Louise Glück

L’autrice américaine Louise Glück est décédée le vendredi 13 octobre 2023 à l’âge de 80 ans, à Cambridge, dans le Massachusetts, des suites d’un cancer. Cette poétesse, qui avait reçu en 2020 le Prix Nobel de Littérature pour l’ensemble de son œuvre, peu connue et jamais traduite en France, a publié seize recueils entre 1968 et 2014 et obtenu le prix Pulitzer de poésie en 1993.

Pierre Assouline, écrivain français et membre de l’académie Goncourt, déplore sur Franceinfo l’absence d’un « vrai statut » pour la poésie en France. « Il y a de vrais poètes qui ont été glorifiés et consacrés par le Prix Nobel parce qu’en Suède et en Scandinavie, la poésie a un vrai statut », affirme Pierre Assouline. « C’est le cas aussi en Italie, où les poètes sont invités dans des grandes salles de 1 000 personnes pour lire leur poésie, c’est impensable en France », regrette le membre de l’académie Goncourt. « Malheureusement, dans l’exception culturelle française, il y a aussi cela ».

Je me suis livré à une petite étude sur la place de la femme, poétesse, française dans la littérature de notre pays. Je suis allé consulter la multitude de prix consacrés à cette activité et notamment les plus prestigieux comme le prix Goncourt et le prix Nobel.

Les résultats sont édifiants!

Pour ce qui concerne le prix Goncourt de la poésie (créé en 1985 et décerné chaque année par l’académie en marge du prix Goncourt), sur 34 lauréats seules 4 femmes ont été primées, soit un peu plus de 11 % ! (et deux Françaises, Andrée Chédid et Vénus Koury, (née au Liban); même disparité pour le Goncourt, qui a vu le jour en 1903 : à peine 10 % de femmes primées. Treize lauréates couronnées, dont les deux dernières furent Leïla Slimani (2006) et Brigitte Giraud (2022), sachant que de grandes écrivaines telles que Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, Hélène Bessette, Françoise Sagan ou Annie Ernaux n’ont jamais eu le Goncourt ! Et que dire de tous les autres événements ! À part le prix des lectrices d’Elle (52 % de femmes) et le Fémina (37 %), sur la dizaine de prix octroyés tous les ans, le pourcentage de femmes récompensées se situe en dessous des 32 % ! Le prix Nobel de littérature ne donne pas de meilleurs résultats ! Dix-sept femmes sur 119 lauréats (14 %), dont Louise Gluck et, quand même, notre Nobel nationale Annie Ernaut en 2022 ! D’aucuns diront que le millésime 2022 fait la part belle aux auteures françaises puisqu’elles se sont vu décerner le Goncourt (Brigitte Giraud) et le Nobel (Annie Ernaut).

Mais si depuis 2000, le nombre de femmes primées a bondi, des biais de genre persistent, et pour ma part, je constate qu’en littérature comme dans de nombreux domaines, la parité n’est pas encore pour aujourd’hui !

Sources: France Info; ActualiTTé

Jean Michel MAULPOIX

 
 Jean-Michel Maulpoix, lauréat du prestigieux Prix Goncourt de la Poésie 2022, nous offre une poésie simple, fraîche et légère, ancrée dans le quotidien. Son recueil « Rue des Fleurs » est un véritable hommage à la beauté des petites choses de la vie. Ce livre invite à une immersion sensorielle unique : ses poèmes se lisent, s’écoutent, se respirent, et se voient. 


La nature au cœur de « Rue des Fleurs »

Maulpoix évoque avec finesse les senteurs et les sensations que nous offrent la nature. Il nous transmet l’odeur des arbres « déshabillés de feuilles et d’oiseaux », et nous fait ressentir la terre « qui macère dans son vieux jus ». Sa poésie nous touche profondément par ses subtils agencements de mots, conférant un sens nouveau à la vie quotidienne. Les fleurs, les arbres, les oiseaux silencieux, mais aussi les insectes cocasses peuplent ses vers. L’image de « l’araignée [qui] tombe sans parachute » ou encore celle du « petit vers blanc [qui] fait des trous silencieux » sont autant de métaphores insolites qui nous rappellent la magie du monde qui nous entoure.


Une mélancolie douce et enracinée dans l’instant présent


La tonalité d’ensemble de « Rue des Fleurs » reste fidèle à la mélancolie douce qui caractérise l’œuvre de Maulpoix. Cependant, ici, il s’agit surtout de capturer la beauté des instants ordinaires : « Le rire des convives applaudit / On grignote des morceaux de ciel / Du soleil couchant jusque dans l’assiette / Légers d’épaule et de visage. » 


La poésie, un remède à la souffrance  


Aujourd’hui, la poésie semble avoir disparu de notre quotidien, éclipsée par une actualité trop chargée ou perçue comme trop complexe par certains. Pourtant, ce recueil de Maulpoix est une invitation à redécouvrir cet art littéraire. Jean-Michel Maulpoix nous réconcilie avec la poésie, nous rappelant que celle-ci se niche partout dans la beauté du monde. La poésie, comme le disait Michel Houellebecq, « est un remède à la souffrance », et Maulpoix en est l’illustration parfaite. 


Pourquoi découvrir « Rue des Fleurs » de Jean-Michel Maulpoix ?


Ce recueil est une bouffée d’air frais dans un monde en quête de simplicité et de beauté. « Rue des Fleurs » nous apprend à voir le monde autrement, à apprécier les petits détails, et à trouver du réconfort dans la poésie.

À découvrir absolument ! 

(mise à jour le 16/08/24)