Kamel Daoud

Kamel Daoud est l’un des finalistes du Prix Goncourt 2024(1) pour son roman Houris , un récit poignant qui revisite la guerre civile algérienne, notamment les violences de la « décennie noire » des années 1990. L’histoire est racontée à travers le regard d ‘une jeune femme traumatisée par la perte de sa famille aux mains de milices islamistes. Ce roman interroge la mémoire, le deuil et les cicatrices laissées par le conflit au sein de la société algérienne​

Originaire d’Algérie, Kamel Daoud est un écrivain et journaliste connu pour son approche engagée de sujets sensibles, comme les relations entre l’Algérie et la France ou la critique des extrémismes religieux. Il a acquis une renommée internationale avec son premier roman, Meursault, contre-enquête , qui a remporté le prix Goncourt du premier roman en 2015. Son œuvre est marquée par une profonde réflexion sur l’histoire et l’identité

Si Daoud remportait le Goncourt cette année ( ce dont je ne doute pas), son roman Houris figurerait parmi les livres les plus vendus, un succès traditionnel pour les lauréats de ce prestigieux prix littéraire.


(1) Prix Goncourt 2024 : les finalistes sont Sandrine Collette, Kamel Daoud, Gaël Faye et Hélène Gaudy.

La relève des intellectuelles françaises

En cette fin d’année 2024, la scène intellectuelle française est enrichie par la diversité et l’engagement d’une nouvelle génération de penseuses et d’écrivaines. Portées par des perspectives féministes, sociales et humanistes, ces femmes redéfinissent les débats publics en abordant des enjeux complexes et contemporains, souvent ancrés dans le vécu et l’expérience individuelle au sein de la société.

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PAU – Le livre

Les photos et la plume

Voici enfin un magnifique ouvrage consacré à Pau ! À travers 200 superbes photographies signées David Le Deodic, partez à la découverte – ou redécouverte – de la capitale du Béarn, mois après mois.

La plume vive et sincère de Frédérique Hardy accompagne cette promenade, teintée de tendresse et agrémentée de quelques touches d’humour.

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Un jour, un poème.

C’est là que je suis né sans doute

Et que tu m’as pris dans les bras,

Aux confins de toutes ces routes

Aux senteurs de jacarandas.

*

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Berceau de mon enfance

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Accorde-moi ta clémence!

*

À travers les yeux de ma mère, 

J’ai vu tes sourires confus,

Et compris pourquoi je suis fier

Que coule dans mes veines nues,

Le sang de mes frères lointains,

D’un peuple si proche-Orient,

Ce Liban qui se meurt en vain 

Et que plus personne n’entend !

*

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Las, je crains tes déroutes.

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Je n’ai plus aucun doute .

*

Je sais, maintenant, qui je suis :

Ton fils qui désormais redoute,

De te perdre au bout de tes nuits,

Tout tremblant au bord de la route.

Et je meurs de t’avoir laissée

Toute seule avec tes chimères,

Et n’ai pas su te protéger

Du chaos de toutes ces guerres !

*

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Berceau de mon enfance

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Je n’ai plus aucun doute .

(Bruno Le Cun – Extrait d’un recueil de poésies en cours…)


Emmanuelle LAMBERT

Dans « Aucun respect » , roman incontournable de la rentrée littéraire 2024, Emmanuelle Lambert revient sur son entrée dans le monde littéraire parisien à la fin des années 1990. Un univers qu’elle décrit comme un bastion masculin, parfois intimidant et hiérarchisé. À travers le récit de son apprentissage, elle dresse un portrait à la fois fascinant et irrévérencieux d’Alain Robbe-Grillet ( 1), figure emblématique du « Nouveau Roman », et de sa femme Catherine, personnage sulfureux, maîtresse de cérémonies sadomasochistes.

Jeune femme idéaliste à l’époque, Lambert découvre un milieu intellectuel codifié, où les hommes dominent, mais où elle cherche à trouver sa place. Son rapport avec Robbe-Grillet est central dans ce récit : il incarne à ses yeux à la fois un mentor et une figure d’autorité, mais aussi un homme complexe, brillant et provocateur, dont elle accompagne les dernières années, notamment à travers le travail sur ses archives. Elle l’observe de près, participant à sa quête de postérité tout en réfléchissant sur son propre positionnement dans ce monde souvent élitiste.

Avec un ton piquant et un humour décapant, Lambert revisite cette époque depuis le présent, portant un regard lucide et critique sur les relations de pouvoir, le jeu des influences et la place des jeunes femmes dans ces cercles. Si son apprentissage est parfois difficile et déroutant, il est aussi plein d’enseignements : elle montre que la vraie liberté consiste à se confronter aux autorités établies, à s’affirmer et à ne jamais se laisser enfermer par les normes. Ce conte contemporain, teinté de drôlerie, questionne la place des femmes et le poids des figures tutélaires dans le monde artistique.

« Aucun respect » est ainsi à la fois une réflexion sur la liberté individuelle, un hommage subtil et critique à Robbe-Grillet, et un témoignage personnel sur la manière dont Lambert, à travers ses expériences et ses confrontations, à su se forger une identité d’écrivain.

  • Éditeur ‏ : ‎ Stock (21 août 2024)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 224 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2234093829
  • Dimensions ‏ : ‎ 13.7 x 2 x 21.5 cm


(1) Alain Robbe-Grillet, né le 18 août 1922 à Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère)1 et mort le 18 février 2008 à Caen (Calvados), est un romancier et cinéaste français. Considéré, avec Nathalie Sarraute, comme le chef de file du nouveau roman, il a été élu à l’Académie française le 25 mars 2004, sans y être reçu. Son épouse est la romancière Catherine Robbe-Grillet, dont le nom de plume est Jeanne de Berg.

Un aller retour dans le noir

Photo B.LE CUN

James Ellroy

Ce dimanche 6 octobre, j’ai eu le privilège d’assister à un moment exceptionnel à la Médiathèque André Labarrère : la rencontre avec l’un des maîtres incontestés du roman noir, James Ellroy.

Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore, James Ellroy est l’auteur d’une œuvre monumentale. Il a su plonger ses lecteurs dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine et de la société américaine. Né à Los Angeles en 1948, il s’est fait connaître avec des romans cultes comme Le Dahlia Noir (1987), un polar glaçant inspiré de l’assassinat non résolu d’Elizabeth Short. Ce livre, ancré dans la violence de l’Amérique des années 1940, fait partie du Quatuor de Los Angeles, une série incontournable pour tout amateur de roman noir.

Son style est unique, brut, parfois haché, et ses récits plongent dans la corruption, la violence et les abus de pouvoir. Ellroy ne fait aucune concession : il dissèque la société avec une rare lucidité.

Sa présence à Pau, dans le cadre du salon « Un aller-retour dans le noir », a été un événement marquant. Ce salon, devenu un incontournable pour les passionnés de polars, nous a offert la chance de découvrir « The enchanters »1 le dernier polar de Ellroy en dédicace.

Ellroy est venu pour une raison bien particulière : il a lu, en exclusivité, quelques pages de son tout dernier roman. Pour quelqu’un comme moi, qui suit son œuvre avec passion, c’était un moment unique. Entendre sa propre voix résonner à travers ses mots, nous entraînant dans une nouvelle intrigue pleine de mystères et de trahisons, était absolument fascinant.

Cette rencontre avec James Ellroy a été un moment fort, gravé dans ma mémoire, et sans aucun doute dans celle de tous ceux qui ont eu la chance d’être présents ce jour-là.


  • Pages: 672
  • Editeur : Rivages
  • Date sortie : septembre 2024

La litterature ,ça paye!

La litterature ça paye!

La littérature, ça paye ! C’est le titre quelque peu choquant du dernier livre1 d’Antoine Compagnon. Peut-être même un peu vulgaire, et certainement destiné à provoquer le lecteur.

La rentabilité de la littérature

Selon Antoine Compagnon2, la littérature est rentable, surtout du point de vue du lecteur. Pour l’auteur, c’est moins sûr, car c’est un investissement à très long terme dont on perçoit souvent les bénéfices bien après sa mort. Pensez à Baudelaire, qui a vécu dans la pauvreté, alors que tout le monde connaît aujourd’hui son œuvre. Son succès posthume montre bien l’aspect à long terme de la création littéraire.

Les bénéfices de la littérature pour le lecteur

Mais revenons au lecteur : c’est de son vivant que la littérature rapporte. En effet, la lecture, surtout celle de la fiction, élargit notre expérience du monde et notre compréhension des autres. Elle augmente nos capacités cognitives et affectives, et nous permet de prendre du recul par rapport à notre propre vie.

De plus, la lecture nous éloigne du nez dans le guidon, nous fait prendre de la hauteur et, surtout, elle retarde l’apparition de la maladie d’Alzheimer. La lecture régulière agit comme un exercice pour le cerveau, stimulant les connexions neuronales et contribuant à préserver la mémoire.

La fragilité de la lecture au XXIe siècle

Cependant, la lecture est fragile en ce premier quart du XXIe siècle. Pourquoi ? Parce que c’est une activité lente, dans un monde où tout va plus vite, où il faut constamment gagner du temps.

Lire plus vite, c’est lire mal. La lecture suppose attention et lenteur. Le lecteur ignore les gains de productivité. La lecture rapide est une illusion : elle ne permet pas de bénéficier pleinement des apports cognitifs et émotionnels qu’offre une lecture approfondie.

 

1- « La litterature ,ça paye!« – Antoine Compagnon – 160 pages – EQUATEURS

2-Antoine Compagnon, né le 20 juillet 1950 à Bruxelles, est un écrivain, critique littéraire et académicien français.

Nostalgie

The Field of Derout-Lollichon (1886) by Paul Gauguin. Original from the Los Angeles County Museum of Art. Digitally enhanced by rawpixel.

Il y a des jours où le spleen vous rend nostalgique, des moments où le besoin de retrouver des endroits bienveillants se fait sentir. Des lieux qui nous ont accueillis avec chaleur lorsque nous n’étions que des enfants. Un petit bout de terre qui nous replonge dans l’atmosphère douce de notre jeunesse.

Pour moi, ce coin magique se trouve en Bretagne, plus précisément dans le village de Clohars-Carnöet (Kloar).

J’aime ce petit village au nom singulier, niché au fond du Finistère, au bout du monde, entre ciel et mer.

J’aime les gens d’ici, enracinés depuis des générations dans cette crique de tranquillité, à mi-chemin entre paysannerie et pêche. Ils accueillent simplement les étrangers de passage et les artistes d’autrefois.

J’aime les senteurs iodées venant de l’océan, le va-et-vient langoureux de l’écume sur le sable mouillé, et le cri des mouettes dans le vent azuré. Le sentier des contrebandiers, qui serpente le long des falaises abruptes, cache dans ses failles de pierre des recoins secrets où la mer, avide d’algues et de goémon, s’engouffre avec force.

Et puis, Gauguin, venu ici à Clohars-Carnöet, s’imprégner des couleurs et des parfums de ce pays, exprimer ce qu’il ressent plutôt que ce qu’il voit.

Que dire de ces moments inoubliables, au crépuscule, quand tout s’arrête et qu’on partage une douzaine d’huîtres plates, fraîchement pêchées dans le Belon, ce petit fleuve qui court le long de la côte ?

John Mayall

John Brumwell Mayall naît le 9 Novembre 1933 à Macclesfield, une petite ville près de Manchester où il est bercé par les disques de jazz de son père. Profondément original, il fabrique et décore lui-même ses guitares, il vit même un certain temps dans une grande cabane en haut d’un arbre, équipée d’un réfrigérateur et d’un tourne-disques.

Je viens juste d’apprendre la nouvelle du décès de John Mayall. En écoutant ce vieux 33 tours que j’ai retrouvé au fin fond d’un placard, resté là des années après mon déménagement, j’ai redécouvert avec plaisir John Mayall, le prince du blues anglais. L’album en question est « The Latest Edition », sorti en 1974. Pour les connaisseurs, John Mayall jouait pendant les deux premières années sans batteur, mais sur cet album, il est accompagné, malgré sa jambe dans le plâtre, par un excellent batteur, Soko Richardson.

Récemment, j’ai acquis une platine Bluetooth qui diffuse un son incomparable à travers une vieille enceinte Bose, et cela ajoute à mon plaisir nostalgique.

Par hasard, en surfant sur Internet pour me replonger dans les grands moments de Mayall sur WIKIPEDIA, j’ai découvert que l’artiste nous avait quittés à l’âge de 91 ans le 22 juillet 2024 à Los Angeles ! Moi qui pensais qu’il avait disparu depuis longtemps…

John Mayall a eu une carrière fascinante, influençant des générations de musiciens avec son approche unique du blues. Il était connu pour sa capacité à découvrir de jeunes talents et à les faire briller. Son style de blues électrique et son talent pour composer ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de la musique. Il était non seulement un musicien accompli mais aussi un véritable passionné du blues, explorant constamment de nouveaux territoires musicaux tout au long de sa vie.

C’est avec une profonde tristesse que je rends hommage à cet artiste légendaire qui a marqué tant de vies à travers sa musique sincère et puissante. Que son âme repose en paix.