L’étreinte des Titans

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Le Printemps des Poètes touche à sa fin. Durant cette période, je me suis investi dans la composition d’un recueil de poèmes intitulé : « L’Étreinte des Titans ». Les thèmes principaux tournent autour du déchaînement des éléments — vent, mer — vécu lors d’une grande tempête sur la côte Basque. Dans mon imaginaire, ces éléments se rencontrent, fusionnent et donnent naissance à Gaïa, la Terre. Mais ont-ils donné naissance à un monstre ?

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Bruits de vers

Le Printemps des Poètes 2025 célèbre sa 27ème édition du 8  au 24 mars 2025!

Bruits de vers

Écoute, mon enfant, le chant de l’univers                                                                                            Résonner dans ma tête comme un cri de verre.                                                                                                Et la rime qui tisse des fils de lumière
Se brise sur la grève en mille éclats de vers.

Prends garde mon enfant ; ne crois pas ceux qui pensent
Qu’il soit possible de vivre sans poésie !

(Bruno Le Cun-« Errances »; extraits)

Un jour, un poème.

C’est là que je suis né sans doute

Et que tu m’as pris dans les bras,

Aux confins de toutes ces routes

Aux senteurs de jacarandas.

*

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Berceau de mon enfance

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Accorde-moi ta clémence!

*

À travers les yeux de ma mère, 

J’ai vu tes sourires confus,

Et compris pourquoi je suis fier

Que coule dans mes veines nues,

Le sang de mes frères lointains,

D’un peuple si proche-Orient,

Ce Liban qui se meurt en vain 

Et que plus personne n’entend !

*

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Las, je crains tes déroutes.

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Je n’ai plus aucun doute .

*

Je sais, maintenant, qui je suis :

Ton fils qui désormais redoute,

De te perdre au bout de tes nuits,

Tout tremblant au bord de la route.

Et je meurs de t’avoir laissée

Toute seule avec tes chimères,

Et n’ai pas su te protéger

Du chaos de toutes ces guerres !

*

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Berceau de mon enfance

Beyrouth, Ô Beyrouth,

Je n’ai plus aucun doute .

(Bruno Le Cun – Extrait d’un recueil de poésies en cours…)


Été 2024: Voyages (6)

Cette semaine je vous présente un extrait de Voyages, un recueil de poésies paru en 2020.

« La poésie, pour moi, c’est l’art du souvenir. Elle permet ce lent phénomène du retour sur soi, de la recherche des émotions au plus profond de notre âme. Les sensations, les images, les odeurs sont là, tapies au creux de notre être. 

Au poète de les chercher et de les transcrire directement comme elles lui viennent à l’esprit. À lui de trouver le parfait équilibre entre les mots et les sons afin de toucher son lecteur, et de l’amener au-delà du « plafond de verre ». 

Il doit s’imprégner totalement des plus petits événements de la vie au risque de s’y perdre et de ne plus savoir s’ils proviennent de son expérience ou du vécu de l’autre.

 Alors, il ne joue plus avec les phrases. Il n’est plus qu’un instrument par lequel La Poésie s’exprime à travers lui, primaire et intime. Il voyage au gré de ses sensations, par delà les contrées parfois lointaines, parfois voisines et petit à petit il traduit son ressenti. Les amours blessées, les femmes délaissées, les vieillards abandonnés. »

Voyages-Poésies.

Bruno Le Cun

40 pages – 13 €

Editions du net


Je suis comme une éponge 

Qui plonge dans les songes

De la ville qui rêve endormie

Jusqu’au bout de sa nuit

De ces hommes et ces femmes

J’aspire toutes leurs âmes

Je me nourris de leurs ennuis

Qui transpire de leur vie

Et prospère sur cette matière

Que je digère 

Je suis un faussaire

Qui sous mes faux airs

De poète et d’artiste

Quitte la piste

Celle du génie prometteur

Paralysé par la peur

D’être un jour découvert

Comme un vil imposteur

Je ne suis qu’une éponge 

Qui plonge dans les mensonges

De ceux qui savent, alors que je ne sais rien

De ceux qui créent, alors que je ne vaux rien

Et suce leur substantifique moelle

Comme un vaurien sur une balancelle

Un saurien qui s’allonge et plonge

Dans de noirs marécages qui me rongent

Comme une glu qui colle à ma peau

Comme, sous sa mère, tète l’agneau

Je me repais de cette trouble substance

Et compose des stances en souffrance.

Tu écris avec la lumière

Des illusions d’amour

Sur des vitres sans tain. 

Tu dessines de tes doigts

Des arabesques glacées

Sur des carreaux aveugles.

Au fil de tes pensées

Sur les vitres embuées 

Tu esquisses la vie qui change,

Et les nuages qui se mélangent.

Tu souffles à perdre haleine

Sur des miroirs abandonnés

Une fine buée de gouttelettes

Qui  révèle la détresse d’un  visage,

Les reflets de toutes les âmes

Que tu figes pour l’éternité 

Toi le faiseur d’images.


Murée dans un silence révélateur,

Jeanne prie le seigneur, pauvre pêcheur.

Seule à genoux, elle lève les yeux

Vers la toute-puissance de son Dieu.

De ces actes, ô combien impardonnables

Ce n’est pas Lui le seul coupable.

Mais la triste secte de ses serviteurs

Prêtres, abbés curés inquisiteurs. 

Ceux-là ont fait vœu de célibat,

Pour mieux cacher vos ébats.

Alors que vous agnelles sacrifiées

Vous ne fîtes que vœu de chasteté. 

Quelle abomination de pécher par amour,

Quand sur terre l’homme de Dieu, triste vautour

Te caresse pour ses besoins satisfaire

Et t’envoie ainsi rejoindre Lucifer. 

Alors Jeanne pleure le Seigneur,

Écartelée entre sa foi et son bonheur.

Seule à genoux, son pardon elle implore

Quand sa seule délivrance est la mort.

Été 2024: Errances (5)

Cette semaine je vous présente un extrait de Errances, un recueil de poésies paru en 2023.

« Bien plus qu’un simple recueil de poèmes, « Errances » est un véritable voyage au-delà des frontières, où l’on vagabonde dans les méandres des cœurs et des esprits, unissant les destinées de ceux qui cherchent une terre nouvelle et ceux qui cherchent la vérité intérieure. C’est à la fois un cri de rage, de souffrance, d’impuissance, mais aussi un dialogue subtil entre l’homme et l’univers qui résonne au plus profond de notre conscience. C’est une invitation à la découverte de soi et de l’autre, dans ce périple intérieur où l’errance devient un pont entre les âmes. »

Errances-Poésies.

Bruno Le Cun

82 pages –

Editions du net


Peuples ! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres Le germe qui n’est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme. Dieu parle à voix basse à son âme Comme aux forêts et comme aux flots.

(La Fonction du poète. V.HUGO)

Écoute, mon enfant, le chant de l’univers Résonner dans ma tête comme un cri de verre. Et la rime qui tisse des fils de lumière
Se brise sur la grève en mille éclats de vers.

Prends garde mon enfant ; ne crois pas ceux qui pensent
Qu’il soit possible de vivre sans poésie !


Ils haïssaient la guerre !

Car ils avaient connu la souffrance, la mort
Et la haine d’un peuple pour une autre race
Alors ils se dirent, tristes conquistadors :
« Plus jamais ça ! » Et nous construirons à la place,

Un monde sans frontières, En paix, sans mystère.

Et puis, ils oublièrent leurs fières promesses, Se vautrèrent dans l’exubérance et l’ennui, Et ne tinrent guère compte de ces bassesses La corruption et la paresse honnies ,

Des avertissements de leurs propres fantômes Qui venaient gentiment les tirer par la manche. Ils feignirent de ne pas saisir ces symptômes De ne pas croire en cette funeste revanche !


II

« Guerres d’Orient et massacres au Levant ?
Nous sommes protégés par un monde savant ! » Ces abjectes contorsions sont bien lointaines
Et quand leurs fantômes, de leurs grandes mitaines Crûment les giflèrent, ils comprirent trop tard
Que leur monde s’écroulait sous le poids des chars !

Et que la guerre venait frapper à leur porte, Annihilant leurs certitudes. Mais qu’importe ! Sûrs de leur ligne Maginot imaginaire
Ils ne crurent guère ces leçons mortifères !

Las ! Ils durent se résoudre à entrer en guerre

À laisser mourir femmes et enfants,
À laisser détruire villes et villages,
À laisser s’évanouir culture et honneur !