Le Salon littéraire Les Idées mènent le Monde vous donne rendez-vous pour sa 10e édition, du 28 novembre au 1er décembre 2024 au Palais Beaumont de Pau.
Kamel Daoud est l’un des finalistes du Prix Goncourt 2024(1) pour son roman Houris , un récit poignant qui revisite la guerre civile algérienne, notamment les violences de la « décennie noire » des années 1990. L’histoire est racontée à travers le regard d ‘une jeune femme traumatisée par la perte de sa famille aux mains de milices islamistes. Ce roman interroge la mémoire, le deuil et les cicatrices laissées par le conflit au sein de la société algérienne
Originaire d’Algérie, Kamel Daoud est un écrivain et journaliste connu pour son approche engagée de sujets sensibles, comme les relations entre l’Algérie et la France ou la critique des extrémismes religieux. Il a acquis une renommée internationale avec son premier roman, Meursault, contre-enquête , qui a remporté le prix Goncourt du premier roman en 2015. Son œuvre est marquée par une profonde réflexion sur l’histoire et l’identité
Si Daoud remportait le Goncourt cette année ( ce dont je ne doute pas), son roman Houris figurerait parmi les livres les plus vendus, un succès traditionnel pour les lauréats de ce prestigieux prix littéraire.
(1) Prix Goncourt 2024 : les finalistes sont Sandrine Collette, Kamel Daoud, Gaël Faye et Hélène Gaudy.
Dans « Aucun respect » , roman incontournable de la rentrée littéraire 2024, Emmanuelle Lambert revient sur son entrée dans le monde littéraire parisien à la fin des années 1990. Un univers qu’elle décrit comme un bastion masculin, parfois intimidant et hiérarchisé. À travers le récit de son apprentissage, elle dresse un portrait à la fois fascinant et irrévérencieux d’Alain Robbe-Grillet ( 1), figure emblématique du « Nouveau Roman », et de sa femme Catherine, personnage sulfureux, maîtresse de cérémonies sadomasochistes.
Jeune femme idéaliste à l’époque, Lambert découvre un milieu intellectuel codifié, où les hommes dominent, mais où elle cherche à trouver sa place. Son rapport avec Robbe-Grillet est central dans ce récit : il incarne à ses yeux à la fois un mentor et une figure d’autorité, mais aussi un homme complexe, brillant et provocateur, dont elle accompagne les dernières années, notamment à travers le travail sur ses archives. Elle l’observe de près, participant à sa quête de postérité tout en réfléchissant sur son propre positionnement dans ce monde souvent élitiste.
Avec un ton piquant et un humour décapant, Lambert revisite cette époque depuis le présent, portant un regard lucide et critique sur les relations de pouvoir, le jeu des influences et la place des jeunes femmes dans ces cercles. Si son apprentissage est parfois difficile et déroutant, il est aussi plein d’enseignements : elle montre que la vraie liberté consiste à se confronter aux autorités établies, à s’affirmer et à ne jamais se laisser enfermer par les normes. Ce conte contemporain, teinté de drôlerie, questionne la place des femmes et le poids des figures tutélaires dans le monde artistique.
« Aucun respect » est ainsi à la fois une réflexion sur la liberté individuelle, un hommage subtil et critique à Robbe-Grillet, et un témoignage personnel sur la manière dont Lambert, à travers ses expériences et ses confrontations, à su se forger une identité d’écrivain.
Éditeur : Stock (21 août 2024)
Langue : Français
Broché : 224 pages
ISBN-13 : 978-2234093829
Dimensions : 13.7 x 2 x 21.5 cm
(1) Alain Robbe-Grillet, né le 18 août 1922 à Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère)1 et mort le 18 février 2008 à Caen (Calvados), est un romancier et cinéaste français. Considéré, avec Nathalie Sarraute, comme le chef de file du nouveau roman, il a été élu à l’Académie française le 25 mars 2004, sans y être reçu. Son épouse est la romancière Catherine Robbe-Grillet, dont le nom de plume est Jeanne de Berg.
Sabrina, le saut de l’ange : un roman saisissant de 2024
Un extrait captivant qui révèle l’intensité du roman
Sabrina, le saut de l’ange, paru en février 2024, est le deuxième roman de Bruno Le Cun. Ce récit explore les thèmes cruciaux de la radicalisation et de la quête de sens chez les jeunes générations. Le passage suivant en est un aperçu poignant :
« Alors que Yanis, membre des forces spéciales françaises, risque de perdre la vie dans le désert de Syrie, Sabrina, brillante élève en Khâgne, succombe à l’emprise des recruteurs de Daesh. »
Une plongée profonde dans les dilemmes de notre époque
Dans Sabrina – Le saut de l’ange, Bruno Le Cun propose une exploration intense des choix déchirants auxquels est confrontée une génération en quête de sens. Le roman mélange des éléments de passion amoureuse et de radicalisation, offrant ainsi une perspective captivante sur les nuances complexes de la condition humaine. Ce livre est un miroir des dilemmes modernes, où les jeunes sont souvent tiraillés entre des idéaux opposés et des réalités brutales.
Pourquoi lire « Sabrina, le saut de l’ange » ?
Thèmes actuels : Le roman aborde des sujets cruciaux comme la radicalisation, les forces spéciales, et la quête de sens.
Récit immersif : Une histoire qui capte l’attention du lecteur dès les premières lignes.
Personnages profonds : Des protagonistes confrontés à des situations extrêmes, rendant le récit encore plus réaliste et poignant.
Ce qu’en disent les lecteurs
« Une histoire prenante et sans temps mort. Un livre qui se lit d’une traite et dont on a hâte de découvrir la suite. » (Pierre-Jean G.)
« Un roman qui sait aller à l’essentiel sans plonger dans une analyse intellectuelle, politique et sociale; les personnages font des choix de vie et deviennent malgré tout et chacun dans leur genre émouvants et attachants. » (Patrick B.)
» Je viens de finir Sabrina.Je l’ai lu avec beaucoup de plaisir. C’est vraiment bien! « (Christiane P.)
Après « Yémen, du sang sur le sable », Sabrina est le second roman de l’auteur Bruno Le Cun.
Cette semaine je vous présente un extrait de Yémen, du sang sur le sable, un roman paru en septembre 2023.
« Au Nord du Yémen, les luttes acharnées entre les rebelles Houtis et l’armée régulière plongent le pays dans une guerre civile aux conséquences dramatiques. En plein cœur de la capitale, Sanaa, les attentats meurtriers font rage, multipliant les victimes innocentes.
Au Sud, dans le désert, Daesh prend le pas sur Al-Qaida. À Tikrit, raffinerie de gaz naturel liquéfié, Marc Longuet, un jeune cadre d’une société de sécurité, assiste impuissant à des faits qui le marqueront à jamais. Tahira, fille d’un haut fonctionnaire de l’État yéménite, rescapée du printemps arabe, rêve de vivre en Occident. Devra-t-elle suivre son intuition et s’enfuir avec Robert le chef de la sureté à Tikrit ? »
Le livre
Ce roman, fruit de vérités vécues et d’une imagination nourrie par les enjeux contemporains, plonge au cœur de cette nation tourmentée. À travers les yeux de ses protagonistes, il anticipe les crises internationales et explore les tensions profondes qui façonnent le destin d’un pays déchiré entre tradition et modernité, pouvoir et résistance.
Après Faits d’hiver « Yémen, du sang sur le sable » est le premier roman de l’auteur Bruno Le Cun.
Benoit vida son verre et me donna une tape amicale sur le bras. Assis en face de moi, à la terrasse d’un café près de la gare, il m’observait l’air interrogateur :
« On ne va pas vivre chez mes vieux ! Quel ennui ! Je préfère louer une petite mansarde chez l’habitant, au centre de Rome. Qu’en penses-tu ? »
Je sentais son regard empreint de malice, scruter le moindre de mes gestes. Il n’avait pas changé. Grand, le cheveu blond à peine un peu frisé, Benoit plaisait aux femmes autant qu’aux hommes. Beau parleur, un brin hâbleur, bien que cultivé et passionné de littérature — il avait lu tous les livres de la mystérieuse écrivaine Elena Ferrante —, il ne comptait plus les conquêtes féminines. De longues années d’expatriation en Italie — ses parents s’y étaient établis pour raisons professionnelles — lui avaient permis de nouer de nombreuses relations dans le milieu universitaire. La préparation d’un vague diplôme en communication lui servait d’alibi pour naviguer avec une aisance maîtrisée au sein de cette faune frivole et internationale.
Alors, dénicher une chambre au centre-ville et l’aménager pour deux étudiants avait été un jeu d’enfant pour lui.
Il paraissait ravi d’avoir réussi à me convaincre de terminer ma dernière année d’école d’ingénieur en Italie.
Après de fastidieux préparatifs et des formalités administratives harassantes, j’avais enfin obtenu, grâce à lui, mon inscription à l’Université de Rome III. Je parlais la langue avec assurance et la qualité de la vie, ainsi que la richesse culturelle de l’Italie, exaltait ma passion pour ce pays. Je me trouvais à deux pas de la France, là où j’avais abandonné ma mère, seule, dans une grande maison pleine de souvenirs. Elle ne m’avait pas beaucoup aimé. Mon père comptait plus pour elle, et pourtant il l’avait quittée pour vivre autour du monde.
Et puis il y eut Benoit. Un ami, que dis-je ? Un frère pour moi. Il m’avait longtemps accompagné dans ma solitude, remplaçant un géniteur qui s’était envolé et une mère absente.
« Excellente idée » répondis-je, un peu gêné par son entrain envahissant.
Il semblait heureux de me revoir et de me servir de guide.
J’entamais, ainsi, cette dernière année d’école en colocation. Nous logions dans une chambre de bonne d’une trentaine de mètres carrés, aménagée sous les combles d’un immeuble désuet situé à quelques pas de la Gare Termini. Je n’imaginais guère un début d’année universitaire aussi dense. Je suivais les cours d’italien de manière assidue, mais cela me demandait de gros efforts de préparation. Je passais le plus clair de mon temps à travailler, pianotant sans cesse sur mon ordinateur à la recherche d’informations utiles pour mes cours. Benoit, lui, sortait un soir sur deux. Il se désolait de me voir si studieux, me privant de tous les plaisirs qu’une ville comme Rome pouvait offrir à un étudiant célibataire. Il ne comprenait pas mon assiduité. Il ne cessait de me houspiller, de me provoquer en me vantant les délices des nuits romaines.
Et puis un soir, épuisé par ce harcèlement quotidien, je finis par céder. J’acceptai son invitation. Mais je ne pouvais me départir d’une certaine culpabilité. J’appréhendais d’être confronté à cette jeunesse dorée, vouée à une carrière toute tracée dans la haute administration ou dans la diplomatie. Je frémissais à l’idée de me laisser entrainer trop loin. Je craignais de négliger mes études.
« Allez, viens, insistait-il, tu verras, ces gens sont sympas. Pas de chichi, tout le monde se connaît et tu pourras parfaire ton italien… Il y aura pas mal de filles ! »
Quand la noirceur de l’âme s’invite dans la litterature
Pendant les vacances, je me suis plongé dans l’univers de Simenon. Pas dans celui du commissaire Maigret, classique parmi les classiques, mais dans celui de ce que les spécialistes appellent : les romans durs 1 . Les Demoiselles de Concarneau, Les Complices, Le Train de Venise – autant de titres parmi les 117 romans durs parus entre 1931 et 1972, date à laquelle Simenon mit fin à sa carrière romanesque – qui m’ont passionné pendant ces quinze derniers jours. J’avoue ma préférence pour « Les Demoiselles de Concarneau », un récit qui a pour décor la Bretagne profonde du début du XXe siècle. Portrait d’une époque et d’un milieu, celui de la pêche, sur le thème de l’homicide involontaire, qui sert de révélateur au complexe de culpabilité liant le protagoniste à ses deux sœurs : c’est ce complexe, mis à nu, qui détermine l’évolution du drame. L’incipit de ce roman : « Il y avait trop de tournants, et aussi de montées, des descentes pas très longues mais brutales. Il y avait aussi et surtout la question des cinquante francs qu’il fallait résoudre coûte que coûte avant d’arriver à Concarneau. » Ce début d’histoire nous parle, et l’on pourrait dire qu’il revient au lecteur de chercher ce que cela signifie pour lui, ce qui est à comprendre, ou plutôt, ce qui peut être compris à partir de, grâce à, malgré aussi parfois ce qui est dit ou tu. Et quel bonheur de lire, pour un Breton comme moi, la description de la pluie : « Il pleuvait toujours, c’était si fin, si régulier, si monotone qu’on n’avait pas l’impression que l’eau tombait du ciel. Elle était en suspension dans l’air, une poussière d’eau froide qui reliait les pavés mouillés aux nuages. » Pour une fois, prenez les chemins de traverse et lisez ou relisez «les romans durs» de Simenon, ceux où le commissaire n’apparaît pas, ceux au cours desquels il attaque le drame au plus profond et s’affranchit des codes d’une enquête policière par trop contraignants.
Legendes
1 – Le terme « romans durs » est la qualification que l’écrivain belge Georges Simenon, a utilisée pour dénommer ses propres romans dans lesquels le personnage de Maigret n’apparaît pas.
En se promenant dans les rayons des grandes surfaces, des librairies, ou en surfant sur les réseaux sociaux (TikTok), il est impossible de ne pas remarquer les nombreux ouvrages de « new romance1 » qui s’étalent aux yeux du chaland. Titres aguicheurs : Borderline, Dark Romance, Trouble Maker, aux quatrièmes de couverture qui laissent une impression de déjà-vu : une étrange ressemblance avec les romans de la célèbre collection Harlequin. Mais là s’arrête la comparaison.
Si l’histoire d’amour demeure au cœur du récit, l’absence de tabous reste le premier élément de ce genre. Il est hors de question d’édulcorer les scènes de sexe comme le faisait la romance d’autrefois ! Finis les interdits de l’érotisme littéraire, [les lecteurs s’assument et propulsent le genre en tête de gondole des librairies]. La plupart des écrivaines (qui ont souvent recours à des pseudonymes anglicisés) plongent leurs lectrices dans des histoires où les actes sont sexualisés jusqu’à la limite de la toxicité2. Ici, le personnage masculin n’est pas seulement dominant grâce à son âge ou à son argent. Il représente aussi un danger, un interdit. C’est un homme violent qui n’hésite pas à séquestrer, torturer ou même violer sa compagne. Un comportement de prédateur qui n’atténue pas la passion, bien au contraire. Bref, la « new romance » offrirait des fantasmes patriarcaux à ses lectrices adolescentes, une vision unique, hétérosexuelle, hétéronormée du couple.
Mais la « new romance » serait aussi une poule aux œufs d’or pour l’industrie littéraire. Ainsi, « 50 nuances de Grey 3 » (le livre est d’abord connu par son auto-publication sur le site internet de l’auteur) s’est vendu à plus de 125 millions d’exemplaires dans le monde. Les réseaux sociaux, surtout TikTok, sont devenus des acteurs promotionnels décisifs, sur lesquels des influenceuses se livrent une véritable guerre en vantant chaque jour les mérites de dizaines d’ouvrages, engendrant des milliards de vues et de likes à travers la planète ! La new romance compose à elle seule plus de 7% de l’édition française. Bref, une mine d’or qui fait dire à certains psychologues que » le succés de la dark romance s’explique par la banalisation de la pornographie chez les jeunes4 » : « Cette littérature exploite un âge chaotique de la vie… c’est une vision dangereuse du rapport homme-femme qui se propage… »
Sources
Lire magazine
1 – La » new romance » aborde les thèmes du consentement, du désir féminin et de la sexualité.
2 – La « black romance » Une histoire d’amour dans une secte, une mafia ou un gang avec enlèvement, séquestration et violences – psychologiques, physiques ou sexuelles.
3 – Cinquante Nuances de Grey (titre original : Fifty Shades of Grey) est une romance érotique écrite par la romancière britannique E.L. James.
4 – Patricia Mozdan psychothérapeute et conseillère familiale
Rie Kudan lauréate du prix littéraire Akutagawa le 17 janvier 2024 à Tokyo.
ChatGpt et le Prix Akutagawa
Le prix litteraire Akutagawa récompense des nouvelles et des romans courts d’auteurs japonais, débutants, publiés dans des magazines et des journaux. Il est décerné deux fois par an, en janvier et en juillet. Les lauréats reçoivent une montre gousset et un million de yen. L’œuvre primée est successivement republiée dans le magazine Bungeishunjū, puis sous forme de livre, et enfin reprise dans la collection complète des œuvres ayant reçu le prix Akutagawa (Akutagawa-shō zenshū).
Prix littéraire le plus prestigieux et le plus médiatisé du Japon, il est connu pour augmenter les ventes de manière parfois extraordinaire. L’aveu d’une jeune romancière japonaise, Rie Kudan,1 (33 ans) quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour écrire une partie de son livre a suscité un profond malaise parmi les écrivains et les critiques littéraires.
Pour certains, cette révélation représente une menace pour l’intégrité artistique et l’authenticité de l’œuvre littéraire. L’idée qu’une machine puisse contribuer à la création d’une œuvre d’art remet en question le rôle de l’humain dans le processus créatif et soulève des questions éthiques sur la propriété intellectuelle et l’attribution du mérite.
D’autres voient dans cette utilisation de l’IA une évolution naturelle de la création littéraire, une collaboration entre l’homme et la machine qui ouvre de nouvelles perspectives et stimule l’innovation artistique.
En fin de compte, l’aveu de cette romancière japonaise met en lumière les défis et les dilemmes auxquels les écrivains contemporains sont confrontés dans un paysage littéraire en constante évolution, où les frontières entre l’homme et la machine, entre l’art et la technologie, deviennent de plus en plus floues.
Et vous, qu’en pensez-vous?
1« Tokyo-to Dojo-to » : le titre peut se traduire par « La Tour de la compassion de Tokyo«
Choc littéraire, livre-phénomène aux États-Unis, ou… littérature qui se vautre dans une bauge de violences répétées sur une enfant totalement sous l’emprise psychique de son père?
Vous l’auriez certainement deviné, la sortie en 2017 du roman My Absolute Darling de l’auteur G. Tallent a suscité en son temps l’immense enthousiasme du monde littéraire et de la presse en général. Primé à de multiples reprises en France, My Absolute Darling, roman d’apprentissage, raconte l’histoire de Turtle Alveston, âgée de 14 ans, douée d’un savoir-faire peu commun. Son père l’aime plus que tout au monde et il a bien l’intention de la garder à ses côtés envers et contre tous. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.
Superbement traduit par Laura Derajinski, ce récit vous saute à la gorge. Chapitre après chapitre, il emmène le lecteur dans un périple terrifiant, au cours duquel Martin le père apprend à Turtle sa fille comment survivre dans un monde hostile dont la fin ne manquera pas d’arriver dans un futur proche ; où la violence l’emporte partout. Et il le fait dans une ambiance incestueuse où, durant la plus grande partie du livre, l’amour filial n’a jamais remis en cause l’amour paternel qu’il exerce sans aucune limite morale ou sociale.
Et l’écriture ! Une écriture dense et haletante. Un style nouveau, surprenant, parfois difficile qui mélange simultanément l’action, le cadre où elle se déroule, et les pensées de ceux qui les émettent. Ainsi, Turtle s’exprime toujours dans l’action, sans guillemet, de telle sorte que le lecteur se trouve dans le cerveau de l’adolescente au plus près de ses émotions !
Bref, un roman que l’on va aimer ou détester, mais qui ne laisse personne indifférent.
Gabriel Tallent, trad. Laura Derajinski – My absolute darling – Editions Gallmeister Sources: Actualitte; Babelio;