Billère en bulles

Nichée entre les montagnes des Pyrénées et les bords du Gave, Billère s’apprête à accueillir un événement qui ravira les passionnés de bande dessinée : la 15e édition du Festival BD Pyrénées à Billère !

Depuis 2021, le festival se déroule au Sporting d’Este. Cette année, il aura lieu du 7 au 9 juin 2024. Plus qu’un simple rassemblement, ce rendez-vous est une célébration de la créativité et de l’imaginaire, où se côtoient auteurs de renom et jeunes talents prometteurs. Cette manifestation du 9e art, organisée par l’association Pichenettes , transforme chaque année cette ville en un véritable sanctuaire pour les amoureux de bulles et de cases!

  1. Programme et activités :
    • Des ateliers créatifs, pour petits et grands, permettant de découvrir les secrets de la création d’une bande dessinée.
    • Des soirées spectacles animées par l’atelier CROC EN JAMBE (médiathèque d’Este) et la Compagnie CRAZY COMICS PUPPETS (Spectacle de marionnettes monté par l’auteur de BD Michel Rodrigue, mettant en scène des personnages de BD).  .
    • Des séances de dédicaces offrant des moments privilégiés de rencontre avec vos auteurs préférés.
  2. Invités et Auteurs présents:
  • Présentation de quelques auteurs vedettes, comme La Jeanette alias Marion, auteure de Grandir rue monde, Alexis HORELLOU auteur de Lulien et biens d’autres encore!
  • Et bien sûr l’invité d’honneur Jean Denis PENDANX, avec l’oeil du marabout, inspiré d’un voyage en Afrique de l’Est en 2016.

Jean-Denis Pendanx est né en 1966. Il vit à Bordeaux.1
Après des études d’arts graphiques, il débute sa carrière en tant qu’illustrateur de magazines de jeux de rôles et de livres pour la jeunesse (Père Castor, Flammarion, Magnard, Mango…).
En 1991, il publie son premier album, Diavolo sur un scénario de Doug Headline, aux Éditions Zenda.
En 1993, paraît le premier volume (sur quatre) de Labyrinthes, co-scénarisé par Dieter et Serge Le Tendre, aux Éditions Glénat.
En parallèle, il travaille pour le dessin animé (Corto Maltese). Il adapte avec son auteur, Alain Brezault, le roman Les Corruptibles (Glénat).
2006. Changement de style, changement d’éditeur, il signe avec Christophe Dabitch Abdallahi, Prix de la Bande Dessinée aux Rendez-Vous de l’Histoire à Blois (2 tomes parus, Futuropolis).
2008. Premier volume du triptyque Jeronimus, toujours avec Christophe Dabitch (3 tomes parus, Futuropolis). Prix Mémoire de la mer, Corderie Royale de Rochefort, 2012.
En 2013, il débute sa collaboration avec Stéphane Piatzszek avec qui il publie trois récits.
2017. Au bout du fleuve est son premier récit en tant qu’auteur complet. Découvrez le blog de l’auteur : http://jeandenispendanx.blogspot.fr/

Sources

1 – Extrait d’un article des Editions Futuropolis.

#bandedessinée

Le pouvoir du Metal

Connaissez-vous Harmut Rosa? Sociologue et philosophe, Hartmut Rosa est l’un des intellectuels contemporains les plus influents et mondialement connu pour avoir théorisé « l’accélération1 » comme moteur de nos sociétés moderne.

Mais c’est aussi l’auteur d’un livre très original, « No Fear of the Dark,2 » dans lequel il analyse les ressorts, les ambivalences et les potentialités d’un phénomène culturel parmi les plus énigmatiques des dernières décennies : le heavy metal. C’est l’une des musiques les plus populaires au monde bien qu’elle soit diffusée, jouée et écoutée en dehors des réseaux médiatiques dominants.

Le livre se penche sur les raisons pour lesquelles les gens écoutent du metal et sur l’effet que cette musique a sur ses auditeurs. Contrairement à la musique pop, qui cherche souvent l’harmonie, le metal aborde des thèmes comme l’aliénation et la mort de manière directe et palpable, offrant ainsi une forme de résonance existentielle. Des groupes comme Iron Maiden, Metallica, Black Sabbath et AC/DC sont souvent cités pour leur capacité à toucher profondément leurs auditeurs à travers leurs textes et leurs sonorités puissantes. Rosa voit dans le metal une promesse de reconnexion existentielle, permettant à ses fans de trouver une forme de résonance avec le monde qui manque souvent dans d’autres aspects de la vie moderne. (à suivre)

Legendes

  • 1 – Hartmut Rosa reformule la théorie sociale actuelle en décrivant la modernité à partir du phénomène d’accélération sociale, c’est à dire : l’accélération technique : déplacements et communications plus rapides (« rétrécissement de l’espace ») ;l’accélération des changements sociaux : changements plus rapides des habitudes et des modes (« rétrécissement du présent ») ;l’accélération du rythme de nos vies : impression de manque de temps permanent.
  • 2 – « No fear of Dark » fait référence à la chanson « Fear of the Dark » (peur du noir) d’Iron Maiden.

Passion, intrigues et sexe

En se promenant dans les rayons des grandes surfaces, des librairies, ou en surfant sur les réseaux sociaux (TikTok), il est impossible de ne pas remarquer les nombreux ouvrages de « new romance1 » qui s’étalent aux yeux du chaland. Titres aguicheurs : Borderline, Dark Romance, Trouble Maker, aux quatrièmes de couverture qui laissent une impression de déjà-vu : une étrange ressemblance avec les romans de la célèbre collection Harlequin. Mais là s’arrête la comparaison.

Si l’histoire d’amour demeure au cœur du récit, l’absence de tabous reste le premier élément de ce genre. Il est hors de question d’édulcorer les scènes de sexe comme le faisait la romance d’autrefois ! Finis les interdits de l’érotisme littéraire, [les lecteurs s’assument et propulsent le genre en tête de gondole des librairies]. La plupart des écrivaines (qui ont souvent recours à des pseudonymes anglicisés) plongent leurs lectrices dans des histoires où les actes sont sexualisés jusqu’à la limite de la toxicité2. Ici, le personnage masculin n’est pas seulement dominant grâce à son âge ou à son argent. Il représente aussi un danger, un interdit. C’est un homme violent qui n’hésite pas à séquestrer, torturer ou même violer sa compagne. Un comportement de prédateur qui n’atténue pas la passion, bien au contraire. Bref, la « new romance » offrirait des fantasmes patriarcaux à ses lectrices adolescentes, une vision unique, hétérosexuelle, hétéronormée du couple.

Mais la « new romance » serait aussi une poule aux œufs d’or pour l’industrie littéraire. Ainsi, « 50 nuances de Grey 3 » (le livre est d’abord connu par son auto-publication sur le site internet de l’auteur) s’est vendu à plus de 125 millions d’exemplaires dans le monde. Les réseaux sociaux, surtout TikTok, sont devenus des acteurs promotionnels décisifs, sur lesquels des influenceuses se livrent une véritable guerre en vantant chaque jour les mérites de dizaines d’ouvrages, engendrant des milliards de vues et de likes à travers la planète ! La new romance compose à elle seule plus de 7% de l’édition française. Bref, une mine d’or qui fait dire à certains psychologues que  » le succés de la dark romance s’explique par la banalisation de la pornographie chez les jeunes4 » : « Cette littérature exploite un âge chaotique de la vie… c’est une vision dangereuse du rapport homme-femme qui se propage… »

Sources

  • Lire magazine
  • 1 – La  » new romance » aborde les thèmes du consentement, du désir féminin et de la sexualité.
  • 2 – La « black romance »  Une histoire d’amour dans une secte, une mafia ou un gang avec enlèvement, séquestration et violences – psychologiques, physiques ou sexuelles.
  • 3 – Cinquante Nuances de Grey (titre original : Fifty Shades of Grey) est une romance érotique écrite par la romancière britannique E.L. James.
  • 4 – Patricia Mozdan psychothérapeute et conseillère familiale

Art urbain

Sebas Velasco-2017

Que se cache-t-il derrière les murs de Bayonne? Un canevas vivant où l’art prend vie, où chaque mur devient une toile pour l’expression créative du « street art ».

Photos B.Le Cun- Avril 2024

Ainsi, en plein centre-ville, cette fresque a été réalisée par Taroe (2018) lors du festival « Point de vue » organisé par Spacejunk Bayonne depuis 2017. On ne peut qu’admirer ces formes et ces couleurs.

Ella et Pitr, le duo d’artistes de Saint-Etienne, s’est lancé dans la réalisation de personnages géants : les colosses. Leurs dessins sont visibles dans de nombreux pays, sur les murs, le sol et maintenant sur des toits de Berlin

Ce qu’on appelle des gueules, des vraies! Tous ces portraits sont l’œuvre du graffeur local Exist qui loin d’être Vandal pose ses visages sur des palissades ou des panneaux de bois qui recouvrent les boutiques fermées.

L’art urbain à Bayonne, porté par des graffeurs venus des quatre coins du globe, ainsi que par des artistes locaux, témoigne d’une vitalité créative incontestable dans la région du Pays Basque.

Au-delà de leur esthétique, ces œuvres reflètent les multiples facettes de la culture et de l’identité basques, tout en contribuant à dynamiser les quartiers et à renforcer le lien social. À Bayonne, l’art urbain n’est pas seulement une expression artistique, mais aussi un vecteur de dialogue, d’échange et de fierté pour la communauté locale. En somme, il enrichit le paysage urbain tout en racontant une histoire universelle, celle d’une ville en constante évolution où la créativité et le talent transcendent les frontières.

Censure culturelle aux USA

Dans son remarquable ouvrage « In Vinyle Veritas« , Patrick Betaille souligne dans son avertissement au lecteur que : « Musique et langages picturaux ont toujours fait l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs […] À plus forte raison quand mélodies et images s’unissent pour traduire le ressenti des peuples. »

Une façon élégante d’évoquer le phénomène de censure musicale outre-atlantique de certaines pochettes de disques – illustrée par la célèbre phrase de Platon si tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique (La république) 1 – qui a régulièrement pointé le bout de son nez depuis les années cinquante ou « …la musique populaire devient source d’une nouvelle forme d’expression culturelle. »

Bien que l’attention des pouvoirs publics ait pratiquement cessé depuis l’avènement des disques compacts, elle persiste et semble même s’intensifier en ce qui concerne les livres et la littérature aux États-Unis.

D’après l’American Library Association 2 (ALA), la censure, présente depuis plusieurs décennies déjà avec des cas documentés dès les années 1950, a connu une recrudescence significative de +17 % entre 2016 et 2020. Les évolutions politiques, au niveau national ainsi que l’arrivée de nouvelles administrations locales, ont contribué à renforcer les initiatives de pression dans ces États. Plusieurs d’entre eux – notamment le Texas, la Floride et l’Idaho – ont mis en place des politiques d’interdiction de livres dans les écoles et les bibliothèques. Des groupes religieux ou communautaires peuvent également exercer des pressions sur ces établissements pour retirer des livres qu’ils jugent offensants ou inappropriés. L’ALA a recensé 1 247 demandes de censure de livres, de matériels et de ressources de bibliothèque en 2022. Parmi les œuvres visées, aux contenus dits sensibles pour les jeunes lecteurs (descriptions de violence, de sexualité, de discrimination raciale, ou des idées politiques controversées), 47 % mettaient en avant les voix et les expériences des personnes LGBTQIA+3 et BIPOC (Noirs, Autochtones et personnes de couleur).

Selon PEN America4 , « Les deux dernières années (2021/2023) ont été marquées par une attaque indéniable et sans précédent contre la liberté d’expression dans l’enseignement public.  Ainsi 2 598 auteurs et illustrateurs ont été censurés, 5 984 livres interdits et la liste ne cesse de s’allonger 5.

En résumé, bien que la censure des livres aux États-Unis soit un phénomène ancien, elle continue de susciter des préoccupations croissantes, avec un nombre accru de plaintes signalées ces dernières années, notamment dans les bibliothèques.

Sources

  • 1 – Extrait de « In Vinyle Veritas« – Patrick Betaille.
  • 2 – L’American Library Association (ALA) est un  organisme professionnel à but non lucratif basé à Chicago aux États-Unis, qui encourage au niveau international la mise en place et l’amélioration des bibliothèques ainsi que l’éducation via les bibliothèques.
  • 3 – LGBTQIA+ signifie :Lesbienne,Gay,Bisexuelle, Transexelle, Queers, Intersexuélle, Asexuelles, et le + inclut les nombreux autres termes désignant les genres et les sexualités.
  • 4 – PEN America se situe à l’intersection de la littérature et des droits de l’homme pour protéger la liberté d’expression aux États-Unis et dans le monde.
  • 5 – Liste des 10 livres les plus censurés aux États-Unis:
    • « To Kill a Mockingbird » par Harper Lee  (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur)- Ce classique de la littérature américaine a été censuré dans plusieurs écoles pour son traitement des questions de race et de racisme.
    • « The Bluest Eye » par Toni Morrison (L’oeil le plus bleu) – Ce roman a été fréquemment contesté en raison de son exploration des thèmes de la sexualité, de la race et de la violence.
    • « The Catcher in the Rye » par J.D. Salinger (L’attrape coeur) – Ce livre a été censuré pour son langage vulgaire, son traitement de la sexualité et ses thèmes de désillusion adolescente.
    • « Of Mice and Men » par John Steinbeck (Des souris et des hommes) – Ce roman a été critiqué pour son langage et ses thèmes de violence, de racisme et de sexualité.
    • « The Color Purple » par Alice Walker (La couleur pourpre) – Ce roman a été censuré en raison de ses thèmes de sexualité, de violence et de racisme.
    • « Brave New World » par Aldous Huxley (Le meilleur des mondes) – Ce livre a été censuré pour son traitement des thèmes de la sexualité, de la drogue et de la critique sociale.
    • « The Adventures of Huckleberry Finn » par Mark Twain (Les Aventures de Huckleberry Finn)- Ce classique de la littérature américaine a été critiqué pour son langage raciste et son traitement des questions de race.

Chick Correa

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que les événements passent trop vite!

« J’ai la mémoire qui flanche
J’me souviens plus très bien1
« 

…des moments d’actualité qui défilent sur l‘écran blanc de mes jours noirs.

Armando Anthony Corea

Alors quand , par hasard, j’ai entendu à la radio un morceau de piano jazz, si limpide, si reposant, j’ai revu en image dans ma tête les concerts de… Chick Corea.

Et je me suis souvenu que le 9 février 2021, Chick Corea, légende américaine du Jazz, nous quittait à l’âge de 79 ans. 

J’ai alors réalisé que cet immense interprète avait joué avec les plus grands, avant de devenir un pianiste de renommée internationale lui-même. C’est un soir de 1968 : une rencontre. Chick Corea se rend au club de jazz Birdland où il voit le trompettiste Miles Davis et le saxophoniste John Coltrane interpréter: Les feuilles mortes. C’est un choc. « Après ça, (…) pourquoi voudrais-je étudier l’histoire de la civilisation occidentale? », dira-t-il, dans un sourire. La musique ne s’arrêtera jamais plus. Chick Corea, c’était une envie insatiable de jouer, de créer, se renouveler. « Toute sa carrière était traversée par la vitalité. La dernière fois où il est apparu sur scène en France c’était un jeune homme qui s’exprimait (…) Chick Corea apportait la joie, une façon de faire de la musique avec un énorme sourire et un énorme rire, parfois. »dira de lui le producteur et critique musical Alex Dutilh.

L’auteur de « Spain » et « 500 miles high » était, avec Herbie Hancock et Keith Jarrett, l’un des pianistes les plus influents du XXe  siècle. 

Quel est le prix Goncourt 2021?

Et de fil en aiguille je me suis interrogé sur le prix Goncourt, et plus particulièrement celui de 2021. Savez-vous quel écrivain a été récompensé?

C’est un jeune auteur sénégalais Mohamed Mbougar Sarr qui emporte le prix Goncourt avec son roman La plus secrète mémoire des hommes , coédité par Philippe Rey et Jimsaan, éditeurs sénégalais. Il raconte l’histoire d’un auteur (Diégane Latyr Faye, le double de l’écrivain) en quête de l’œuvre ultime, qui est à la fois le livre en train de s’écrire et l’objet de son intrigue : la recherche du roman parfait, paru en 1938, qui après un bref scandale disparaît de la mémoire des hommes. « Et ce livre total – entremêlant journal, correspondance, essai, document, roman initiatique – est l’histoire de la quête de la Littérature à l’intérieur de l’histoire de la littérature en train de se faire, entre l’Afrique et Paris.2« 

Sources

  • 1- « J’ai la mémoire qui flanche » de Jeanne Moreau sur des paroles de Cyrus Serge Rezvani
  • 2- Extrait de BRÈVES DE LA BNF /DÉPARTEMENT LITTÉRATURE ET ART

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Civil War

Dans « Civil War »1, le dernier film d’Alex Garland, le réalisateur britannique explore la notion d’une guerre civile aux États-Unis, offrant une réflexion sur les tensions persistantes dans la société américaine. À travers cette œuvre, Garland met en lumière les fissures et les divisions profondes qui persistent dans le tissu social américain. Les anciennes blessures de la guerre de sécession ne se sont toujours pas refermées . Il suggère que ces tensions ont été exacerbées par l’absence d’ennemis extérieurs traditionnels, (tellement énormes et puissants qu’ils pouvaient détruire l’Amérique) ce qui a conduit à une polarisation accrue et à une lutte pour définir l’ennemi intérieur.

Pourtant, je crois qu’il est important de reconnaître que les tensions sociales et politiques aux États-Unis ne peuvent être attribuées uniquement à l’administration Trump ou à un seul événement. Les racines de ces divisions sont profondes et complexes, résultant de décennies voire de siècles de luttes pour le pouvoir, la justice et l’égalité. Les dynamiques de pouvoir, les inégalités économiques et sociales, ainsi que les questions identitaires, jouent tous un rôle significatif dans la polarisation de la société américaine.

En définitive, « Civil War »1 offre un miroir critique à la société américaine, mettant en lumière les tensions et les divisions qui menacent son unité. Ce film s’inscrit dans une longue tradition de la pop culture américaine qui a envisagé cette guerre civile depuis de nombreuses années. Des œuvres antérieures telles que « Le monde après nous »2 avec Julia Roberts ont également exploré ces thèmes, anticipant les conflits internes qui pourraient déchirer le pays. Garland soulève la question de l’ennemi intérieur, symbolisé par l’administration Trump et son discours de revanche (contre qui?). Alors que les ennemis extérieurs traditionnels, tels que le communisme pendant la guerre froide, l’état islamique et d’autres encore, ont été délaissés, l’ennemi est désormais perçu comme étant à l’intérieur du pays. Cette perception est renforcée par les observations d’Adam Nossiter3, un journaliste américain, qui souligne le niveau sans précédent de confrontation interne exacerbé par les réseaux sociaux et le déni de réalité des partis politiques, notamment le parti républicain avec Trump. Garland incite les spectateurs à réfléchir à l’identité de cet ennemi intérieur, à la fois individuel et collectif, et aux moyens de surmonter ces divisions pour une réconciliation nationale. Dans ce contexte, il semble que l’Amérique soit, dans une certaine mesure, née pour le chaos, ses contradictions et ses conflits internes reflétant une histoire marquée par des luttes incessantes pour le pouvoir et la liberté.

Pour ma part, cette exploration des tensions sociales et politiques n’est pas unique aux seuls États-Unis ; elle suscite également des réflexions sur la possibilité que des événements similaires se produisent dans d’autres pays, y compris en France. Les parallèles entre les deux pays soulèvent la question de savoir si la France pourrait également être confrontée à une guerre civile, une « guerre si vile« , si elle ne parvient pas à résoudre ses propres divisions internes et à trouver un terrain d’entente national.

Sources

  • 1 – Civil War film d’Alex Garland: « Une course effrénée à travers une Amérique fracturée qui, dans un futur proche, est plus que jamais sur le fil du rasoir. »
  • 2 – Le monde après nous, de Sam Esmail , avec Julia Roberts : »Une famille qui rêvait d’une pause dans une luxueuse maison de location plonge en plein chaos après une cyberattaque qui neutralise tout appareil – et l’irruption de deux inconnus.« 
  • 3 – Adam Nossiter, journaliste américain élevé dans sa jeunesse en France, qui dirige le bureau du New York Times à Paris, auteur de deux ouvrages sur la France et la mémoire de la shoah.

Jeu littéraire

Chers amis de Litterasphère,

Les vacances sont là, et quoi de mieux que de s’évader avec quelques bons livres sur une île déserte ? Imaginons que vous ayez la possibilité d’emporter avec vous seulement trois livres : un roman, un recueil de poésies et un recueil de nouvelles. Quels seraient-ils ? Nous vous invitons à partager votre sélection en commentaires et à justifier, si vous le souhaitez, vos choix !

N’hésitez pas à partager vos sélections avec nous !

Ensuite, les lecteurs pourront « liker » les propositions, et celle qui aura obtenu le plus de votes sera consacrée comme le programme de littérature idéal. J’écrirai alors un article sur ce programme.

Alors, à vos listes et à vos claviers !

À très bientôt sur Litterasphère,

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L’Arlequin

Connaissez-vous l’association AcomArtistes et sa revue l’Arlequin?

Principal support de communication de l’association AcomArtistes, reconnue d’interêt général à portée culturelle, la revue l’Arlequin permet aux artistes adhérents de s’exprimer librement, de présenter leur parcours, leur démarche, leur talent ou leurs oeuvres.

Chaque année , AcomArtistes organise deux grandes expositions dans des sites dans lesquels culture et patrimoine se marient pour mettre en avant les oeuvres et prestations des artistes.

C’est ainsi que les 27 et 28 Avril, elle va vous faire découvrir ou redécouvrir, lors de son exposition « Week-end révélations », à Billère (64140), le château, la médiathèque et son bel auditorium ainsi que sa magnifique esplanade. Durant ces deux journées, ouvertes à tous, vous pourrez apprécier les toiles abstraites ou figuratives de 15 artistes peintres, des oeuvres en divers matériaux de la sculptrice en place, ainsi que des prises de vues étonnantes du photographe-auteur fort expérimenté.

Dans la médiathèque, 6 écrivains ( je vous présenterai mon dernier ouvrage « Sabrina, le saut de l’ange ») seront heureux de vous dédicacer leurs livres et se prêteront à un échange questions-réponses au micro d’une journaliste bien aguerrie à ce genre d’exercice. La poétesse Samie Louve, accompagnée de son guitariste Vincent Tosca, vous présentera son récital de poésies dans l’auditorium de la médiathèque.

Bien d’autres événements se dérouleront durant ce week-end, et pour ceux et celles qui seront interessés, n’hésitez pas à prendre contact avec l’association sur son site http://www.acomartistes.com.

La nouvelle , un genre exigeant (3)

Si la nouvelle est ainsi peu publiée, j’y vois deux raisons majeures : la nouvelle est un genre exigeant à éditer et un genre exigeant à lire.

En effet, du point de vue des lecteurs, il est parfois compliqué de se plonger dans un récit de courte durée, puis de fournir cet effort à nouveau pour une autre histoire, puis une autre… Pendant la lecture, le lecteur investit une situation, des personnages et régulièrement doit recommencer à appréhender une nouvelle intrigue, un autre univers… Cet enchaînement peut être perçu comme fatigant et rébarbatif : la lecture de recueils de nouvelles paraît alors plus exigeante que celle de romans avec lesquels on s’installe confortablement pour un temps long en compagnie de personnages qui nous deviennent familiers. Les nouvellistes sont-ils de plus fervents lecteurs de nouvelles ? On pourrait le penser puisqu’ils en écrivent eux-mêmes mais il semblerait qu’ils ne soient pas plus lecteurs de nouvelles que le non-écrivain. Et lorsqu’ils sont publiés en recueil collectif ou en revue, rien ne prouve qu’ils lisent les textes qui accompagnent les leurs.

Enfin, pour conclure ce triptyque (L’origine de la nouvelle) (La nouvelle un genre difficile à publier) , à l’instar de la poésie, autre genre en souffrance du champ éditorial français, j’emprunterai la conclusion à Anne Cauvel de Beauvillé : »la nouvelle a tout intérêt à s’emparer du numérique et des réseaux sociaux pour se renouveler et toucher un public plus large. Sortir enfin de son isolement et prendre la place qu’elle mérite dans le champ éditorial français : c’est ce que l’on souhaite à la nouvelle, genre littéraire dont les ressources sont loin d’être épuisées. »

Etude thématique extraite du mémoire de stage réalisé dans le cadre du DUT Information-Communication option métiers du livre – Université Paris Nanterre, Juin 2021.