La grammaire est une douce chanson !

   Hier, le fils de ma voisine s’est fait gronder. Il est rentré de l’école avec une très mauvaise note en dictée. Il avait écrit «mais amis» en lieu et place de «mes amis».

«Ce n’est pas une faute d’orthographe, mais une faute d’inattention !» s’est-elle écriée.

Ah, la bonne orthographe ! 

Gage de respectabilité, d’intelligence (?), et souvent d’emploi, nous sommes tous passés par là. Car c’est un fait, la langue française n’est pas simple, avec ses conventions grammaticales alambiquées (accords du participe passé, les exceptions qui confirment la règle et les verbes irréguliers [les anglais ne font pas mieux sur ce registre.]

Une étude récente indique que 19,4 est le nombre moyen de fautes commises par les élèves de CM2 dans une dictée type. Sur le même exercice, on en comptait 10,7 en 1988. Il semblerait que les filles réussissent mieux dans cet exercice puisqu’elles ne feraient que 17,7 fautes alors que les garçons en commettraient 21,1 !

Alors, comment faire pour que nos bambins écrivent sans faute d’orthographe ?

 Je pense à la lecture bien sûr !

La tribu des verbes, adjectifs et adverbes

Et j’ai retrouvé dans ma bibliothèque un livre d’Érik Orsenna [de l’Académie française], paru en aout 2018, intitulé « La grammaire est une douce chanson» (édition le livre de poche) que je conseille fortement. Orsenna nous raconte une merveilleuse histoire qui se déroule dans une île imaginaire. Les habitants de cette île sont des mots regroupés en tribus. Il y a le groupe des verbes, «qui n’arrêtent pas de travailler» et leurs amis qui passent leur temps à aider leur prochain : ce sont les auxiliaires [du latin auxilium : secours], l’ethnie des adjectifs, celle des noms et des adverbes. Tout ce petit monde vit en bonne entente et se rassemble au gré de leur fantaisie pour former des phrases rythmées par de grandes horloges : celle du présent et celle du passé.

C’est Jeanne la narratrice, qui pourrait être la sœur d’Alice, l’héroïne de Lewis Carroll, précipitée dans un univers où les repères familiers sont bouleverser qui déambule sur cette île magique à la recherche de l’amour. L’amour universel et pas celui que l’on évoque tout le temps, par les « Je t’aime ». 

« Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Autrement les mots s’usent. Et parfois il est trop tard pour les sauver.» (E.Orsenna)

Agréable à lire, « La grammaire est une douce chanson» nous surprend et nous enseigne par l’imagination débordante d’Orsenna, que la grammaire est un jeu d’enfants !

Alors, n’hésitez pas à lire à haute voix ce magnifique texte à vos enfants, petits-enfants, le soir avant de les coucher.