
Depuis quelque temps, un nouveau compagnon s’est installé sur le bureau des écrivains. Il ne fait pas de bruit, ne demande ni café ni inspiration, mais il répond en quelques secondes à de nombreuses interrogations. Son nom : l’intelligence artificielle.
Comme beaucoup d’auteurs, je l’observe avec curiosité, mais aussi avec prudence. Lorsqu’on consacre une partie de son temps à écrire, à chercher le mot juste, à construire un personnage et à transmettre une émotion, une question apparaît naturellement : quelle place ces nouveaux outils peuvent-ils prendre dans le processus de création ?
Un roman ne naît pas d’un simple assemblage de phrases. Il naît d’un regard porté sur le monde, d’une émotion, d’une expérience… L’écrivain écrit avec ce qu’il est, avec son histoire, ses souvenirs et les événements qui l’ont marqué.
Lorsque j’écris, mes histoires trouvent souvent leur origine dans des réalités humaines qui m’interpellent. Dans Yémen, du sang sur le sable, comme dans la trilogie Sabrina, ce sont des destins confrontés aux bouleversements de notre époque qui ont nourri mon écriture : la violence, l’exil, les fractures de notre société, mais aussi la capacité des êtres humains à résister et à se reconstruire.
Comme beaucoup d’auteurs, je considère l’intelligence artificielle avec intérêt.
Elle devient un outil supplémentaire, comme le furent autrefois le dictionnaire, la machine à écrire ou Internet.
Mais un outil, aussi performant soit-il, ne remplace pas ce qui appartient à l’expérience humaine .
Une intelligence artificielle peut analyser des mots, mais elle ne connaît pas la lumière d’un paysage qui nous a bouleversés…
L’avenir de l’écriture ne sera donc probablement pas une opposition entre l’homme et la machine. Il sera une question d’équilibre : savoir utiliser les possibilités offertes par la technologie tout en préservant la singularité de chaque créateur.
Car un lecteur ne recherche pas seulement une histoire bien construite. Il cherche une voix, une sensibilité, une rencontre avec un autre regard sur le monde.
La littérature continuera son chemin.
Et tant qu’il y aura des femmes et des hommes pour regarder le monde avec leurs propres yeux, il y aura des écrivains
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En effet, de même que le traitement de texte accrut non pas annula l’imprimerie, l’IA ne détruira pas là où foisonne l’imagination dont l’IA est incapable.