
Chaque semaine, je vous proposerai un extrait issu de l’un de mes recueils de nouvelles publiés aux Éditions du Net : Transgressions. Au fil de ces lectures brèves, entre faits divers troublants, atmosphères ambivalentes et dérives du quotidien, je vous invite à entrer dans un univers où le réel vacille…
[« Le bar à jazz ». Mélancolie, souvenirs d’adolescence, les films en noir et blanc, les rêves d’un enfant solitaire au fond d’un désert tunisien… Et puis cette musique, ce jazz émouvant entendu un jour à la radio… Tout cela m’a inspiré « Le bar à jazz »…]
(clic sur l’image)
Le bar à jazz
« Accoudé au comptoir, j’écoute du jazz. Je serre entre mes doigts ce portrait en noir et blanc.
Deux glaçons pleurent au fond de mon verre. Une trompette basse accompagne ma solitude.
J’aperçois Alex près de l’entrée du bar.
« Hey Léo ! me lance-t-il, c’est bien toi ?
Il grimpe sur un tabouret et s’installe près de moi.
– Oui Alex…
J’ajoute, un mince sourire aux lèvres :
– … c’est bien moi. »
D’un hochement de tête, je fais signe au barman de servir mon ami puis je dépose la photo sur le comptoir.
« Ça alors, quelle surprise ! Comment vas-tu ?
– Bien, comme tu vois. Je bois et je savoure du Amstrong.
– Ils t’ont laissé sortir ?
– Je me suis enfui de l’hôpital ! J’ai tout débranché et je suis parti. »
Alex grimace comme si un goût amer avait envahi sa bouche. Puis il soulève son verre et déclare avec emphase :
« Eh bien, trinquons ensemble ! Comme au bon vieux temps ! »
Oui c’est ça. Et je me souviens qu’à l’époque, la photo était parfaite…
Comme quand cette trompette me rappelait les films de gangsters. Quand Eddie Constantine traquait les bandits en haut d’une échelle métallique. Quand le générique de fin sur le blues d’un trombone fatigué évoquait la mort d’un truand, son chapeau roulant sur le macadam. Et quand je l’ai remarquée pour la première fois…
Alex pose son whisky sur le zinc, puis me demande inquiet :
« Tu… Tu vas mieux alors ?
– J’en ai pour quelques mois.
– Comment ça, quelques mois ? »
Que lui raconter ?
De nouveau, la musique d’Amstrong me cueille au fond de mon âme. Comme si chacune de mes émotions paraissait suractivée par le rythme jazzy, juste assez syncopé, dans lequel je sombre. À la recherche du souvenir de quelques notes cuivrées…
« Rémission, m’ont affirmé les médecins.
– Et cette longue maladie, tu l’as vaincue ?
– Non, j’ai raté mon entrée, je veux réussir ma sortie.
– Et Nathalie ? »
Comme jadis, sur cette photo… ( à suivre)
Bruno Le Cun- extrait de « Transgressions »
Découvrez la suite de cette nouvelle, extraite du recueil
« Transgressions« , disponible aux Editions du Net.
2024 Afrique du Sud année aragon autoedition BANDE DESSINÉE bonheur boualem Bretagne BURNOUT canadien québécois censure faits d'hiver femme Gallienne guerre civile humour INCESTE intelligence littérature livre livres maladie mots musique NETFLIX nouvelle PARAMONT POLAR poète poésie poéte poétesse printemps des poètes PRIX LITTERAIRE psychologique rentrée littéraire roman SERIES tribune USA violences voyage WARNER écrivain
En savoir plus sur LitteraSphère
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
