
Lutte contre la violence faite aux femmes
Je n’ai pas oublié la journée internationale du 25 novembre. Une journée consacrée à la lutte contre la violence faite aux femmes qui, encore aujourd’hui au XXIe siècle, nécessite que des milliers de personnes, courageuses, persévérantes, révoltées, continuent cette lutte qui aurait dû cesser dans ce monde prétendu civilisé.
On trouve sur le site du Ministère de la Culture une explication de l’origine de cette Journée internationale : « Le 25 novembre 1960, trois femmes dominicaines, les sœurs Mirabal, furent assassinées sur les ordres du chef de l’État dominicain. Le 19 octobre 1999, lors de la 54e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, les représentants de la République dominicaine et 74 États membres ont présenté un projet de résolution visant à faire du 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales étant invités ce jour-là à mener des opérations de sensibilisation de l’opinion à ce grave phénomène. »
Face à cette sordide réalité, je voudrais rendre hommage à ces voix féminines intrépides à la plume audacieuse qui transcendent l’oppression par l’art de la poésie. Des voix féminines fortes qui font de la poésie une forme de résistance!
Je voudrais vous présenter Salpy Baghdassian, une poète arménienne née à Alep, qui a fui la guerre en Syrie et réside à Toulouse, où elle continue à écrire en arabe et à traduire de l’arménien.
Au travers de son recueil intitulé « Quarante Cerfs-volants », qui sont « quarante petits tableaux empreints de simplicité et d’humour, portés par un vent de liberté », Salpy Baghdassarian évoque avec pudeur les violences qui ont traversé sa vie de femme.
Mes éclats de dents
sous l’oreiller
la fée les remplacera
par de l’amour
***
Les murailles que tu élèves
pour ma sécurité
servent à lâcher sur moi
tes loups
***
L’amour
est tombé de balançoire
s’est fracturé un bras
quand je t’ai vue la première fois
Après la première gifle
la balançoire s’est effondrée
sur l’amour
l’a écrasé
***
Quarante Cerfs-volants , publié en 2020 aux éditions Lisières et traduit de l’arabe par Souad Labbize.
