
Clohars Carnoët
Il y a des jours où le spleen vous rend nostalgique, des moments où le besoin de retrouver des endroits bienveillants se fait sentir. Des lieux qui nous ont accueillis avec chaleur lorsque nous n’étions que des enfants. Un petit bout de terre qui nous replonge dans l’atmosphère douce de notre jeunesse.
Pour moi, ce coin magique se trouve en Bretagne, plus précisément dans le village de Clohars-Carnöet (Kloar).
J’aime ce petit village au nom singulier, niché au fond du Finistère, au bout du monde, entre ciel et mer.
J’aime les gens d’ici, enracinés depuis des générations dans cette crique de tranquillité, à mi-chemin entre paysannerie et pêche. Ils accueillent simplement les étrangers de passage et les artistes d’autrefois.
J’aime les senteurs iodées venant de l’océan, le va-et-vient langoureux de l’écume sur le sable mouillé, et le cri des mouettes dans le vent azuré. Le sentier des contrebandiers, qui serpente le long des falaises abruptes, cache dans ses failles de pierre des recoins secrets où la mer, avide d’algues et de goémon, s’engouffre avec force.
Et puis, Gauguin, venu ici à Clohars-Carnöet, s’imprégner des couleurs et des parfums de ce pays, exprimer ce qu’il ressent plutôt que ce qu’il voit.
Que dire de ces moments inoubliables, au crépuscule, quand tout s’arrête et qu’on partage une douzaine d’huîtres plates, fraîchement pêchées dans le Belon, ce petit fleuve qui court le long de la côte ?
