Pierre de Ronsard

Pierre de Ronsard: un poète incontournable de la rentrée littéraire 2024.

La rentrée littéraire de 2024 sera marquée par un hommage incontournable à Pierre de Ronsard, l’une des figures les plus emblématiques de la poésie française. Né en septembre 1524, ce monstre sacré de la littérature célèbre cette année son 500ème anniversaire, une occasion unique pour les primo-romanciers de puiser dans son œuvre une source d’inspiration inépuisable.

Ronsard, souvent qualifié de prince des poètes, a marqué l’histoire par sa maîtrise de formes poétiques modernes telles que le sonnet et l’alexandrin. Ses écrits, empreints d’une profonde réflexion sur la fugacité de la jeunesse, résonnent encore aujourd’hui avec force :

« La jeunesse s’enfuit sans jamais revenir. »

Les principales formes poétiques modernisées par Ronsard :

  • Le sonnet : Cette forme fixe de 14 vers, popularisée par Ronsard, reste l’une des structures poétiques les plus utilisées.
  • L’alexandrin : Ce vers de douze syllabes, que Ronsard a contribué à perfectionner, est devenu un standard de la poésie française.

Bien avant l’avènement des préoccupations écologiques modernes, Pierre de Ronsard s’est élevé contre la destruction des forêts. En 1584, il publie une élégie, connue sous le titre « Contre les bûcherons de la forêt de Gastines », dans laquelle il dénonce la déforestation et exprime une sensibilité rare pour l’époque :

« Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras :
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;
Ne vois-tu pas le sang qui dégoutte à force
Des Nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ? »

La poésie de Ronsard continue d’inspirer, non seulement par son esthétisme, mais aussi par la modernité de ses thématiques. Que vous soyez un lecteur passionné ou un écrivain en devenir, méditer sur les œuvres de Ronsard peut enrichir votre vision et votre compréhension du monde.

Journée du 25 novembre

Je n’ai pas oublié la journée internationale du 25 novembre. Une journée consacrée à la lutte contre la violence faite aux femmes qui, encore aujourd’hui au XXIe siècle, nécessite que des milliers de personnes, courageuses, persévérantes, révoltées, continuent cette lutte qui aurait dû cesser dans ce monde prétendu civilisé.

On trouve sur le site du Ministère de la Culture une explication de l’origine de cette Journée internationale : « Le 25 novembre 1960, trois femmes dominicaines, les sœurs Mirabal, furent assassinées sur les ordres du chef de l’État dominicain. Le 19 octobre 1999, lors de la 54e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, les représentants de la République dominicaine et 74 États membres ont présenté un projet de résolution visant à faire du 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales étant invités ce jour-là à mener des opérations de sensibilisation de l’opinion à ce grave phénomène. »

Face à cette sordide réalité, je voudrais rendre hommage à ces voix féminines intrépides à la plume audacieuse qui transcendent l’oppression par l’art de la poésie. Des voix féminines fortes qui font de la poésie une forme de résistance!

Je voudrais vous présenter Salpy Baghdassian, une poète arménienne née à Alep, qui a fui la guerre en Syrie et réside à Toulouse, où elle continue à écrire en arabe et à traduire de l’arménien.

 Au travers de son recueil intitulé « Quarante Cerfs-volants », qui sont « quarante petits tableaux empreints de simplicité et d’humour, portés par un vent de liberté », Salpy Baghdassarian évoque avec pudeur les violences qui ont traversé sa vie de femme.

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Quarante Cerfs-volants , publié en 2020 aux éditions Lisières et traduit de l’arabe par Souad Labbize.

Une saison en enfer

J’ai toujours pensé que poésie et musique allaient de pair. Alors, quand une star internationale, chanteuse et guitariste punk rock américaine s’associe à notre plus grand poète français, le résultat est émouvant, sensible et inspiré.

Voilà un bel objet que cet ouvrage intitulé « Une saison en enfer » publié chez Gallimard, dans lequel les poèmes d‘Arthur Rimbaud sont illustrés par des photos de Patti Smith, égérie des années 80. ( Because the night) . Obsédée par le poète aux semelles de vent, la chanteuse américaine célèbre les 150 ans du chef-d’œuvre « Une saison en enfer » avec une édition augmentée de textes personnels, de photos, de dessins et d’une sélection de poèmes et de lettres de Rimbaud supplémentaires.

« J’avais seize ans quand je me suis sentie attirée par lui pour la première fois, – écrit-elle en introduction de son livre (page 7) – par l’image de son visage et par ses poèmes qui me déconcertaient et me séduisaient à la fois. Plongée dans leur charme enivrant, j’en ressortais tremblante, sans vraiment me souvenir de ce que je venais de lire. »

Poète, écrivaine, artiste-peintre, et photographe, Patti Smith retrace l’histoire du revolver à six coups – terrible photo en noir et blanc (page 5) –  avec lequel Verlaine blessa au poignet Rimbaud « J’ai tenu le pistolet, balayé la tombe et je me surprends aujourd’hui à être la gardienne du terrain qui appartenait autrefois à sa mère. J’ai été fidèle, toujours mes pas dans les siens, compagne invisible. »

Elle rappelle, également,  « la filiation spirituelle » et « l’affinité poétique » avec Arthur Rimbaud qu’elle partageait avec le jeune Bob Dylan. Elle détaille la vie d’errance du poète-aventurier, ses pérégrinations, de Vienne à l’Abyssinie.

« Les poèmes d’Arthur Rimbaud m’accompagnent depuis toujours », résume Patti Smith. « Ils renferment des traces de son insolence, des souvenirs virulents, des pouvoirs prophétiques, la torpeur sensuelle de la jeunesse. Je les ai lus et relus. »

Voilà un superbe ouvrage, que j’ai découvert récemment, et qui ferait un magnifique cadeau à offrir pour les fêtes de fin d’année! _____________________________________________________________________________

Sources: France-info; Gallimard; Actualitté

Alicia Gallienne

Je viens de ((re) lire le dernier ouvrage de la poétesse Alicia Gallienne, publié aux éditions NRF.

« L’autre moitié du songe m’appartient » m’a littéralement bouleversé.

Alicia, décédée le 24 décembre 1990 à l’âge de vingt ans d’une maladie incurable, a laissé derrière elle une œuvre fulgurante de poésie, d’amour et de profondes introspections. « Dire que je t’aime et je t’attends, c’est encore beaucoup trop de pas assez, » écrit-elle à sa maman, page 56. Que penser d’une telle phrase ? On ressent là l’immense passion pour sa mère, mais également toute l’impuissance à l’aimer pleinement, tant la maladie la ronge et ne lui laisse pas le temps d’aller au bout de son amour. Il y a chez elle comme une urgence de vivre, une vitalité décuplée par un esprit d’une redoutable culture nourri par les plus grands poètes de notre temps : Rimbaud, Cocteau, Éluard, Rilke, mais aussi d’immenses écrivains comme Henry Miller, Marguerite Yourcenar, ou encore Cioran.

« Ses poèmes, bouleversants par leur sens du tragique et leur rude lumière, illuminent et foudroient. Ils lui servent de bouclier et en même temps la secondent dans ses recherches littéraires. « 

« Cela ira

Je n’ai pas peur du noir

Et puis il n’y a pas de vautours

Dans les étoiles » 

Après avoir obtenu une licence en lettres modernes, elle s’inscrira quelques mois avant sa mort en maîtrise à la Sorbonne. Cette jeune femme, cette étoile filante, « à la bouche en cœur aussi sensuelle que charmante« , dira d’elle Guillaume Gallienne, son cousin, nous prouve encore que ‘l’amour est plus fort que la mort’. »

(Préface de Sylvie Nauleau; postface de Guillaume Gallienne);

Réédition Lettre d’information N°21 du 7 décembre 2022 Bruno Le Cun.

Jean Michel MAULPOIX

 
 Jean-Michel Maulpoix, lauréat du prestigieux Prix Goncourt de la Poésie 2022, nous offre une poésie simple, fraîche et légère, ancrée dans le quotidien. Son recueil « Rue des Fleurs » est un véritable hommage à la beauté des petites choses de la vie. Ce livre invite à une immersion sensorielle unique : ses poèmes se lisent, s’écoutent, se respirent, et se voient. 


La nature au cœur de « Rue des Fleurs »

Maulpoix évoque avec finesse les senteurs et les sensations que nous offrent la nature. Il nous transmet l’odeur des arbres « déshabillés de feuilles et d’oiseaux », et nous fait ressentir la terre « qui macère dans son vieux jus ». Sa poésie nous touche profondément par ses subtils agencements de mots, conférant un sens nouveau à la vie quotidienne. Les fleurs, les arbres, les oiseaux silencieux, mais aussi les insectes cocasses peuplent ses vers. L’image de « l’araignée [qui] tombe sans parachute » ou encore celle du « petit vers blanc [qui] fait des trous silencieux » sont autant de métaphores insolites qui nous rappellent la magie du monde qui nous entoure.


Une mélancolie douce et enracinée dans l’instant présent


La tonalité d’ensemble de « Rue des Fleurs » reste fidèle à la mélancolie douce qui caractérise l’œuvre de Maulpoix. Cependant, ici, il s’agit surtout de capturer la beauté des instants ordinaires : « Le rire des convives applaudit / On grignote des morceaux de ciel / Du soleil couchant jusque dans l’assiette / Légers d’épaule et de visage. » 


La poésie, un remède à la souffrance  


Aujourd’hui, la poésie semble avoir disparu de notre quotidien, éclipsée par une actualité trop chargée ou perçue comme trop complexe par certains. Pourtant, ce recueil de Maulpoix est une invitation à redécouvrir cet art littéraire. Jean-Michel Maulpoix nous réconcilie avec la poésie, nous rappelant que celle-ci se niche partout dans la beauté du monde. La poésie, comme le disait Michel Houellebecq, « est un remède à la souffrance », et Maulpoix en est l’illustration parfaite. 


Pourquoi découvrir « Rue des Fleurs » de Jean-Michel Maulpoix ?


Ce recueil est une bouffée d’air frais dans un monde en quête de simplicité et de beauté. « Rue des Fleurs » nous apprend à voir le monde autrement, à apprécier les petits détails, et à trouver du réconfort dans la poésie.

À découvrir absolument ! 

(mise à jour le 16/08/24)