Été 2024: Aquarelles (3)

Cette semaine je vous présente un extrait de AQUARELLES, un recueil de poésies paru en 2021.

Charles Baudelaire écrivait dans l’une des préfaces des Fleurs du Mal « …que la poésie se rattache aux arts de la peinture, de la cuisine et du cosmétique par la possibilité d’exprimer toute sensation de suavité ou d’amertume, de béatitude ou d’horreur, par l’accouplement de tel substantif avec tel adjectif, analogue ou contraire. »

Je crois que la peinture et la poésie sont intimement liées. Tout comme Émile Zola peignait le contexte social de son époque, Paul Cézanne, son ami d’enfance, écrivait les premières pages de la peinture moderne-impressionniste. Tous les deux, par des moyens artistiques différents, la peinture et l’écriture, exprimaient des sentiments identiques. Immenses créateurs et artistes prolifiques, ils ne cesseront d’évoquer leur amitié à travers leurs œuvres. Les deux visages d’une même personne en quelque sorte.

Je me suis inspiré de ces grands hommes pour composer ce recueil de poèmes intitulé « Aquarelles » en associant des couleurs et des mots.

Aux teintes primaires, le rouge, le bleu et le jaune, on peut associer les termes, sang, ciel, safran.

J’ai donc réuni une trentaine de poèmes en trois chapitres le bleu, le jaune et le rouge…

Aquarelles-Poésies. Bruno Le Cun – 64 pages – Editions du net


Il peint.

Il peint des aquarelles

Aux couleurs éternelles

Qui volent à tir d’aile

Aux contours de sa Belle.

Il peint de doux portraits  

aux regards trop floutés

Sur du papier gaufré 

à la trame mouillée. 

Il pointe son pinceau,

Il ajoute un peu d’eau,

Et du plat de la main

Trace des lendemains

Aux coloris incertains.

Soudain, d’un bleu si pâle

sur un vert tout égal

surgit un beau visage.

Mais est-ce vraiment Elle ..?


Aujourd’hui à Kloar

La mer est toute noire

Sombre et menaçante

Elle semble calme et palpitante.

À Kloar

La mer est souvent grise

Et le ciel rouge par dessus l’église

Pleure sur le sable des larmes qui agonisent.

Aujourd’hui à Kloar

La mer argentée a encore changé

Bleu émeraude, elle a tout balancé

Jusqu’au peintre Gauguin ici hébergé.

À Kloar

Partout où la plage est étroite,

Le goémon flotte, et miroite

Mais peu de pêcheurs l’exploitent.

À Kloar

La mer vague et caressante,

Le ciel aux couleurs chancelantes

Couvre l’île de Groix, chatoyante

Immuable et pourtant louvoyante.

À Kloar

Les falaises, rondes et verdoyantes

Embrassent la mer ondoyante

Comme une femme assoupie

Aux formes d’un corps alangui.

Soudain, l’aube paisible aux tièdes couleurs,

S’élève sereine, sans pudeur

Et dévoile au cœur du pays d’Euskal

La belle cité d’Urrugne aux flancs de cristal.

Tel un diamant dans son écrin de verdure

Entre ciel et mer sous le vent qui murmure 

L’histoire médiévale d’une cité de haute taille

Enfouie derrière ses puissantes murailles.

Résonnent, encore, les sirènes des thoniers

Emmenés, toujours, par leurs fiers timoniers

Partis pêcher la baleine et la morue

Aux funestes confins de mers inconnues.

Alors, du plus profond de ses entrailles 

Elle célèbre les grandioses funérailles 

Des enfants du pays, marins disparus

Morts à bord de navires vermoulus.


Le vent se lève fort,

Et le temps devient mauvais,

Et la pluie incolore

Dans un ciel encombré 

Berce mon cœur 

D’une pression sans douceur.

La brise tombe avec paresse, 

Et le temps d’une beauté placide, 

Sous un ciel en liesse

Et la pluie, comme avant

De mon cœur, disparaît

Telle une pression haute en couleur. 

Passe le temps, de temps en temps

Au gré du vent,

Souffle les marées

Efface le souvenir de tes tendres années.


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