de l’espérance. N’est-ce pas le cas en politique quand les attentes déçues des citoyens, engendrent un désenchantement profond au sein de la société, pour ne pas dire un désir de révolution, de guerre ? Des mouvements tels que le Printemps Arabe ont suscité des espoirs considérables pour un changement démocratique, mais ont également mis en lumière les difficultés inhérentes à la transition vers des systèmes politiques stables et équitables. Il en va de même avec les conférences internationales sur le climat dont les échecs à produire des accords contraignants ont illustré (et illustrent aujourd’hui même!) les défis complexes et les limites de l’espérance environnementale. Les exemples sont légions!

En fin de compte, c’est peut-être dans la conjugaison de l’espoir et de la prudence que réside l’équilibre. Un équilibre délicat : l’espérance peut être à la fois une source de résilience et une sagesse qui éclaire le chemin à venir.

Le fait de vivre tout simplement n’est-il pas la raison principale d’espérer un avenir meilleur? »

Les méfaits de l’écriture

Je n’étais pas, à cette époque, en panne d’inspiration!

Aujourd’hui, face à mon écran d’ordinateur, assis devant la fameuse « page blanche » quand rien ne va, je peux vous dire que l’écriture me fait souffrir. 

Alors l’écriture serait-elle aussi source d’inconvénients, voir de méfaits?

Sur le plan physique :

L’utilisation intensive de l’écriture, en particulier sur des dispositifs numériques, peut entraîner divers problèmes physiques tels que la fatigue oculaire, les maux de tête, les troubles musculo-squelettiques et les tensions articulaires. Une posture inappropriée pendant la rédaction peut contribuer à des douleurs chroniques.

Sur le plan psychologique :

On peut ressentir du stress, de la frustration, voire un blocage créatif, en particulier lorsqu’on a du mal à exprimer ses idées. Les critiques et les conflits liés aux contenus écrits peuvent également provoquer des malentendus, des tensions et des conflits psychologiques. Et que dire du terrible stress de devoir rendre « son papier » en date et heure voulues!

Sur le plan intellectuel :

L’écriture peut affecter l’intellect de plusieurs manières. Les normes linguistiques strictes imposées par l’écriture peuvent parfois restreindre la créativité et l’originalité. En outre, la dépendance excessive à l’écrit peut contribuer à la perte de la mémoire orale et de la tradition, car les individus peuvent être moins enclins à mémoriser ou à transmettre des connaissances de manière orale.

Sur le plan relationnel :

Les écrits peuvent être source de conflits relationnels. Les opinions divergentes exprimées par écrit peuvent entraîner des malentendus et des tensions entre les individus. Les échanges en ligne, souvent basés sur des écrits, peuvent créer des divisions au sein de la société, fragmentant les communautés et générant des clivages sociaux.

Sur le plan de la mémoire :

L’écriture peut influencer la mémoire en remplaçant la transmission orale des connaissances. Les peuples sans écriture peuvent être marginalisés, et la dépendance excessive à l’écrit peut diminuer la capacité individuelle à mémoriser et à transmettre des informations sans support écrit.

Sur le plan du plagiat (censure) :

L’écriture peut être sujette au plagiat, à la censure et à la manipulation. Des textes peuvent être copiés sans attribution, entraînant des problèmes d’intégrité intellectuelle. La censure peut également limiter la liberté d’expression et restreindre la diversité des idées exprimées à travers l’écrit.

Sur le plan de la langue :

L’écriture peut influencer la langue en imposant des normes rigides et des règles grammaticales strictes, ce qui peut parfois entraîner une dégradation de la créativité linguistique. Les écrivains peuvent être contraints de se conformer à des styles standardisés, limitant ainsi la richesse et la diversité linguistiques.

Bien que ces méfaits puissent sembler inquiétants, il est essentiel de noter que la responsabilité ne réside pas implicitement dans l’écriture elle-même, mais plutôt dans la manière dont elle est utilisée. La conscience de ces méfaits peut servir de rappel constant de la nécessité d’une utilisation éthique et responsable du pouvoir des mots.

Qu’en pensez-vous?

Journée du 25 novembre

Je n’ai pas oublié la journée internationale du 25 novembre. Une journée consacrée à la lutte contre la violence faite aux femmes qui, encore aujourd’hui au XXIe siècle, nécessite que des milliers de personnes, courageuses, persévérantes, révoltées, continuent cette lutte qui aurait dû cesser dans ce monde prétendu civilisé.

On trouve sur le site du Ministère de la Culture une explication de l’origine de cette Journée internationale : « Le 25 novembre 1960, trois femmes dominicaines, les sœurs Mirabal, furent assassinées sur les ordres du chef de l’État dominicain. Le 19 octobre 1999, lors de la 54e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, les représentants de la République dominicaine et 74 États membres ont présenté un projet de résolution visant à faire du 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales étant invités ce jour-là à mener des opérations de sensibilisation de l’opinion à ce grave phénomène. »

Face à cette sordide réalité, je voudrais rendre hommage à ces voix féminines intrépides à la plume audacieuse qui transcendent l’oppression par l’art de la poésie. Des voix féminines fortes qui font de la poésie une forme de résistance!

Je voudrais vous présenter Salpy Baghdassian, une poète arménienne née à Alep, qui a fui la guerre en Syrie et réside à Toulouse, où elle continue à écrire en arabe et à traduire de l’arménien.

 Au travers de son recueil intitulé « Quarante Cerfs-volants », qui sont « quarante petits tableaux empreints de simplicité et d’humour, portés par un vent de liberté », Salpy Baghdassarian évoque avec pudeur les violences qui ont traversé sa vie de femme.

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Quarante Cerfs-volants , publié en 2020 aux éditions Lisières et traduit de l’arabe par Souad Labbize.

Une saison en enfer

J’ai toujours pensé que poésie et musique allaient de pair. Alors, quand une star internationale, chanteuse et guitariste punk rock américaine s’associe à notre plus grand poète français, le résultat est émouvant, sensible et inspiré.

Voilà un bel objet que cet ouvrage intitulé « Une saison en enfer » publié chez Gallimard, dans lequel les poèmes d‘Arthur Rimbaud sont illustrés par des photos de Patti Smith, égérie des années 80. ( Because the night) . Obsédée par le poète aux semelles de vent, la chanteuse américaine célèbre les 150 ans du chef-d’œuvre « Une saison en enfer » avec une édition augmentée de textes personnels, de photos, de dessins et d’une sélection de poèmes et de lettres de Rimbaud supplémentaires.

« J’avais seize ans quand je me suis sentie attirée par lui pour la première fois, – écrit-elle en introduction de son livre (page 7) – par l’image de son visage et par ses poèmes qui me déconcertaient et me séduisaient à la fois. Plongée dans leur charme enivrant, j’en ressortais tremblante, sans vraiment me souvenir de ce que je venais de lire. »

Poète, écrivaine, artiste-peintre, et photographe, Patti Smith retrace l’histoire du revolver à six coups – terrible photo en noir et blanc (page 5) –  avec lequel Verlaine blessa au poignet Rimbaud « J’ai tenu le pistolet, balayé la tombe et je me surprends aujourd’hui à être la gardienne du terrain qui appartenait autrefois à sa mère. J’ai été fidèle, toujours mes pas dans les siens, compagne invisible. »

Elle rappelle, également,  « la filiation spirituelle » et « l’affinité poétique » avec Arthur Rimbaud qu’elle partageait avec le jeune Bob Dylan. Elle détaille la vie d’errance du poète-aventurier, ses pérégrinations, de Vienne à l’Abyssinie.

« Les poèmes d’Arthur Rimbaud m’accompagnent depuis toujours », résume Patti Smith. « Ils renferment des traces de son insolence, des souvenirs virulents, des pouvoirs prophétiques, la torpeur sensuelle de la jeunesse. Je les ai lus et relus. »

Voilà un superbe ouvrage, que j’ai découvert récemment, et qui ferait un magnifique cadeau à offrir pour les fêtes de fin d’année! _____________________________________________________________________________

Sources: France-info; Gallimard; Actualitté

Kiléma Éditions : Facile à Lire et à Comprendre

Fondée en 2021, KILÉMA Éditions est la première maison d’édition francophone axée sur le Facile à Lire et à Comprendre (FALC). Elle vise principalement les personnes atteintes de « maladies de l’intelligence », leur offrant l’opportunité d’accéder à la littérature de manière adaptée.

« Face à l’absence d’offres culturelles permettant l’inclusion des personnes présentants des troubles du développement intellectuel dans une société uniformisée et normée, nous avons imaginé une maison d’édition dédiée au FALC littéraire afin de donner accès à la culture commune en proposant une offre de litterature inclusive. »1

L’apprentissage de la lecture pour ces personne est souvent ralenti par un manque d’ouvrage adaptés à leurs capacités. Le FALC, créé pour rendre les informations accessibles, repose donc sur du vocabulaire simple, des phrases courtes et une mise en page claire, enrichie d’images.

Gros caractères, explications des termes difficiles et illustrations pertinentes, tout es là pour faciliter la lecture et permettre à tous d’accéder à un maximum d’ouvrages.

KILÉMA Éditions redéfinit la littérature, la rendant accessible à tous ceux qui en ont le plus besoin : des handicapés, aux personnes atteints de maladies neurodégénératives en passant par des dyslexiques ou des enfants ayant des difficultés avec les mots, le FALC peut s’adresser à une cible variée et importante.

Et pourtant, cette méthode de lecture est encore très rare. Ce qui est en train de changer petit à petit… depuis KILÉMA.

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1Cécile Arnout – Présidente et Directrice générale de Kiléma Éditions;

Sources :Actualtté Octobre 2023

Alicia Gallienne

Je viens de ((re) lire le dernier ouvrage de la poétesse Alicia Gallienne, publié aux éditions NRF.

« L’autre moitié du songe m’appartient » m’a littéralement bouleversé.

Alicia, décédée le 24 décembre 1990 à l’âge de vingt ans d’une maladie incurable, a laissé derrière elle une œuvre fulgurante de poésie, d’amour et de profondes introspections. « Dire que je t’aime et je t’attends, c’est encore beaucoup trop de pas assez, » écrit-elle à sa maman, page 56. Que penser d’une telle phrase ? On ressent là l’immense passion pour sa mère, mais également toute l’impuissance à l’aimer pleinement, tant la maladie la ronge et ne lui laisse pas le temps d’aller au bout de son amour. Il y a chez elle comme une urgence de vivre, une vitalité décuplée par un esprit d’une redoutable culture nourri par les plus grands poètes de notre temps : Rimbaud, Cocteau, Éluard, Rilke, mais aussi d’immenses écrivains comme Henry Miller, Marguerite Yourcenar, ou encore Cioran.

« Ses poèmes, bouleversants par leur sens du tragique et leur rude lumière, illuminent et foudroient. Ils lui servent de bouclier et en même temps la secondent dans ses recherches littéraires. « 

« Cela ira

Je n’ai pas peur du noir

Et puis il n’y a pas de vautours

Dans les étoiles » 

Après avoir obtenu une licence en lettres modernes, elle s’inscrira quelques mois avant sa mort en maîtrise à la Sorbonne. Cette jeune femme, cette étoile filante, « à la bouche en cœur aussi sensuelle que charmante« , dira d’elle Guillaume Gallienne, son cousin, nous prouve encore que ‘l’amour est plus fort que la mort’. »

(Préface de Sylvie Nauleau; postface de Guillaume Gallienne);

Réédition Lettre d’information N°21 du 7 décembre 2022 Bruno Le Cun.

My absolute Darling

Choc littéraire, livre-phénomène aux États-Unis, ou… littérature qui se vautre dans une bauge de violences répétées sur une enfant totalement sous l’emprise psychique de son père?

Vous l’auriez certainement deviné, la sortie en 2017 du roman My Absolute Darling de l’auteur G. Tallent a suscité en son temps l’immense enthousiasme du monde littéraire et de la presse en général. Primé à de multiples reprises en France, My Absolute Darling, roman d’apprentissage, raconte l’histoire de Turtle Alveston, âgée de 14 ans, douée d’un savoir-faire peu commun. Son père l’aime plus que tout au monde et il a bien l’intention de la garder à ses côtés envers et contre tous. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Superbement traduit par Laura Derajinski, ce récit vous saute à la gorge. Chapitre après chapitre, il emmène le lecteur dans un périple terrifiant, au cours duquel Martin le père apprend à Turtle sa fille comment survivre dans un monde hostile dont la fin ne manquera pas d’arriver dans un futur proche ; où la violence l’emporte partout. Et il le fait dans une ambiance incestueuse où, durant la plus grande partie du livre, l’amour filial n’a jamais remis en cause l’amour paternel qu’il exerce sans aucune limite morale ou sociale.

Et l’écriture ! Une écriture dense et haletante. Un style nouveau, surprenant, parfois difficile qui mélange simultanément l’action, le cadre où elle se déroule, et les pensées de ceux qui les émettent. Ainsi, Turtle s’exprime toujours dans l’action, sans guillemet, de telle sorte que le lecteur se trouve dans le cerveau de l’adolescente au plus près de ses émotions !

Bref, un roman que l’on va aimer ou détester, mais qui ne laisse personne indifférent.

Gabriel Tallent, trad. Laura Derajinski – My absolute darling – Editions Gallmeister
Sources: Actualitte; Babelio;