
Fatigue des images, refuge des livres.
Le rachat annoncé (1)de Warner par Netflix relance le débat sur le « burn out d’images ». À mes yeux, il en est surtout le symptôme. Toujours plus de films, toujours plus de séries, concentrés au même endroit, pour un temps d’attention qui, lui, n’augmente pas.
L’opération n’est d’ailleurs pas encore actée. Netflix reste le candidat le plus avancé, mais il n’est pas seul. Paramount, via Skydance, a formulé une offre concurrente plus large, et d’autres groupes industriels ont été évoqués. Cette bataille financière révèle une chose simple : Warner est perçu comme un réservoir stratégique de contenus dans un marché déjà saturé.
Car malgré l’explosion des catalogues, les usages ne suivent pas. Nous ne regardons pas plus longtemps ; nous regardons surtout les mêmes œuvres, poussées par des algorithmes toujours plus insistants. Le reste s’accumule, invisible. L’industrie produit plus qu’elle ne suscite de désir.
Quelle que soit l’issue du rachat, la logique restera la même : capter l’attention à tout prix. Notifications, franchises recyclées, sentiment d’urgence permanent. L’image ne propose plus, elle insiste. Et cette insistance fatigue.
C’est là que, pour moi, le livre reprend toute sa place. Lire ne réclame rien. Le texte ne défile pas, il attend. Là où l’image accélère et sature, la lecture ralentit et libère.
Dans un paysage dominé par les écrans, ouvrir un livre devient moins une évasion qu’une manière de reprendre possession de son temps.
Sources:
Programmetv.ouest-france; Le figaro; Le Monde
(1) un accord en vue du rachat de Warner par Netflix pour environ 82,7 milliards de dollars!
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