Le film « The Electric State » ( Netflix) met en lumière la chanson emblématique « Mother » du groupe de heavy metal américain Danzig. Fondé en 1987 par le charismatique Glenn Danzig, le groupe s’est rapidement imposé comme une voix unique dans le paysage musical, mêlant heavy metal, blues rock et doom metal, inspiré par les premières œuvres de Black Sabbath. Leur style distinctif et leurs paroles sombres ont captivé un large public, faisant de Danzig un incontournable de la scène rock.
John Brumwell Mayall naît le 9 Novembre 1933 à Macclesfield, une petite ville près de Manchester où il est bercé par les disques de jazz de son père. Profondément original, il fabrique et décore lui-même ses guitares, il vit même un certain temps dans une grande cabane en haut d’un arbre, équipée d’un réfrigérateur et d’un tourne-disques.…
Je viens juste d’apprendre la nouvelle du décès de John Mayall. En écoutant ce vieux 33 tours que j’ai retrouvé au fin fond d’un placard, resté là des années après mon déménagement, j’ai redécouvert avec plaisir John Mayall, le prince du blues anglais. L’album en question est « The Latest Edition », sorti en 1974. Pour les connaisseurs, John Mayall jouait pendant les deux premières années sans batteur, mais sur cet album, il est accompagné, malgré sa jambe dans le plâtre, par un excellent batteur, Soko Richardson.
Récemment, j’ai acquis une platine Bluetooth qui diffuse un son incomparable à travers une vieille enceinte Bose, et cela ajoute à mon plaisir nostalgique.
Par hasard, en surfant sur Internet pour me replonger dans les grands moments de Mayall sur WIKIPEDIA, j’ai découvert que l’artiste nous avait quittés à l’âge de 91 ans le 22 juillet 2024 à Los Angeles ! Moi qui pensais qu’il avait disparu depuis longtemps…
John Mayall a eu une carrière fascinante, influençant des générations de musiciens avec son approche unique du blues. Il était connu pour sa capacité à découvrir de jeunes talents et à les faire briller. Son style de blues électrique et son talent pour composer ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de la musique. Il était non seulement un musicien accompli mais aussi un véritable passionné du blues, explorant constamment de nouveaux territoires musicaux tout au long de sa vie.
C’est avec une profonde tristesse que je rends hommage à cet artiste légendaire qui a marqué tant de vies à travers sa musique sincère et puissante. Que son âme repose en paix.
Connaissez-vous Harmut Rosa? Sociologue et philosophe, Hartmut Rosa est l’un des intellectuels contemporains les plus influents et mondialement connu pour avoir théorisé« l’accélération1 » comme moteur de nos sociétés moderne.
Mais c’est aussi l’auteur d’un livre très original, « No Fear of the Dark,2 » dans lequel il analyse les ressorts, les ambivalences et les potentialités d’un phénomène culturel parmi les plus énigmatiques des dernières décennies : le heavy metal. C’est l’une des musiques les plus populaires au monde bien qu’elle soit diffusée, jouée et écoutée en dehors des réseaux médiatiques dominants.
Le livre se penche sur les raisons pour lesquelles les gens écoutent du metal et sur l’effet que cette musique a sur ses auditeurs. Contrairement à la musique pop, qui cherche souvent l’harmonie, le metal aborde des thèmes comme l’aliénation et la mort de manière directe et palpable, offrant ainsi une forme de résonance existentielle. Des groupes comme Iron Maiden, Metallica, Black Sabbath et AC/DC sont souvent cités pour leur capacité à toucher profondément leurs auditeurs à travers leurs textes et leurs sonorités puissantes. Rosa voit dans le metal une promesse de reconnexion existentielle, permettant à ses fans de trouver une forme de résonance avec le monde qui manque souvent dans d’autres aspects de la vie moderne. (à suivre)
Legendes
1 – Hartmut Rosa reformule la théorie sociale actuelle en décrivant la modernité à partir du phénomène d’accélération sociale, c’est à dire : l’accélération technique : déplacements et communications plus rapides (« rétrécissement de l’espace ») ;l’accélération des changements sociaux : changements plus rapides des habitudes et des modes (« rétrécissement du présent ») ;l’accélération du rythme de nos vies : impression de manque de temps permanent.
2 – « No fear of Dark » fait référence à la chanson « Fear of the Dark » (peur du noir) d’Iron Maiden.
Dans son remarquable ouvrage « In Vinyle Veritas« , Patrick Betaille souligne dans son avertissement au lecteur que : « Musique et langages picturaux ont toujours fait l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs […] À plus forte raison quand mélodies et images s’unissent pour traduire le ressenti des peuples. »
Une façon élégante d’évoquer le phénomène de censure musicale outre-atlantique de certaines pochettes de disques – illustrée par la célèbre phrase de Platon si tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique (La république) 1 – qui a régulièrement pointé le bout de son nez depuis les années cinquante ou « …la musique populaire devient source d’une nouvelle forme d’expression culturelle. »
Bien que l’attention des pouvoirs publics ait pratiquement cessé depuis l’avènement des disques compacts, elle persiste et semble même s’intensifier en ce qui concerne les livres et la littérature aux États-Unis.
D’après l’American Library Association2 (ALA), la censure, présente depuis plusieurs décennies déjà avec des cas documentés dès les années 1950, a connu une recrudescence significative de +17 % entre 2016 et 2020. Les évolutions politiques, au niveau national ainsi que l’arrivée de nouvelles administrations locales, ont contribué à renforcer les initiatives de pression dans ces États. Plusieurs d’entre eux – notamment le Texas, la Floride et l’Idaho – ont mis en place des politiques d’interdiction de livres dans les écoles et les bibliothèques. Des groupes religieux ou communautaires peuvent également exercer des pressions sur ces établissements pour retirer des livres qu’ils jugent offensants ou inappropriés. L’ALA a recensé 1 247 demandes de censure de livres, de matériels et de ressources de bibliothèque en 2022. Parmi les œuvres visées, aux contenus dits sensibles pour les jeunes lecteurs (descriptions de violence, de sexualité, de discrimination raciale, ou des idées politiques controversées), 47 % mettaient en avant les voix et les expériences des personnes LGBTQIA+3 et BIPOC (Noirs, Autochtones et personnes de couleur).
Selon PEN America4 , « Les deux dernières années (2021/2023) ont été marquées par une attaque indéniable et sans précédent contre la liberté d’expression dans l’enseignement public. Ainsi 2 598 auteurs et illustrateurs ont été censurés, 5 984 livres interdits et la liste ne cesse de s’allonger 5.
En résumé, bien que la censure des livres aux États-Unis soit un phénomène ancien, elle continue de susciter des préoccupations croissantes, avec un nombre accru de plaintes signalées ces dernières années, notamment dans les bibliothèques.
Sources
1 – Extrait de « In Vinyle Veritas« – Patrick Betaille.
2 – L’American Library Association (ALA) est un organisme professionnel à but non lucratif basé à Chicago aux États-Unis, qui encourage au niveau international la mise en place et l’amélioration des bibliothèques ainsi que l’éducation via les bibliothèques.
3 –LGBTQIA+ signifie :Lesbienne,Gay,Bisexuelle, Transexelle, Queers, Intersexuélle, Asexuelles, et le + inclut les nombreux autres termes désignant les genres et les sexualités.
4 – PEN America se situe à l’intersection de la littérature et des droits de l’homme pour protéger la liberté d’expression aux États-Unis et dans le monde.
5 – Liste des 10 livres les plus censurés aux États-Unis:
« To Kill a Mockingbird » par Harper Lee (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur)- Ce classique de la littérature américaine a été censuré dans plusieurs écoles pour son traitement des questions de race et de racisme.
« The Bluest Eye » par Toni Morrison (L’oeil le plus bleu) – Ce roman a été fréquemment contesté en raison de son exploration des thèmes de la sexualité, de la race et de la violence.
« The Catcher in the Rye » par J.D. Salinger (L’attrape coeur) – Ce livre a été censuré pour son langage vulgaire, son traitement de la sexualité et ses thèmes de désillusion adolescente.
« Of Mice and Men » par John Steinbeck (Des souris et des hommes) – Ce roman a été critiqué pour son langage et ses thèmes de violence, de racisme et de sexualité.
« The Color Purple » par Alice Walker (La couleur pourpre) – Ce roman a été censuré en raison de ses thèmes de sexualité, de violence et de racisme.
« Brave New World » par Aldous Huxley (Le meilleur des mondes) – Ce livre a été censuré pour son traitement des thèmes de la sexualité, de la drogue et de la critique sociale.
« The Adventures of Huckleberry Finn » par Mark Twain (Les Aventures de Huckleberry Finn)- Ce classique de la littérature américaine a été critiqué pour son langage raciste et son traitement des questions de race.
Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que les événements passent trop vite!
« J’ai la mémoire qui flanche J’me souviens plus très bien1… «
…des moments d’actualité qui défilent sur l‘écran blanc de mes jours noirs.
Armando Anthony Corea
Alors quand , par hasard, j’ai entendu à la radio un morceau de piano jazz, si limpide, si reposant, j’ai revu en image dans ma tête les concerts de… Chick Corea.
Et je me suis souvenu que le 9 février 2021, Chick Corea, légende américaine du Jazz, nous quittait à l’âge de 79 ans.
J’ai alors réalisé que cet immense interprète avait joué avec les plus grands, avant de devenir un pianiste de renommée internationale lui-même. C’est un soir de 1968 : une rencontre. Chick Corea se rend au club de jazz Birdland où il voit le trompettiste Miles Davis et le saxophoniste John Coltrane interpréter: Les feuilles mortes. C’est un choc. « Après ça, (…) pourquoi voudrais-je étudier l’histoire de la civilisation occidentale? », dira-t-il, dans un sourire. La musique ne s’arrêtera jamais plus. Chick Corea, c’était une envie insatiable de jouer, de créer, se renouveler. « Toute sa carrière était traversée par la vitalité. La dernière fois où il est apparu sur scène en France c’était un jeune homme qui s’exprimait (…) Chick Corea apportait la joie, une façon de faire de la musique avec un énorme sourire et un énorme rire, parfois. »dira de lui le producteur et critique musical Alex Dutilh.
L’auteur de « Spain » et « 500 miles high » était, avec Herbie Hancock et Keith Jarrett, l’un des pianistes les plus influents du XXe siècle.
Quel est le prix Goncourt 2021?
Et de fil en aiguille je me suis interrogé sur le prix Goncourt, et plus particulièrement celui de 2021. Savez-vous quel écrivain a été récompensé?
C’est un jeune auteur sénégalais Mohamed Mbougar Sarr qui emporte le prix Goncourt avec son roman La plus secrète mémoire des hommes , coédité par Philippe Rey et Jimsaan, éditeurs sénégalais. Il raconte l’histoire d’un auteur (Diégane Latyr Faye, le double de l’écrivain) en quête de l’œuvre ultime, qui est à la fois le livre en train de s’écrire et l’objet de son intrigue : la recherche du roman parfait, paru en 1938, qui après un bref scandale disparaît de la mémoire des hommes. « Et ce livre total – entremêlant journal, correspondance, essai, document, roman initiatique – est l’histoire de la quête de la Littérature à l’intérieur de l’histoire de la littérature en train de se faire, entre l’Afrique et Paris.2«
Sources
1- « J’ai la mémoire qui flanche » de Jeanne Moreau sur des paroles de Cyrus Serge Rezvani
2- Extrait de BRÈVES DE LA BNF /DÉPARTEMENT LITTÉRATURE ET ART
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