
Les Fantômes d’Istanbul
Les fantômes d’Istanbul » est le nouveau film de la réalisatrice turque Azra Deniz Okyay, connue mondialement pour le magnifique film « Mustang ». C’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis précipité à la première séance de ce long métrage, tant Mustang m’avait impressionné, ému et bouleversé. L’autre raison se trouve dans le résumé de l’histoire : « Istanbul, dans un futur proche. Alors que la ville est en proie à des troubles politiques et sous la menace d’un black-out, Didem, une jeune danseuse activiste, croise le destin d’une mère dont le fils est en prison, d’une artiste féministe et d’un trafiquant rusé au cœur d’un réseau d’arnaques immobilières. Leurs histoires s’entremêlent, offrant un portrait saisissant de la Turquie contemporaine. »
Tout un programme. Je me suis dit que j’allais découvrir une autre facette de la vie en Turquie, traitée de manière originale par le biais de Didem( Dilayda Günes), cette jeune femme artiste et féministe ; que j’allais retrouver cette énergie de la jeunesse – et surtout des jeunes filles – Turques – (qui m’avait tant touché dans Mustang) pour répondre par la danse et les rires à un régime policier oppressant.
Eh bien malheureusement, rien de tout cela n’est arrivé ! Pendant une heure et demie, je me suis retrouvé en compagnie de quatre personnages qui s’agitent au milieu des bas-fonds de la ville, filmés par une caméra nerveuse et convulsive. Tourné en très gros plan (on perd la complicité des personnages), j’ai subi une succession d’images, je dirais presque un collage, enregistrées bien souvent dans le noir, avec une bande-son apocalyptique. Trop de sujets importants (Drogue, attaque terroriste, démolitions d’immeubles, jeunesse révoltée contre l’homophobie, violences faites aux femmes) sont abordés trop brièvement. « L’œuvre possède une étrange légèreté qui n’ébranle pas le système, ni ne remet en cause ouvertement la politique. Alors que le cinéma iranien ose et s’oppose, ce film est bien trop gentil pour provoquer quoi que ce soit. » (Sylvain Jaufry – MovieRama) NB: GRAND PRIX semaine de la critique Mostra de Venise-sortie Aout 2023.
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