Huit milliards d’humains

Je ferme le magazine littéraire que j’étais en train de lire, et je m’interroge sur la nécessité des éditeurs à y introduire autant de publicité sur les livres. Combien de nouveaux auteurs, d’ouvrages et d’essais sur les thèmes les plus variés, s’étalent tout au long des pages de ma revue !

Je pense alors avec angoisse que la concurrence est rude, que mes modestes ouvrages ont peu de chances de figurer parmi tous les concours littéraires depuis, le Goncourt, en passant par le Renaudot, le Femina, le Roman FNAC, sans oublier le Grand prix du roman de l’Académie française, et bien sûr l’interallié et le prix Breizh !

Je songe aux écrivains du XVIIe siècle qui, forts d’une faible population mondiale, avaient toutes les opportunités de voir leurs écrits publiés et lus dans le monde entier ; j’aurais certainement eu une place (si tant est que j’aie un peu de talent!) au firmament des hommes de lettres célèbres tant la compétition était moindre. Mais tous mes espoirs ont fondu comme neige au soleil lorsque j’ai appris que selon les estimations des Nations unies l’humanité venait de passer le cap des 8 milliards d’humains en novembre 2022 !

Du coup, mon égo en prend un coup, et j’ai conscience que j’ai peu de chance de réaliser un best-seller parce que j’ai des centaines de milliers de compétiteurs directs dans mon domaine! Par contre, ma responsabilité morale se dilue avec le nombre. Mon action, bonne ou mauvaise, ne sera qu’une goutte d’eau dans l’océan !

Et je me pose la question « La morale est-elle soluble dans le nombre** ? »

B.Le Cun

(*) Pierre Baillargeon est un journaliste, romancier, poète et traducteur québécois.

(**) Titre d’un article de Alexandre Lacroix publié dans Philosophie magazine, et dont sont issues mes réflexions.


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