IL DÉSERTE

En 1962, le journaliste Georges de Caunes, figure emblématique des médias français, a entrepris une aventure audacieuse : vivre en solitaire pendant un an sur l’île déserte d’Eiao, dans l’archipel des Marquises, accompagné uniquement de son chien. Inspiré par le célèbre roman « Robinson Crusoé », il souhaitait explorer les limites de la liberté et de la solitude.

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Entretien avec Jean-Denis PENDANX

Billère 2024 – Jean-Denis Pendanx, illustrateur et dessinateur de BD renommé, est le président d’honneur du 15ème Festival de la BD à Billère (64140). Il y présente sa dernière bande dessinée, L’œil du marabout (Éditions Daniel Maghen, 2024). Dans cet ouvrage captivant, il raconte l’histoire de Nialony et de son frère Georges, qui traversent ensemble les épreuves d’un pays, le Soudan du Sud, en pleine guerre civile. Pour marquer la sortie de cette œuvre très attendue, le festival a tenu à l’inviter comme hôte principal. Sa présence a dynamisé l’événement, alternant entre séances de dédicaces et ateliers de dessin en direct. Litterasphère a eu l’opportunité de s’entretenir avec lui.

Question: Pouvez-vous parler de votre dernier ouvrage, « L’Œil du Marabout », en quelques mots pour les lecteurs et lectrices de Litterasphere?

Réponse: C’est une histoire, une fiction documentaire, un mélange de fiction et de réalité. On est parti d’une invitation par l’UNICEF, dans le camp de Bentiu qui se situe au nord du Soudan du Sud, pays en pleine guerre civile. En 2016, l’UNICEF m’a invité à faire des ateliers avec les personnes déplacées là-bas, enfants et adultes. Un atelier test qui ne s’est jamais fait auparavant, pour voir comment les gens réagiraient, afin de les sortir un peu de leur quotidien vraiment difficile et ennuyeux.

On s’est dit : pourquoi ne pas utiliser le dessin pour faire travailler, tout en s’amusant, ces personnes déplacées… Ça a été extraordinaire. Ils étaient super assidus aux ateliers, revenaient nombreux le lendemain, et on a vu beaucoup de personnes impliquées dans tous les projets. Voila. Séjour très court, mais je sais que cela va durer sans moi.

Question : Est-ce que vous avez un rite particulier ou une attitude particulière lorsque vous commencez à dessiner ?

Réponse: Alors non, je n’ai pas d’habitude particulière… pas vraiment. C’est surtout l’activité au travail, bosser, bosser! Pendant des années, quand j’étais à Bordeaux, et maintenant que je suis à la campagne, j’ai renoué avec des ateliers. Je sortais de la maison chaque matin, et on travaillait jusqu’à 19 heures. D’autres travaillaient chez eux aussi le soir. C’étaient des journées de 12 heures. Cela m’est arrivé, pendant des mois, de travailler 10 heures par jour et même le week-end. C’est beaucoup de travail, on ne s’en rend pas compte. Le seul rituel, c’est le café… Sinon, je n’ai pas de rituel particulier. Un bon café et au boulot!

Question : Quels conseils donneriez-vous à un enfant, un adulte, enfin à quelqu’un qui veut se lancer dans la BD ou qui est déjà intéressé par la BD ?

Réponse : Eh bien, de lire beaucoup ! Lire beaucoup de BD de styles différents, trouver sa voix… Redessiner les personnages qui inspirent (redessiner les dessins des autres) puis créer des personnages de mémoire, même si ce n’est pas parfait. Il faut faire et refaire, faire et refaire des croquis. Aller à l’extérieur pour dessiner avec les élèves et retranscrire ce qu’ils voient.

Il y a des écoles de BD, c’est rare, mais il existe des écoles d’art graphique, d’image, d’illustration, de dessin publicitaire. Il y a aussi des recherches de personnages pour jeux vidéo ou dessins animés. L’idéal, c’est d’être polyvalent dans ces métiers du dessin, car il n’y a pas que la BD. Par exemple, faire du dessin animé. Un ami m’a appelé pour remplacer quelqu’un dans le dessin animé pendant un an.

Il faut être curieux, lire des mangas mais aussi des BD franco-belges plus classiques. La bande dessinée s’est démocratisée techniquement. Voilà.

Propos recueillis par Litterasphère.


« En avril 2016, l’UNICEF m’invitait au Soudan du Sud pour des ateliers de dessins dans le camp de déplacés de Bentiu, au nord du pays. Je suis heureux d’avoir pu mettre des images sur ce souvenir fort […] Le conflit demeure, le camp aussi, mais un cessez-le-feu perdure depuis cinq ans. J’ai bon espoir qu’ils voient la fin de cette guerre fratricide et vivent un jour dans un pays en paix et définitivement sans miradors. »

Jean-Denis Pendanx

Billère en bulles

Nichée entre les montagnes des Pyrénées et les bords du Gave, Billère s’apprête à accueillir un événement qui ravira les passionnés de bande dessinée : la 15e édition du Festival BD Pyrénées à Billère !

Depuis 2021, le festival se déroule au Sporting d’Este. Cette année, il aura lieu du 7 au 9 juin 2024. Plus qu’un simple rassemblement, ce rendez-vous est une célébration de la créativité et de l’imaginaire, où se côtoient auteurs de renom et jeunes talents prometteurs. Cette manifestation du 9e art, organisée par l’association Pichenettes , transforme chaque année cette ville en un véritable sanctuaire pour les amoureux de bulles et de cases!

  1. Programme et activités :
    • Des ateliers créatifs, pour petits et grands, permettant de découvrir les secrets de la création d’une bande dessinée.
    • Des soirées spectacles animées par l’atelier CROC EN JAMBE (médiathèque d’Este) et la Compagnie CRAZY COMICS PUPPETS (Spectacle de marionnettes monté par l’auteur de BD Michel Rodrigue, mettant en scène des personnages de BD).  .
    • Des séances de dédicaces offrant des moments privilégiés de rencontre avec vos auteurs préférés.
  2. Invités et Auteurs présents:
  • Présentation de quelques auteurs vedettes, comme La Jeanette alias Marion, auteure de Grandir rue monde, Alexis HORELLOU auteur de Lulien et biens d’autres encore!
  • Et bien sûr l’invité d’honneur Jean Denis PENDANX, avec l’oeil du marabout, inspiré d’un voyage en Afrique de l’Est en 2016.

Jean-Denis Pendanx est né en 1966. Il vit à Bordeaux.1
Après des études d’arts graphiques, il débute sa carrière en tant qu’illustrateur de magazines de jeux de rôles et de livres pour la jeunesse (Père Castor, Flammarion, Magnard, Mango…).
En 1991, il publie son premier album, Diavolo sur un scénario de Doug Headline, aux Éditions Zenda.
En 1993, paraît le premier volume (sur quatre) de Labyrinthes, co-scénarisé par Dieter et Serge Le Tendre, aux Éditions Glénat.
En parallèle, il travaille pour le dessin animé (Corto Maltese). Il adapte avec son auteur, Alain Brezault, le roman Les Corruptibles (Glénat).
2006. Changement de style, changement d’éditeur, il signe avec Christophe Dabitch Abdallahi, Prix de la Bande Dessinée aux Rendez-Vous de l’Histoire à Blois (2 tomes parus, Futuropolis).
2008. Premier volume du triptyque Jeronimus, toujours avec Christophe Dabitch (3 tomes parus, Futuropolis). Prix Mémoire de la mer, Corderie Royale de Rochefort, 2012.
En 2013, il débute sa collaboration avec Stéphane Piatzszek avec qui il publie trois récits.
2017. Au bout du fleuve est son premier récit en tant qu’auteur complet. Découvrez le blog de l’auteur : http://jeandenispendanx.blogspot.fr/

Sources

1 – Extrait d’un article des Editions Futuropolis.

#bandedessinée

Un jour, un artiste Joann Sfar

ActuaLitté

Une fois n’est pas coutume, je commencerai cette année par vous présenter non pas un roman ( dont je vous parlerai dans les prochains articles), mais une bande dessinée, illustrée par Joann Sfar.

 Auteur, romancier et réalisateur français, Joann Sfar, figure de proue d’une génération de dessinateurs qui réinventa le langage de la bande dessinée dans les années 1990, signe ses premiers projets à L’Association, Delcourt et Dargaud.

Joann Sfar que j’avais découvert plutôt comme metteur en scène du film Gainsbourg, vie héroïque (avec Eric Elmosnino et Jane Birkin ), explore dans son dernier ouvrage Les Idolâtres, les profondeurs de son passé et de son enfance, particulièrement marqué par le décès de sa mère. Un événement qui a laissé un vide considérable dans son existence. Cette histoire devient ainsi une forme de thérapie, où il revisite les moments clés de sa vie, entre la perte de sa mère et son engagement intense dans la création artistique. 

Cet ouvrage présente un intérêt significatif à deux niveaux. Tout d’abord, le style de Sfar se distingue par son refus de compromettre l’énergie du moment au profit de la recherche d’un « beau dessin ». Son trait est, en effet, dynamique, très stylisé, parfois caricatural. De plus, similaire à l’approche utilisée dans Le chat du rabbin, l’harmonie entre le graphisme du texte et celui du dessin est frappante, créant ainsi une impression que l’ensemble est façonné « de la même plume ». En somme, il s’agit d’une sorte de roman dessiné, où l’écriture et le dessin s’entremêlent de manière cohérente pour offrir une expérience artistique complète. Je comparerai son style à celui de Riad Satouf et de son oeuvre L’arabe du futur.

Les Idolâtres, est le dernier ouvrage (208 pages) de Joann Staff, paru le 26/01/24 et publié chez Dargaud.