
Aquarelles
Cette semaine je vous présente un extrait de AQUARELLES, un recueil de poésies paru en 2021.
Charles Baudelaire écrivait dans l’une des préfaces des Fleurs du Mal « …que la poésie se rattache aux arts de la peinture, de la cuisine et du cosmétique par la possibilité d’exprimer toute sensation de suavité ou d’amertume, de béatitude ou d’horreur, par l’accouplement de tel substantif avec tel adjectif, analogue ou contraire. »
Je crois que la peinture et la poésie sont intimement liées. Tout comme Émile Zola peignait le contexte social de son époque, Paul Cézanne, son ami d’enfance, écrivait les premières pages de la peinture moderne-impressionniste. Tous les deux, par des moyens artistiques différents, la peinture et l’écriture, exprimaient des sentiments identiques. Immenses créateurs et artistes prolifiques, ils ne cesseront d’évoquer leur amitié à travers leurs œuvres. Les deux visages d’une même personne en quelque sorte.
Je me suis inspiré de ces grands hommes pour composer ce recueil de poèmes intitulé « Aquarelles » en associant des couleurs et des mots.
Aux teintes primaires, le rouge, le bleu et le jaune, on peut associer les termes, sang, ciel, safran.
J’ai donc réuni une trentaine de poèmes en trois chapitres le bleu, le jaune et le rouge…
Aquarelles

Aquarelles-Poésies. Bruno Le Cun – 64 pages – Editions du net
« Explorez les mots qui touchent. »
Aquarelles
Aquarelles I
Il peint.
Il peint des aquarelles
Aux couleurs éternelles
Qui volent à tir d’aile
Aux contours de sa Belle.
Il peint de doux portraits
aux regards trop floutés
Sur du papier gaufré
à la trame mouillée.
Il pointe son pinceau,
Il ajoute un peu d’eau,
Et du plat de la main
Trace des lendemains
Aux coloris incertains.
Soudain, d’un bleu si pâle
sur un vert tout égal
surgit un beau visage.
Mais est-ce vraiment Elle ..?
Entre terre et mer
Aujourd’hui à Kloar
La mer est toute noire
Sombre et menaçante
Elle semble calme et palpitante.
À Kloar
La mer est souvent grise
Et le ciel rouge par dessus l’église
Pleure sur le sable des larmes qui agonisent.
Aujourd’hui à Kloar
La mer argentée a encore changé
Bleu émeraude, elle a tout balancé
Jusqu’au peintre Gauguin ici hébergé.
À Kloar
Partout où la plage est étroite,
Le goémon flotte, et miroite
Mais peu de pêcheurs l’exploitent.
À Kloar
La mer vague et caressante,
Le ciel aux couleurs chancelantes
Couvre l’île de Groix, chatoyante
Immuable et pourtant louvoyante.
À Kloar
Les falaises, rondes et verdoyantes
Embrassent la mer ondoyante
Comme une femme assoupie
Aux formes d’un corps alangui.
Euskal
Soudain, l’aube paisible aux tièdes couleurs,
S’élève sereine, sans pudeur
Et dévoile au cœur du pays d’Euskal
La belle cité d’Urrugne aux flancs de cristal.
Tel un diamant dans son écrin de verdure
Entre ciel et mer sous le vent qui murmure
L’histoire médiévale d’une cité de haute taille
Enfouie derrière ses puissantes murailles.
Résonnent, encore, les sirènes des thoniers
Emmenés, toujours, par leurs fiers timoniers
Partis pêcher la baleine et la morue
Aux funestes confins de mers inconnues.
Alors, du plus profond de ses entrailles
Elle célèbre les grandioses funérailles
Des enfants du pays, marins disparus
Morts à bord de navires vermoulus.
Le vent se lève fort
Le vent se lève fort,
Et le temps devient mauvais,
Et la pluie incolore
Dans un ciel encombré
Berce mon cœur
D’une pression sans douceur.
La brise tombe avec paresse,
Et le temps d’une beauté placide,
Sous un ciel en liesse
Et la pluie, comme avant
De mon cœur, disparaît
Telle une pression haute en couleur.
Passe le temps, de temps en temps
Au gré du vent,
Souffle les marées
Efface le souvenir de tes tendres années.

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