«Hippocrate se retourne dans sa tombe!»

Que dites-vous ? Vous éprouvez une grande difficulté à obtenir un rendez-vous chez votre médecin ? Vous tombez systématiquement sur répondeur ; toutes les lignes de votre correspondant sont occupées ; votre temps d’attente est d’environ 45 minutes ! »

Ou pire encore le «répondeur» vous raccroche au nez.

Mais peut-être devriez-vous vous connecter à Doctolib. Vous savez, cette application de prise de rendez-vous, réservée aux patients ? Une entreprise française valorisée à 5,8 milliards d’euros, qui en moins de dix ans est devenue une des start-up les plus convoitées d’Europe bien que, ni cotée en bourse, ni filiale d’un groupe important.

Vous prenez votre rendez-vous sur la plateforme, comme pour une réservation de place de théâtre à la Fnac, mais, en mieux! Le logiciel vous rappelle dès qu’une place se libère pour avancer votre rendez-vous, qui bien souvent dépasse plusieurs semaines.

Elle a bon dos l’informatique!

Et après avoir rencontré votre médecin et obtenu votre ordonnance, vous courrez chez votre pharmacien, soulagé. Enfin une reconnaissance de votre mal-être ! Mais que faire lorsque ce dernier vous informe que le remède prescrit n’existe plus depuis dix ans ! Qu’il a été remplacé par le même, mais avec un grammage différent et qu’une nouvelle posologie est nécessaire ! Il vous faut rappeler votre bienfaiteur, pour vous entendre dire: «Excusez-moi, mais la base de données des médicaments n’est pas à jour ! Vous n’avez qu’à prendre celui préconisé par votre apothicaire.»

Merci l’informatique.

Ou pire encore ! Lorsqu’à l’issue d’une biopsie que votre praticien suppose cancéreuse, vous attendez avec inquiétude et angoisse le résultat. Ouf ! Le compte rendu s’avère négatif: vous voilà rassuré, mais pour une courte durée quand vous vous rendez compte qu’il s’agit du bilan de votre bras gauche alors que la biopsie a été effectuée sur votre tibia gauche !

Pas de panique: c’est juste une erreur de frappe de la secrétaire.

Bref, confusion, ou peut-être même incompétence. Cette accumulation de négligences, de refus de prise en charge, signifierait-elle que notre système médical serait en danger ?

Jean Michel MAULPOIX

 
 Jean-Michel Maulpoix, lauréat du prestigieux Prix Goncourt de la Poésie 2022, nous offre une poésie simple, fraîche et légère, ancrée dans le quotidien. Son recueil « Rue des Fleurs » est un véritable hommage à la beauté des petites choses de la vie. Ce livre invite à une immersion sensorielle unique : ses poèmes se lisent, s’écoutent, se respirent, et se voient. 


La nature au cœur de « Rue des Fleurs »

Maulpoix évoque avec finesse les senteurs et les sensations que nous offrent la nature. Il nous transmet l’odeur des arbres « déshabillés de feuilles et d’oiseaux », et nous fait ressentir la terre « qui macère dans son vieux jus ». Sa poésie nous touche profondément par ses subtils agencements de mots, conférant un sens nouveau à la vie quotidienne. Les fleurs, les arbres, les oiseaux silencieux, mais aussi les insectes cocasses peuplent ses vers. L’image de « l’araignée [qui] tombe sans parachute » ou encore celle du « petit vers blanc [qui] fait des trous silencieux » sont autant de métaphores insolites qui nous rappellent la magie du monde qui nous entoure.


Une mélancolie douce et enracinée dans l’instant présent


La tonalité d’ensemble de « Rue des Fleurs » reste fidèle à la mélancolie douce qui caractérise l’œuvre de Maulpoix. Cependant, ici, il s’agit surtout de capturer la beauté des instants ordinaires : « Le rire des convives applaudit / On grignote des morceaux de ciel / Du soleil couchant jusque dans l’assiette / Légers d’épaule et de visage. » 


La poésie, un remède à la souffrance  


Aujourd’hui, la poésie semble avoir disparu de notre quotidien, éclipsée par une actualité trop chargée ou perçue comme trop complexe par certains. Pourtant, ce recueil de Maulpoix est une invitation à redécouvrir cet art littéraire. Jean-Michel Maulpoix nous réconcilie avec la poésie, nous rappelant que celle-ci se niche partout dans la beauté du monde. La poésie, comme le disait Michel Houellebecq, « est un remède à la souffrance », et Maulpoix en est l’illustration parfaite. 


Pourquoi découvrir « Rue des Fleurs » de Jean-Michel Maulpoix ?


Ce recueil est une bouffée d’air frais dans un monde en quête de simplicité et de beauté. « Rue des Fleurs » nous apprend à voir le monde autrement, à apprécier les petits détails, et à trouver du réconfort dans la poésie.

À découvrir absolument ! 

(mise à jour le 16/08/24)

Huit milliards d’humains

Je ferme le magazine littéraire que j’étais en train de lire, et je m’interroge sur la nécessité des éditeurs à y introduire autant de publicité sur les livres. Combien de nouveaux auteurs, d’ouvrages et d’essais sur les thèmes les plus variés, s’étalent tout au long des pages de ma revue !

Je pense alors avec angoisse que la concurrence est rude, que mes modestes ouvrages ont peu de chances de figurer parmi tous les concours littéraires depuis, le Goncourt, en passant par le Renaudot, le Femina, le Roman FNAC, sans oublier le Grand prix du roman de l’Académie française, et bien sûr l’interallié et le prix Breizh !

Je songe aux écrivains du XVIIe siècle qui, forts d’une faible population mondiale, avaient toutes les opportunités de voir leurs écrits publiés et lus dans le monde entier ; j’aurais certainement eu une place (si tant est que j’aie un peu de talent!) au firmament des hommes de lettres célèbres tant la compétition était moindre. Mais tous mes espoirs ont fondu comme neige au soleil lorsque j’ai appris que selon les estimations des Nations unies l’humanité venait de passer le cap des 8 milliards d’humains en novembre 2022 !

Du coup, mon égo en prend un coup, et j’ai conscience que j’ai peu de chance de réaliser un best-seller parce que j’ai des centaines de milliers de compétiteurs directs dans mon domaine! Par contre, ma responsabilité morale se dilue avec le nombre. Mon action, bonne ou mauvaise, ne sera qu’une goutte d’eau dans l’océan !

Et je me pose la question « La morale est-elle soluble dans le nombre** ? »

B.Le Cun

(*) Pierre Baillargeon est un journaliste, romancier, poète et traducteur québécois.

(**) Titre d’un article de Alexandre Lacroix publié dans Philosophie magazine, et dont sont issues mes réflexions.