Un jour, un artiste Joann Sfar

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Une fois n’est pas coutume, je commencerai cette année par vous présenter non pas un roman ( dont je vous parlerai dans les prochains articles), mais une bande dessinée, illustrée par Joann Sfar.

 Auteur, romancier et réalisateur français, Joann Sfar, figure de proue d’une génération de dessinateurs qui réinventa le langage de la bande dessinée dans les années 1990, signe ses premiers projets à L’Association, Delcourt et Dargaud.

Joann Sfar que j’avais découvert plutôt comme metteur en scène du film Gainsbourg, vie héroïque (avec Eric Elmosnino et Jane Birkin ), explore dans son dernier ouvrage Les Idolâtres, les profondeurs de son passé et de son enfance, particulièrement marqué par le décès de sa mère. Un événement qui a laissé un vide considérable dans son existence. Cette histoire devient ainsi une forme de thérapie, où il revisite les moments clés de sa vie, entre la perte de sa mère et son engagement intense dans la création artistique. 

Cet ouvrage présente un intérêt significatif à deux niveaux. Tout d’abord, le style de Sfar se distingue par son refus de compromettre l’énergie du moment au profit de la recherche d’un « beau dessin ». Son trait est, en effet, dynamique, très stylisé, parfois caricatural. De plus, similaire à l’approche utilisée dans Le chat du rabbin, l’harmonie entre le graphisme du texte et celui du dessin est frappante, créant ainsi une impression que l’ensemble est façonné « de la même plume ». En somme, il s’agit d’une sorte de roman dessiné, où l’écriture et le dessin s’entremêlent de manière cohérente pour offrir une expérience artistique complète. Je comparerai son style à celui de Riad Satouf et de son oeuvre L’arabe du futur.

Les Idolâtres, est le dernier ouvrage (208 pages) de Joann Staff, paru le 26/01/24 et publié chez Dargaud.

Kiléma Éditions : Facile à Lire et à Comprendre

Fondée en 2021, KILÉMA Éditions est la première maison d’édition francophone axée sur le Facile à Lire et à Comprendre (FALC). Elle vise principalement les personnes atteintes de « maladies de l’intelligence », leur offrant l’opportunité d’accéder à la littérature de manière adaptée.

« Face à l’absence d’offres culturelles permettant l’inclusion des personnes présentants des troubles du développement intellectuel dans une société uniformisée et normée, nous avons imaginé une maison d’édition dédiée au FALC littéraire afin de donner accès à la culture commune en proposant une offre de litterature inclusive. »1

L’apprentissage de la lecture pour ces personne est souvent ralenti par un manque d’ouvrage adaptés à leurs capacités. Le FALC, créé pour rendre les informations accessibles, repose donc sur du vocabulaire simple, des phrases courtes et une mise en page claire, enrichie d’images.

Gros caractères, explications des termes difficiles et illustrations pertinentes, tout es là pour faciliter la lecture et permettre à tous d’accéder à un maximum d’ouvrages.

KILÉMA Éditions redéfinit la littérature, la rendant accessible à tous ceux qui en ont le plus besoin : des handicapés, aux personnes atteints de maladies neurodégénératives en passant par des dyslexiques ou des enfants ayant des difficultés avec les mots, le FALC peut s’adresser à une cible variée et importante.

Et pourtant, cette méthode de lecture est encore très rare. Ce qui est en train de changer petit à petit… depuis KILÉMA.

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1Cécile Arnout – Présidente et Directrice générale de Kiléma Éditions;

Sources :Actualtté Octobre 2023

Alicia Gallienne

Je viens de ((re) lire le dernier ouvrage de la poétesse Alicia Gallienne, publié aux éditions NRF.

« L’autre moitié du songe m’appartient » m’a littéralement bouleversé.

Alicia, décédée le 24 décembre 1990 à l’âge de vingt ans d’une maladie incurable, a laissé derrière elle une œuvre fulgurante de poésie, d’amour et de profondes introspections. « Dire que je t’aime et je t’attends, c’est encore beaucoup trop de pas assez, » écrit-elle à sa maman, page 56. Que penser d’une telle phrase ? On ressent là l’immense passion pour sa mère, mais également toute l’impuissance à l’aimer pleinement, tant la maladie la ronge et ne lui laisse pas le temps d’aller au bout de son amour. Il y a chez elle comme une urgence de vivre, une vitalité décuplée par un esprit d’une redoutable culture nourri par les plus grands poètes de notre temps : Rimbaud, Cocteau, Éluard, Rilke, mais aussi d’immenses écrivains comme Henry Miller, Marguerite Yourcenar, ou encore Cioran.

« Ses poèmes, bouleversants par leur sens du tragique et leur rude lumière, illuminent et foudroient. Ils lui servent de bouclier et en même temps la secondent dans ses recherches littéraires. « 

« Cela ira

Je n’ai pas peur du noir

Et puis il n’y a pas de vautours

Dans les étoiles » 

Après avoir obtenu une licence en lettres modernes, elle s’inscrira quelques mois avant sa mort en maîtrise à la Sorbonne. Cette jeune femme, cette étoile filante, « à la bouche en cœur aussi sensuelle que charmante« , dira d’elle Guillaume Gallienne, son cousin, nous prouve encore que ‘l’amour est plus fort que la mort’. »

(Préface de Sylvie Nauleau; postface de Guillaume Gallienne);

Réédition Lettre d’information N°21 du 7 décembre 2022 Bruno Le Cun.