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Quand la noirceur de l’âme s’invite dans la litterature
Pendant les vacances, je me suis plongé dans l’univers de Simenon. Pas dans celui du commissaire Maigret, classique parmi les classiques, mais dans celui de ce que les spécialistes appellent : les romans durs 1 .
Les Demoiselles de Concarneau, Les Complices, Le Train de Venise – autant de titres parmi les 117 romans durs parus entre 1931 et 1972, date à laquelle Simenon mit fin à sa carrière
romanesque – qui m’ont passionné pendant ces quinze derniers jours.
J’avoue ma préférence pour « Les Demoiselles de Concarneau », un récit qui a pour décor la Bretagne profonde du début du XXe siècle. Portrait d’une époque et d’un milieu, celui de la pêche, sur le thème de l’homicide involontaire, qui sert de révélateur au complexe de culpabilité liant le protagoniste à ses deux sœurs : c’est ce complexe, mis à nu, qui détermine l’évolution du drame.
L’incipit de ce roman : « Il y avait trop de tournants, et aussi de montées, des descentes pas très longues mais brutales. Il y avait aussi et surtout la question des cinquante francs qu’il
fallait résoudre coûte que coûte avant d’arriver à Concarneau. » Ce début d’histoire nous parle, et l’on pourrait dire qu’il revient au lecteur de chercher ce que cela signifie pour lui, ce qui est à comprendre, ou plutôt, ce qui peut être compris à partir de, grâce à, malgré aussi parfois ce qui est dit ou tu.
Et quel bonheur de lire, pour un Breton comme moi, la description de la pluie : « Il pleuvait toujours, c’était si fin, si régulier, si monotone qu’on n’avait pas l’impression que l’eau tombait du ciel. Elle était en suspension dans l’air, une poussière d’eau froide qui reliait les pavés mouillés aux nuages. »
Pour une fois, prenez les chemins de traverse et lisez ou relisez «les romans durs» de Simenon, ceux où le commissaire n’apparaît pas, ceux au cours desquels il attaque le drame au plus profond et s’affranchit des codes d’une enquête policière par trop contraignants.
Legendes
1 – Le terme « romans durs » est la qualification que l’écrivain belge Georges Simenon, a utilisée pour dénommer ses propres romans dans lesquels le personnage de Maigret n’apparaît pas.
