Censure culturelle aux USA

Dans son remarquable ouvrage « In Vinyle Veritas« , Patrick Betaille souligne dans son avertissement au lecteur que : « Musique et langages picturaux ont toujours fait l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs […] À plus forte raison quand mélodies et images s’unissent pour traduire le ressenti des peuples. »

Une façon élégante d’évoquer le phénomène de censure musicale outre-atlantique de certaines pochettes de disques – illustrée par la célèbre phrase de Platon si tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique (La république) 1 – qui a régulièrement pointé le bout de son nez depuis les années cinquante ou « …la musique populaire devient source d’une nouvelle forme d’expression culturelle. »

Bien que l’attention des pouvoirs publics ait pratiquement cessé depuis l’avènement des disques compacts, elle persiste et semble même s’intensifier en ce qui concerne les livres et la littérature aux États-Unis.

D’après l’American Library Association 2 (ALA), la censure, présente depuis plusieurs décennies déjà avec des cas documentés dès les années 1950, a connu une recrudescence significative de +17 % entre 2016 et 2020. Les évolutions politiques, au niveau national ainsi que l’arrivée de nouvelles administrations locales, ont contribué à renforcer les initiatives de pression dans ces États. Plusieurs d’entre eux – notamment le Texas, la Floride et l’Idaho – ont mis en place des politiques d’interdiction de livres dans les écoles et les bibliothèques. Des groupes religieux ou communautaires peuvent également exercer des pressions sur ces établissements pour retirer des livres qu’ils jugent offensants ou inappropriés. L’ALA a recensé 1 247 demandes de censure de livres, de matériels et de ressources de bibliothèque en 2022. Parmi les œuvres visées, aux contenus dits sensibles pour les jeunes lecteurs (descriptions de violence, de sexualité, de discrimination raciale, ou des idées politiques controversées), 47 % mettaient en avant les voix et les expériences des personnes LGBTQIA+3 et BIPOC (Noirs, Autochtones et personnes de couleur).

Selon PEN America4 , « Les deux dernières années (2021/2023) ont été marquées par une attaque indéniable et sans précédent contre la liberté d’expression dans l’enseignement public.  Ainsi 2 598 auteurs et illustrateurs ont été censurés, 5 984 livres interdits et la liste ne cesse de s’allonger 5.

En résumé, bien que la censure des livres aux États-Unis soit un phénomène ancien, elle continue de susciter des préoccupations croissantes, avec un nombre accru de plaintes signalées ces dernières années, notamment dans les bibliothèques.

Sources

  • 1 – Extrait de « In Vinyle Veritas« – Patrick Betaille.
  • 2 – L’American Library Association (ALA) est un  organisme professionnel à but non lucratif basé à Chicago aux États-Unis, qui encourage au niveau international la mise en place et l’amélioration des bibliothèques ainsi que l’éducation via les bibliothèques.
  • 3 – LGBTQIA+ signifie :Lesbienne,Gay,Bisexuelle, Transexelle, Queers, Intersexuélle, Asexuelles, et le + inclut les nombreux autres termes désignant les genres et les sexualités.
  • 4 – PEN America se situe à l’intersection de la littérature et des droits de l’homme pour protéger la liberté d’expression aux États-Unis et dans le monde.
  • 5 – Liste des 10 livres les plus censurés aux États-Unis:
    • « To Kill a Mockingbird » par Harper Lee  (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur)- Ce classique de la littérature américaine a été censuré dans plusieurs écoles pour son traitement des questions de race et de racisme.
    • « The Bluest Eye » par Toni Morrison (L’oeil le plus bleu) – Ce roman a été fréquemment contesté en raison de son exploration des thèmes de la sexualité, de la race et de la violence.
    • « The Catcher in the Rye » par J.D. Salinger (L’attrape coeur) – Ce livre a été censuré pour son langage vulgaire, son traitement de la sexualité et ses thèmes de désillusion adolescente.
    • « Of Mice and Men » par John Steinbeck (Des souris et des hommes) – Ce roman a été critiqué pour son langage et ses thèmes de violence, de racisme et de sexualité.
    • « The Color Purple » par Alice Walker (La couleur pourpre) – Ce roman a été censuré en raison de ses thèmes de sexualité, de violence et de racisme.
    • « Brave New World » par Aldous Huxley (Le meilleur des mondes) – Ce livre a été censuré pour son traitement des thèmes de la sexualité, de la drogue et de la critique sociale.
    • « The Adventures of Huckleberry Finn » par Mark Twain (Les Aventures de Huckleberry Finn)- Ce classique de la littérature américaine a été critiqué pour son langage raciste et son traitement des questions de race.

Chick Correa

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que les événements passent trop vite!

« J’ai la mémoire qui flanche
J’me souviens plus très bien1…
« 

…des moments d’actualité qui défilent sur l‘écran blanc de mes jours noirs.

Armando Anthony Corea

Alors quand , par hasard, j’ai entendu à la radio un morceau de piano jazz, si limpide, si reposant, j’ai revu en image dans ma tête les concerts de… Chick Corea.

Et je me suis souvenu que le 9 février 2021, Chick Corea, légende américaine du Jazz, nous quittait à l’âge de 79 ans. 

J’ai alors réalisé que cet immense interprète avait joué avec les plus grands, avant de devenir un pianiste de renommée internationale lui-même. C’est un soir de 1968 : une rencontre. Chick Corea se rend au club de jazz Birdland où il voit le trompettiste Miles Davis et le saxophoniste John Coltrane interpréter: Les feuilles mortes. C’est un choc. « Après ça, (…) pourquoi voudrais-je étudier l’histoire de la civilisation occidentale? », dira-t-il, dans un sourire. La musique ne s’arrêtera jamais plus. Chick Corea, c’était une envie insatiable de jouer, de créer, se renouveler. « Toute sa carrière était traversée par la vitalité. La dernière fois où il est apparu sur scène en France c’était un jeune homme qui s’exprimait (…) Chick Corea apportait la joie, une façon de faire de la musique avec un énorme sourire et un énorme rire, parfois. »dira de lui le producteur et critique musical Alex Dutilh.

L’auteur de « Spain » et « 500 miles high » était, avec Herbie Hancock et Keith Jarrett, l’un des pianistes les plus influents du XXe  siècle. 

Quel est le prix Goncourt 2021?

Et de fil en aiguille je me suis interrogé sur le prix Goncourt, et plus particulièrement celui de 2021. Savez-vous quel écrivain a été récompensé?

C’est un jeune auteur sénégalais Mohamed Mbougar Sarr qui emporte le prix Goncourt avec son roman La plus secrète mémoire des hommes , coédité par Philippe Rey et Jimsaan, éditeurs sénégalais. Il raconte l’histoire d’un auteur (Diégane Latyr Faye, le double de l’écrivain) en quête de l’œuvre ultime, qui est à la fois le livre en train de s’écrire et l’objet de son intrigue : la recherche du roman parfait, paru en 1938, qui après un bref scandale disparaît de la mémoire des hommes. « Et ce livre total – entremêlant journal, correspondance, essai, document, roman initiatique – est l’histoire de la quête de la Littérature à l’intérieur de l’histoire de la littérature en train de se faire, entre l’Afrique et Paris.2« 

Sources

  • 1- « J’ai la mémoire qui flanche » de Jeanne Moreau sur des paroles de Cyrus Serge Rezvani
  • 2- Extrait de BRÈVES DE LA BNF /DÉPARTEMENT LITTÉRATURE ET ART

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Civil War

Dans « Civil War »1, le dernier film d’Alex Garland, le réalisateur britannique explore la notion d’une guerre civile aux États-Unis, offrant une réflexion sur les tensions persistantes dans la société américaine. À travers cette œuvre, Garland met en lumière les fissures et les divisions profondes qui persistent dans le tissu social américain. Les anciennes blessures de la guerre de sécession ne se sont toujours pas refermées . Il suggère que ces tensions ont été exacerbées par l’absence d’ennemis extérieurs traditionnels, (tellement énormes et puissants qu’ils pouvaient détruire l’Amérique) ce qui a conduit à une polarisation accrue et à une lutte pour définir l’ennemi intérieur.

Pourtant, je crois qu’il est important de reconnaître que les tensions sociales et politiques aux États-Unis ne peuvent être attribuées uniquement à l’administration Trump ou à un seul événement. Les racines de ces divisions sont profondes et complexes, résultant de décennies voire de siècles de luttes pour le pouvoir, la justice et l’égalité. Les dynamiques de pouvoir, les inégalités économiques et sociales, ainsi que les questions identitaires, jouent tous un rôle significatif dans la polarisation de la société américaine.

En définitive, « Civil War »1 offre un miroir critique à la société américaine, mettant en lumière les tensions et les divisions qui menacent son unité. Ce film s’inscrit dans une longue tradition de la pop culture américaine qui a envisagé cette guerre civile depuis de nombreuses années. Des œuvres antérieures telles que « Le monde après nous »2 avec Julia Roberts ont également exploré ces thèmes, anticipant les conflits internes qui pourraient déchirer le pays. Garland soulève la question de l’ennemi intérieur, symbolisé par l’administration Trump et son discours de revanche (contre qui?). Alors que les ennemis extérieurs traditionnels, tels que le communisme pendant la guerre froide, l’état islamique et d’autres encore, ont été délaissés, l’ennemi est désormais perçu comme étant à l’intérieur du pays. Cette perception est renforcée par les observations d’Adam Nossiter3, un journaliste américain, qui souligne le niveau sans précédent de confrontation interne exacerbé par les réseaux sociaux et le déni de réalité des partis politiques, notamment le parti républicain avec Trump. Garland incite les spectateurs à réfléchir à l’identité de cet ennemi intérieur, à la fois individuel et collectif, et aux moyens de surmonter ces divisions pour une réconciliation nationale. Dans ce contexte, il semble que l’Amérique soit, dans une certaine mesure, née pour le chaos, ses contradictions et ses conflits internes reflétant une histoire marquée par des luttes incessantes pour le pouvoir et la liberté.

Pour ma part, cette exploration des tensions sociales et politiques n’est pas unique aux seuls États-Unis ; elle suscite également des réflexions sur la possibilité que des événements similaires se produisent dans d’autres pays, y compris en France. Les parallèles entre les deux pays soulèvent la question de savoir si la France pourrait également être confrontée à une guerre civile, une « guerre si vile« , si elle ne parvient pas à résoudre ses propres divisions internes et à trouver un terrain d’entente national.

Sources

  • 1 – Civil War film d’Alex Garland: « Une course effrénée à travers une Amérique fracturée qui, dans un futur proche, est plus que jamais sur le fil du rasoir. »
  • 2 – Le monde après nous, de Sam Esmail , avec Julia Roberts : »Une famille qui rêvait d’une pause dans une luxueuse maison de location plonge en plein chaos après une cyberattaque qui neutralise tout appareil – et l’irruption de deux inconnus.« 
  • 3 – Adam Nossiter, journaliste américain élevé dans sa jeunesse en France, qui dirige le bureau du New York Times à Paris, auteur de deux ouvrages sur la France et la mémoire de la shoah.

Jeu littéraire

Chers amis de Litterasphère,

Les vacances sont là, et quoi de mieux que de s’évader avec quelques bons livres sur une île déserte ? Imaginons que vous ayez la possibilité d’emporter avec vous seulement trois livres : un roman, un recueil de poésies et un recueil de nouvelles. Quels seraient-ils ? Nous vous invitons à partager votre sélection en commentaires et à justifier, si vous le souhaitez, vos choix !

N’hésitez pas à partager vos sélections avec nous !

Ensuite, les lecteurs pourront « liker » les propositions, et celle qui aura obtenu le plus de votes sera consacrée comme le programme de littérature idéal. J’écrirai alors un article sur ce programme.

Alors, à vos listes et à vos claviers !

À très bientôt sur Litterasphère,

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L’Arlequin

Connaissez-vous l’association AcomArtistes et sa revue l’Arlequin?

Principal support de communication de l’association AcomArtistes, reconnue d’interêt général à portée culturelle, la revue l’Arlequin permet aux artistes adhérents de s’exprimer librement, de présenter leur parcours, leur démarche, leur talent ou leurs oeuvres.

Chaque année , AcomArtistes organise deux grandes expositions dans des sites dans lesquels culture et patrimoine se marient pour mettre en avant les oeuvres et prestations des artistes.

C’est ainsi que les 27 et 28 Avril, elle va vous faire découvrir ou redécouvrir, lors de son exposition « Week-end révélations », à Billère (64140), le château, la médiathèque et son bel auditorium ainsi que sa magnifique esplanade. Durant ces deux journées, ouvertes à tous, vous pourrez apprécier les toiles abstraites ou figuratives de 15 artistes peintres, des oeuvres en divers matériaux de la sculptrice en place, ainsi que des prises de vues étonnantes du photographe-auteur fort expérimenté.

Dans la médiathèque, 6 écrivains ( je vous présenterai mon dernier ouvrage « Sabrina, le saut de l’ange ») seront heureux de vous dédicacer leurs livres et se prêteront à un échange questions-réponses au micro d’une journaliste bien aguerrie à ce genre d’exercice. La poétesse Samie Louve, accompagnée de son guitariste Vincent Tosca, vous présentera son récital de poésies dans l’auditorium de la médiathèque.

Bien d’autres événements se dérouleront durant ce week-end, et pour ceux et celles qui seront interessés, n’hésitez pas à prendre contact avec l’association sur son site http://www.acomartistes.com.

La nouvelle , un genre exigeant (3)

Si la nouvelle est ainsi peu publiée, j’y vois deux raisons majeures : la nouvelle est un genre exigeant à éditer et un genre exigeant à lire.

En effet, du point de vue des lecteurs, il est parfois compliqué de se plonger dans un récit de courte durée, puis de fournir cet effort à nouveau pour une autre histoire, puis une autre… Pendant la lecture, le lecteur investit une situation, des personnages et régulièrement doit recommencer à appréhender une nouvelle intrigue, un autre univers… Cet enchaînement peut être perçu comme fatigant et rébarbatif : la lecture de recueils de nouvelles paraît alors plus exigeante que celle de romans avec lesquels on s’installe confortablement pour un temps long en compagnie de personnages qui nous deviennent familiers. Les nouvellistes sont-ils de plus fervents lecteurs de nouvelles ? On pourrait le penser puisqu’ils en écrivent eux-mêmes mais il semblerait qu’ils ne soient pas plus lecteurs de nouvelles que le non-écrivain. Et lorsqu’ils sont publiés en recueil collectif ou en revue, rien ne prouve qu’ils lisent les textes qui accompagnent les leurs.

Enfin, pour conclure ce triptyque (L’origine de la nouvelle) (La nouvelle un genre difficile à publier) , à l’instar de la poésie, autre genre en souffrance du champ éditorial français, j’emprunterai la conclusion à Anne Cauvel de Beauvillé : »la nouvelle a tout intérêt à s’emparer du numérique et des réseaux sociaux pour se renouveler et toucher un public plus large. Sortir enfin de son isolement et prendre la place qu’elle mérite dans le champ éditorial français : c’est ce que l’on souhaite à la nouvelle, genre littéraire dont les ressources sont loin d’être épuisées. »

Etude thématique extraite du mémoire de stage réalisé dans le cadre du DUT Information-Communication option métiers du livre – Université Paris Nanterre, Juin 2021.

Le train

Je décidais de prendre quelques jours de vacances et me rendre dans le charmant village de Clohars-Carnoët dans le Finistère.  

C’est ainsi que j’ai choisi de prendre le TGV n° 8560 : départ : 7 h 31; arrivée en Bretagne à 14 h 9 avec une correspondance à Bordeaux.

Donc un voyage qui s’avère confortable avec des horaires acceptables.

Mais cette belle organisation commence à dérailler dès mon arrivée à la gare. En effet, je suis surpris de ne pas voir sur l’écran d’information le numéro de mon train. Le n° 8560 n’existe pas! Je me rends donc au guichet et l’on m’explique qu’il s’agit, en fait, du n° 8561 (oui, ce n’est pas bien grave!), et qu’il a 20 mn de retard. Autrement dit, je ne pars plus sur le n° 8560 à 7 h 31, mais sur le n° 8561 à 7 h 51.

Bien, faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, et m’apprêtant à attendre avec philosophie, j’en viens à me demander quelle conséquence ce contretemps pourrait avoir sur ma correspondance. On m’informe que, vraisemblablement, le délai sera comblé lors du trajet, mais sans véritable assurance, et surtout sans me donner d’explication.

Je prends mon mal en patience, et me dis qu’il ne sert à rien de s’en faire, tout finira par s’arranger. Mais, arrivé sur le quai, je vois, sur le tableau d’affichage, que le retard a encore augmenté : 30 min !

À bord du train, entre deux annonces inaudibles qui auraient pu être des indices cruciaux pour comprendre ma situation, j’apprends qu’il me faudra faire un détour par Paris avant de rejoindre Nantes. Tout ça pour arriver avec un retard de plus de 2 heures digne des montres molles de Dali.

Finalement, ce type de contretemps, qui semble être le quotidien de centaines de voyageurs, ne paraît guère déranger la SNCF. Elle intègre ce mode de service dégradé dans son fonctionnement sans se soucier de la qualité de ses prestations. C’est comme ça, point barre. Et d’ailleurs, on vous conseille d’utiliser l’imprimé G30, afin d’obtenir une remise de 25 % pour un retard supérieur à 30 minutes. Mais le document en question n’existe plus ! Il faut faire sa réclamation via internet.

Je ne suis pas loin de penser qu’il s’agit là, d’une des multiples facettes de la dégradation des fonctionnalités de l’État, une sorte de maltraitance du voyageur, du citoyen qui le pousse à une dangereuse défiance du pouvoir.

Mais restons calmes et buvons frais! Voyager avec la SNCF, c’est comme participer à un jeu de piste géant, où le seul prix à gagner est une anecdote à raconter à ses petits-enfants. Elle n’est pas belle la vie!

(Réédition d’une newsletter du Mercredi 20 Avril 2022)

Littérature et IA

Rie Kudan lauréate du prix littéraire Akutagawa le 17 janvier 2024 à Tokyo.

Le prix litteraire Akutagawa récompense des nouvelles et des romans courts d’auteurs japonais, débutants, publiés dans des magazines et des journaux. Il est décerné deux fois par an, en janvier et en juillet. Les lauréats reçoivent une montre gousset et un million de yen. L’œuvre primée est successivement republiée dans le magazine Bungeishunjū, puis sous forme de livre, et enfin reprise dans la collection complète des œuvres ayant reçu le prix Akutagawa (Akutagawa-shō zenshū). 

Prix littéraire le plus prestigieux et le plus médiatisé du Japon, il est connu pour augmenter les ventes de manière parfois extraordinaire. L’aveu d’une jeune romancière japonaise, Rie Kudan,1 (33 ans) quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour écrire une partie de son livre a suscité un profond malaise parmi les écrivains et les critiques littéraires.

Pour certains, cette révélation représente une menace pour l’intégrité artistique et l’authenticité de l’œuvre littéraire. L’idée qu’une machine puisse contribuer à la création d’une œuvre d’art remet en question le rôle de l’humain dans le processus créatif et soulève des questions éthiques sur la propriété intellectuelle et l’attribution du mérite.

D’autres voient dans cette utilisation de l’IA une évolution naturelle de la création littéraire, une collaboration entre l’homme et la machine qui ouvre de nouvelles perspectives et stimule l’innovation artistique.

En fin de compte, l’aveu de cette romancière japonaise met en lumière les défis et les dilemmes auxquels les écrivains contemporains sont confrontés dans un paysage littéraire en constante évolution, où les frontières entre l’homme et la machine, entre l’art et la technologie, deviennent de plus en plus floues.

Et vous, qu’en pensez-vous?

1« Tokyo-to Dojo-to » : le titre peut se traduire par « La Tour de la compassion de Tokyo« 

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Robots versus Humains

Ah, les robots ! Ces êtres mécaniques qui semblent si éloignés de nous, mais peut-être sont-ils plus proches qu’on ne le croit ? Peut-étre sommes nous déjà des robots?

Imaginez-vous : un jour, vous avez un petit coup de mou, vous vous sentez comme un automate qui aurait les circuits grillés. Vous marchez dans la rue, et tout à coup, vous croisez quelqu’un qui agit comme un véritable cyborg, complètement bionique, sans aucune expression sur son visage d’androïde. Vous vous dites : « Tiens, voilà un spécimen de la dernière génération de robots humanoïdes ! »

Mais attendez, ne sommes-nous pas tous un peu des robots ? Combien de fois avez-vous senti que votre batterie était à plat après une longue journée de travail ? Ou que vous tourniez en boucle dans vos pensées comme un vieux logiciel obsolète ? Nous nous comportons parfois comme des automates, répétant les mêmes actions jour après jour, comme si nous étions sur pilote automatique.

Combien de fois avons-nous eu besoin d’une mise à jour, que ce soit avec une prothèse auditive pour entendre nos collègues nous parler, ou une prothèse dentaire pour pouvoir mâcher notre nourriture sans difficulté ? Nous sommes tellement améliorés par ces technologies sophistiquées que nous pourrions presque rivaliser avec les cyborgs les plus avancés !

Et que dire des transplantations d’organes ? Remplacer un cœur fatigué par une machine ultra-sophistiquée qui pompe le sang avec une précision incroyable, ou remplacer des jambes endommagées par des prothèses qui nous permettent de courir aussi vite que des athlètes olympiques ? Nous devenons presque des êtres bioniques, des super-humains équipés pour affronter tous les défis.

Alors, peut-être que ces machines ne sont pas si différentes de nous finalement. Peut-être que nous sommes tous un peu des robots, avec nos circuits internes, nos mises à jour constantes et nos bugs occasionnels.

Qui sait, peut-être que les robots du futur seront ceux qui comprendront vraiment ce que signifie être humain!

La Nouvelle Littéraire (2)

Dans mon dernier article « L’origine de la nouvelle » (10 janvier 2024), je m’interrogeais sur les causes du mépris apparent envers la nouvelle.

Si des romanciers français comme Anna Gavalda1, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, avec un recueil de douze histoires, « toutes très différentes, touchantes, désopilantes ou cruelles à la fois; rédigées d’une écriture fluide et légère » ; ou d’autres comme Olivier Adam2, Passer l’hiver, qui signa son premier recueil de nouvelles en 2004 avec « neuf textes, qui disent ce qu’est la nuit, aussi bien dans les cœurs que dans les corps et dans les âmes, chaque texte ayant une unité de temps: un soir, une nuit entière, l’heure à laquelle tout bascule » ; si ces auteurs ont su capturer l’attention du public, il n’en demeure pas moins qu’ils sont une exception, et leurs succès commerciaux rares.

Si la nouvelle est ainsi peu publiée, j’y vois deux raisons majeures, me semble-t-il : la nouvelle est un genre difficile à éditer et un genre difficile à lire.

Elle exige de l’éditeur un travail en profondeur et l’oblige à se poser des questions du genre : quels auteurs choisir ? Quels textes produire? En effet, la conception de la nouvelle en France s’est arrêtée à celle de Maupassant. Une nouvelle dite à chute, dont la composition suit un modèle classique. L’éditeur doit donc rechercher des auteurs modernes, au sens du style, qui révolutionnent le classicisme de la nouvelle. Et ils doivent chercher des textes qui s’accordent et qui puissent former un ensemble cohérent, qui a du sens. Mais n’est-ce pas là, la mission spécifique de l’éditeur? (à suivre)

1 « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » d’Anna Gavalda publié en 1999 par Le Dilettante- Puis par les éditions J’ai lu. 

2  » Passer l’hiver » d’Olivier Adam publié en Janvier 2004 aux Editions de l’Olivier-(bourse Goncourt de la nouvelle)