Nos raisons d’espérer

La manifestation littéraire « Les idées mènent le monde » avait pour thème : nos raisons d’espérer. La plupart des invités possédaient déjà une longue expérience professionnelle et personnelle. Il leur était donc possible de développer leurs motifs d’espérer. Ainsi, Philippe Labro (87 ans, journaliste) évoquait « quand l’espoir passait par l’Amérique », Rachel Khan (47 ans, actrice et auteure) disait que « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », ou bien Monique Atlan et Roger-Pol Droit (58 et 74 ans) promettaient de « reprendre l’espoir au sérieux ».

Mais comment partager cet espoir avec un public plus jeune, pour qui ce monde chaotique, déstructuré, voire au bord de la folie, n’est que source d’inquiétude et d’angoisse ? 

« L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques. » Cette affirmation audacieuse de G. BERNANOS révèle la nature paradoxale de l’espérance, une émotion qui, tout en promettant un avenir radieux, expose l’individu au risque inévitable de la déception.

Il est simple de comprendre que l’espérance, en tant que force motrice de l’existence humaine, offre un élan vers l’avenir. Elle nourrit l’âme, insufflant une énergie vitale qui stimule la résilience et l’optimisme. Les technologies avancées contemporaines, telles que la recherche en intelligence artificielle et les progrès dans la médecine, sont le fruit de l’espérance en un avenir meilleur. Les scientifiques et les ingénieurs prennent des risques calculés dans la quête de l’innovation. De même que les mouvements en faveur de la protection de l’environnement témoignent de l’espérance collective en un avenir durable. Des initiatives mondiales visent à atténuer les effets du changement climatique, démontrant comment l’espérance peut mobiliser des individus pour lutter contre des problèmes complexes.

Que dire de l’exploration spatiale, des mouvements sociaux pour l’égalité et la justice, exemples palpables de l’espérance en action. Martin Luther King a incarné cette force, appelant à un avenir où la discrimination serait éradiquée. 

Cependant, l’espérance peut être un terrain glissant, un risque que l’on prend avec le futur incertain.

Les attentes démesurées peuvent conduire à la déception, créant des fractures émotionnelles et remettant en question la valeur même de l’espérance. N’est-ce pas le cas en politique quand les attentes déçues des citoyens, engendrent un désenchantement profond au sein de la société, pour ne pas dire un désir de révolution, de guerre ? Des mouvements tels que le Printemps Arabe ont suscité des espoirs considérables pour un changement démocratique, mais ont également mis en lumière les difficultés inhérentes à la transition vers des systèmes politiques stables et équitables. Il en va de même avec les conférences internationales sur le climat dont les échecs à produire des accords contraignants ont illustré (et illustrent aujourd’hui même!) les défis complexes et les limites de l’espérance environnementale. Les exemples sont légions!

En fin de compte, c’est peut-être dans la conjugaison de l’espoir et de la prudence que réside l’équilibre. Un équilibre délicat : l’espérance peut être à la fois une source de résilience et une sagesse qui éclaire le chemin à venir.

Le fait de vivre tout simplement n’est-il pas la raison principale d’espérer un avenir meilleur? »


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