En ce début d’été, pour les amateurs de bandes dessinées et les fous de navigation, j’ai découvert et lu pour vous « La longue route » de Stéphane Melchior et Younn Locard. Très bel album, cet ouvrage est l’adaptation du récit mythique du navigateur Bernard Moitessier.
En 1962, le journaliste Georges de Caunes, figure emblématique des médias français, a entrepris une aventure audacieuse : vivre en solitaire pendant un an sur l’île déserte d’Eiao, dans l’archipel des Marquises, accompagné uniquement de son chien. Inspiré par le célèbre roman « Robinson Crusoé », il souhaitait explorer les limites de la liberté et de la solitude.
Cette année 2024 a été marquée par de nombreux succès littéraires, et je ne peux m’empêcher de partager avec vous mes impressions sur les 10 livres les plus vendus. Voici la liste des ouvrages qui ont captivé les lecteurs, chacun à sa manière :
Je viens de terminer Les chats et 14 histoires mystérieuses, diaboliques et cruelles , le dernier recueil de Bernard Minier, et c’est tout simplement formidable ! Pour un amateur de nouvelles, comme moi, c’est un vrai cadeau, d’autant plus qu’il allie habilement littérature et musique moderne.
Kamel Daoud est l’un des finalistes du Prix Goncourt 2024(1) pour son roman Houris , un récit poignant qui revisite la guerre civile algérienne, notamment les violences de la « décennie noire » des années 1990. L’histoire est racontée à travers le regard d ‘une jeune femme traumatisée par la perte de sa famille aux mains de milices islamistes. Ce roman interroge la mémoire, le deuil et les cicatrices laissées par le conflit au sein de la société algérienne
Originaire d’Algérie, Kamel Daoud est un écrivain et journaliste connu pour son approche engagée de sujets sensibles, comme les relations entre l’Algérie et la France ou la critique des extrémismes religieux. Il a acquis une renommée internationale avec son premier roman, Meursault, contre-enquête , qui a remporté le prix Goncourt du premier roman en 2015. Son œuvre est marquée par une profonde réflexion sur l’histoire et l’identité
Si Daoud remportait le Goncourt cette année ( ce dont je ne doute pas), son roman Houris figurerait parmi les livres les plus vendus, un succès traditionnel pour les lauréats de ce prestigieux prix littéraire.
(1) Prix Goncourt 2024 : les finalistes sont Sandrine Collette, Kamel Daoud, Gaël Faye et Hélène Gaudy.
En cette fin d’année 2024, la scène intellectuelle française est enrichie par la diversité et l’engagement d’une nouvelle génération de penseuses et d’écrivaines. Portées par des perspectives féministes, sociales et humanistes, ces femmes redéfinissent les débats publics en abordant des enjeux complexes et contemporains, souvent ancrés dans le vécu et l’expérience individuelle au sein de la société.
Ce dimanche 6 octobre, j’ai eu le privilège d’assister à un moment exceptionnel à la Médiathèque André Labarrère : la rencontre avec l’un des maîtres incontestés du roman noir, James Ellroy.
Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore, James Ellroy est l’auteur d’une œuvre monumentale. Il a su plonger ses lecteurs dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine et de la société américaine. Né à Los Angeles en 1948, il s’est fait connaître avec des romans cultes comme Le Dahlia Noir (1987), un polar glaçant inspiré de l’assassinat non résolu d’Elizabeth Short. Ce livre, ancré dans la violence de l’Amérique des années 1940, fait partie du Quatuor de Los Angeles, une série incontournable pour tout amateur de roman noir.
Son style est unique, brut, parfois haché, et ses récits plongent dans la corruption, la violence et les abus de pouvoir. Ellroy ne fait aucune concession : il dissèque la société avec une rare lucidité.
Sa présence à Pau, dans le cadre du salon « Un aller-retour dans le noir », a été un événement marquant. Ce salon, devenu un incontournable pour les passionnés de polars, nous a offert la chance de découvrir « The enchanters »1 le dernier polar de Ellroy en dédicace.
Ellroy est venu pour une raison bien particulière : il a lu, en exclusivité, quelques pages de son tout dernier roman. Pour quelqu’un comme moi, qui suit son œuvre avec passion, c’était un moment unique. Entendre sa propre voix résonner à travers ses mots, nous entraînant dans une nouvelle intrigue pleine de mystères et de trahisons, était absolument fascinant.
Cette rencontre avec James Ellroy a été un moment fort, gravé dans ma mémoire, et sans aucun doute dans celle de tous ceux qui ont eu la chance d’être présents ce jour-là.
Si vous recherchez une explosion d’émotions, un suspense haletant, une plongée au cœur de l’actualité brûlante, et si vous rêvez de scènes somptueuses, de décors éblouissants, de ballets époustouflants, de dialogues envoûtants, et, surtout, d’actrices extraordinaires, alors ne perdez pas un instant : courez voir Emilia Pérez, le dernier chef-d’œuvre de Jacques Audiard, couronné au festival de Cannes.
Un scénario rocambolesque, ancré dans la réalité sociale
Avec un scénario puissant, aussi rocambolesque qu’original, profondément ancré dans les réalités sociales d’aujourd’hui, Emilia Pérez est bien plus qu’un simple film. C’est une véritable révélation. Ce long métrage nous plonge dans la vie de Rita, une avocate surqualifiée et surexploitée, qui se retrouve à défendre les intérêts d’un grand cabinet plus enclin à blanchir des criminels qu’à servir la justice.
Un rôle féminin fort dans un univers brutal
Rita voit sa vie basculer lorsqu’une porte de sortie inespérée s’ouvre à elle : aider le chef de cartel Manitas à se retirer des affaires pour réaliser un plan qu’il peaufine en secret depuis des années : devenir enfin la femme qu’il a toujours rêvé d’être. Ce renversement de situation, aussi inattendu qu’émotionnel, est l’un des points forts du film, soulignant la puissance des rôles féminins dans un univers brutal et sans pitié.
Un chef-d’œuvre de Jacques Audiard
Jacques Audiard au sommet de son art, offre des rôles de femmes, à couper le souffle (Zoe Saldaña, Karla Sofía Gascón, Selena Gomez, Adriana Paz, ont reçu un prix collégial au festival de Cannes) . Ce film marque un tournant dans la carrière du réalisateur, proposant une vision nouvelle et audacieuse du cinéma contemporain. Emilia Pérez n’est pas seulement un film, c’est une œuvre d’art qui redéfinit les codes du cinéma en mettant en avant des personnages féminins puissants et émouvants.
Émilia Pérez EST le film à ne pas manquer cette année!
Que se cache-t-il derrière les murs de Bayonne? Un canevas vivant où l’art prend vie, où chaque mur devient une toile pour l’expression créative du « street art ».
Photos B.Le Cun- Avril 2024
Ainsi, en plein centre-ville, cette fresque a été réalisée par Taroe (2018) lors du festival « Point de vue » organisé par Spacejunk Bayonne depuis 2017. On ne peut qu’admirer ces formes et ces couleurs.
Ella et Pitr, le duo d’artistes de Saint-Etienne, s’est lancé dans la réalisation de personnages géants : les colosses. Leurs dessins sont visibles dans de nombreux pays, sur les murs, le sol et maintenant sur des toits de Berlin
Ce qu’on appelle des gueules, des vraies! Tous ces portraits sont l’œuvre du graffeur local Existqui loin d’être Vandal pose ses visages sur des palissades ou des panneaux de bois qui recouvrent les boutiques fermées.
L’art urbain à Bayonne, porté par des graffeurs venus des quatre coins du globe, ainsi que par des artistes locaux, témoigne d’une vitalité créative incontestable dans la région du Pays Basque.
Au-delà de leur esthétique, ces œuvres reflètent les multiples facettes de la culture et de l’identité basques, tout en contribuant à dynamiser les quartiers et à renforcer le lien social. À Bayonne, l’art urbain n’est pas seulement une expression artistique, mais aussi un vecteur de dialogue, d’échange et de fierté pour la communauté locale. En somme, il enrichit le paysage urbain tout en racontant une histoire universelle, celle d’une ville en constante évolution où la créativité et le talent transcendent les frontières.
Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que les événements passent trop vite!
« J’ai la mémoire qui flanche J’me souviens plus très bien1… «
…des moments d’actualité qui défilent sur l‘écran blanc de mes jours noirs.
Armando Anthony Corea
Alors quand , par hasard, j’ai entendu à la radio un morceau de piano jazz, si limpide, si reposant, j’ai revu en image dans ma tête les concerts de… Chick Corea.
Et je me suis souvenu que le 9 février 2021, Chick Corea, légende américaine du Jazz, nous quittait à l’âge de 79 ans.
J’ai alors réalisé que cet immense interprète avait joué avec les plus grands, avant de devenir un pianiste de renommée internationale lui-même. C’est un soir de 1968 : une rencontre. Chick Corea se rend au club de jazz Birdland où il voit le trompettiste Miles Davis et le saxophoniste John Coltrane interpréter: Les feuilles mortes. C’est un choc. « Après ça, (…) pourquoi voudrais-je étudier l’histoire de la civilisation occidentale? », dira-t-il, dans un sourire. La musique ne s’arrêtera jamais plus. Chick Corea, c’était une envie insatiable de jouer, de créer, se renouveler. « Toute sa carrière était traversée par la vitalité. La dernière fois où il est apparu sur scène en France c’était un jeune homme qui s’exprimait (…) Chick Corea apportait la joie, une façon de faire de la musique avec un énorme sourire et un énorme rire, parfois. »dira de lui le producteur et critique musical Alex Dutilh.
L’auteur de « Spain » et « 500 miles high » était, avec Herbie Hancock et Keith Jarrett, l’un des pianistes les plus influents du XXe siècle.
Quel est le prix Goncourt 2021?
Et de fil en aiguille je me suis interrogé sur le prix Goncourt, et plus particulièrement celui de 2021. Savez-vous quel écrivain a été récompensé?
C’est un jeune auteur sénégalais Mohamed Mbougar Sarr qui emporte le prix Goncourt avec son roman La plus secrète mémoire des hommes , coédité par Philippe Rey et Jimsaan, éditeurs sénégalais. Il raconte l’histoire d’un auteur (Diégane Latyr Faye, le double de l’écrivain) en quête de l’œuvre ultime, qui est à la fois le livre en train de s’écrire et l’objet de son intrigue : la recherche du roman parfait, paru en 1938, qui après un bref scandale disparaît de la mémoire des hommes. « Et ce livre total – entremêlant journal, correspondance, essai, document, roman initiatique – est l’histoire de la quête de la Littérature à l’intérieur de l’histoire de la littérature en train de se faire, entre l’Afrique et Paris.2«
Sources
1- « J’ai la mémoire qui flanche » de Jeanne Moreau sur des paroles de Cyrus Serge Rezvani
2- Extrait de BRÈVES DE LA BNF /DÉPARTEMENT LITTÉRATURE ET ART
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